L’invention de la crise

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Ce livre, écrit par Lukas Stella (un pseudo) et sous titré « Escroquerie sur un futur en perdition », devrait devenir un classique, ou plutôt un indispensable de toute personne se situant dans, ou ayant de l’attrait pour la pensée / le courant situationniste.

Clairement dans la lignée de Debord et de ce qui entoure « La société du Spectacle », avec aussi des références, ou plutôt des parallèles avec les travaux de Naomi Klein et sa « Stratégie du Choc », ce livre n’a pas pour but de théoriser, mais au contraire de déconstruire pour nous aider à créer un avenir, ouvrir des possibles et voir le monde autrement .

La « crise », ce mot tant et tant utilisé, est une construction, et n’est en rien un fait naturel. Et comme toute construction, elle est le fruit d’un système, qui sert donc une catégorie de personnes. Dit comme cela, ceci à l’air simple, mais pourtant déconstruire ce mot qui entache aujourd’hui jusqu’au discours du plus libertaire des libertaires n’est pas chose aisée. Et pourtant, en un peu plus de cent pages, l’auteur y parvient avec brio.

Le langage employé est soutenu mais plus qu’abordable, ce qui fait que ce livre peut devenir un livre de combat. Vous savez, ces ouvrages que nous donnons, offrons, prêtons à des amis, connaissances, membres de la famille parce que nous savons qu’ils ouvriront chez eux une réflexion.

Je laisse les mots de la fin à l’auteur, en vous conseillant vivement la lecture de cet ouvrage.

« La crise n’est pas une fatalité, ni un accident de parcours, c’est une invention construite de toutes pièces, qui permet au capitalisme financier de parfaire sa domination en usurpant tous les pouvoirs. Nous sommes entrés dans l’État d’urgence d’une guerre ouverte contre les populations. Ce n’est pas le dysfonctionnement du système qui est ici en cause, mais bien l’économie elle-même dans son fonctionnement, son achèvement inévitable.

Il s’agit maintenant d’appréhender le système sous tous ses aspects et dans toute la complexité de ses interactions, pour mieux comprendre comment la création de richesses a été accaparée par la haute bourgeoisie dans le processus de la mondialisation, accéléré par l’informatisation généralisée, la prolifération des dettes, et par le pillage d’un futur déjà ruiné. L’escroquerie de ce temps décompté se précipite, l’espace se restreint aux marchandages et aux spéculations dévastatrices, c’est alors que notre survie s’amenuise dans les restrictions, la misère et la barbarie.

Le règne de l’exploitation et de sa servitude, des séparations guerrières et des arnaques mafieuses, paraît se réduire aujourd’hui au scénario d’une catastrophe programmée. Quand il n’y a plus d’avenir, on peut alors abandonner les préjugés réducteurs d’un passé révolu. C’est le moment de prendre le pouvoir sur ses propres conditions d’existence au cours de situations incertaines, par des pratiques libertaires en coopérant tous ensemble à l’auto-organisation d’une démocratie générale. »

P.-S.

Le livre est édité aux éditions L’harmattan et peut être commandé en ligne sur le site. Mais faites travailler vos libraires préférés !

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