Interview de dj goodka

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A quand remonte ta rencontre avec la culture Hip Hop ?

1984, j’écoutais les débuts du rap avec grandmaster flash, whodini, t ski valley, kurtis blow,... j’ai ensuite vu les émissions de sydney hip hop qui m’ont permis de mieux comprendre le truc, j’essayais déjà à l’époque de deviner les musiques qui passaient dans les émissions. J’ai aussi commencé à breaker à cette époque. Ensuite ce sont les compilations streetsounds electro qui m’ont mis une claque car c’était vraiment le son hip hop que l’on n’entendait jamais à la radio (captain rock, fantasy three, high fidelity three,...). Le tout mixé par Mastermind on gli. J’ai commencé à faire des graffs à la même époque, je signais déjà GOODKA à Grenoble.

Qu’est ce qui t’as poussé à devenir DJ ?

Quand j’ai vu des battles de breakdance avec des djs qui passaient n’importe quoi, je ne pouvais pas laisser dormir ma collection de disques. Je suis monté dans l’arène. Maintenant j’ai trois spécialités : la musique de breakdance ; la musique dancefloor pour les soirées ; les samples originaux avec le hip hop respectif.

Tu as participé il y a quelques années au Mighty4, tu reviens d’un voyage à San Franscico où tu as oeuvré aux platines dans plusieurs soirées, est-ce que tu n’as pas l’impression d’avoir, en tant que DJ, plus de succès aux Etats-Unis qu’en France ?

J’ai la chance d’avoir une bi culture musicale : c’est à dire le hip hop et la soul funk. Pour animer des battles de breakdance, il faut jouer des disques soul funk que les gens ne connaissent pas. Pour cela, il faut déjà voir beaucoup de vidéos de break et connaître les disques qui sont déjà joués par les autres djs. En plus j’ai un site - www.goodka.com - qui est une référence au niveau breakdance, cela aide.

Peux-tu nous parler de l’émission de radio que tu viens de monter ?

Tous les mercredis soirs avec trois platines, je passe l’original du hip hop (soul funk 70) que je mixe avec le hip hop puis son instru et ensuite DJ MART 1 scratch par dessus. C’est un concept que nous allons bientôt mettre sur tape pour que tout le monde en profite. C’est beaucoup de travail et de temps dans la recherche des samples et des disques que je possède quelquefois en double pour les pass pass. DJ MART 1 est à ma connaissance un très grand dj de turntablism underground que je veux faire connaître.

J’ai l’impression qu’à travers, ton magasin, tes activitées radiophonique, tes mixtapes, tes set de DJ, ton site internet... on retrouve une même démarche qui correspond à ce que KRS One appelle Edutainement (à savoir éduquer tout en amusant) ?

Mon combat de tous les jours est de faire avancer la culture musicale en France. Je ne sais pas si dans 20 ans on pourra être encore djs en France car les endroits pour jouer sont rares et de moins en moins autorisés. Les organisateurs ne font aucune différence entre un dj débutant qui possède 10 disques et un dj confirmé. Et quand on nous dit ok pour une soirée, la reconnaissance financière n’y est pas, ils n’imaginent pas que certains disques que l’on joue valent 60 euros parce qu’ils sont rares.

« Le rap, le graffiti, le scratch, la danse ne sont que des outils du Hip Hop, ceux qui les utilisent ne sont pas forcément Hip Hop » (Goodka).
Qu’est ce qui manque à Ja Rule pour être un vrai B-Boy ? Une connaissance des bases de la culture Hip Hop ou un esprit critique ?

Ja Rule ? ce n’est pas du hip hop c’est de la variété qui utilise le hip hop. C’est de la musique destinée à un public de masse, ceux qui se déguisent en hip hop et que j’appelle les sapins de noëls.

Est ce que tu te sens proche de la démarche d’un label comme Sthones Throw, par exemple, qui reste ancré dans le présent, tout en se tournant de plus en plus vers les racines de la culture Hip Hop à savoir le Funk, la soul, le Jazz... ?

Sthones Throw fait des disques indispensable mais aussi des trucs moyens surtout en funk mais j’aime bien le principe, c’est vraiment un bon label. Mais rien ne vaut les vieux disques de jazz soul funk tel que Ahmad Jamal, Paul Jackson, Maceo Parker. Madlib fait des reprises de bobby humphrey, donald byrd,...alors écoutons aussi les originaux.

Quels sont, pour toi, les disques que tout B-boys doit connaître sur le bout des doigts ?

Un bboys se doit de connaître toutes les époques dans le rap de 1979 à nos jours. Il doit avoir écouté les débuts du turntablism avec par exemple dj chuck chill out en 1984, les premières beatbox avec doug e fresh, l’electro funk, les blaxploitations (indispensable) mais aussi les racines du rap et les classiques breakbeats comme skullsnaps, melvin bliss, syl johnson,... Le chemin est long pour tous, moi après 20 ans de hip hop, j’en apprends encore.

Tes projets ?

2004, l’année des tapes et du dancefloor. Une tape breakdance, le volume trois que tout le monde attends. Une ou plusieurs tape sample soul funk hip hop. Des soirées dancefloors dans la France. Au moins une soirée à Paris pour expliquer ma définition du dancefloor. GOODKA RECORDS vente par correspondance, ceux qui sont intéressés peuvent me contacter djgoodka at yahoo.fr. Voilà y a du boulot mais c’est passionnant.

Propos recueillis par MellowP.
Pour fragment of hip hop, mail : fragmentofh2 at hotmail.com

tous les mercredis de 18 h à 19 h
sur Radio Canut 102.2 fm.

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