Le SuperFlic du Rhône Albert Doutre nous quitte enfin, Lucien Pourailly à la relève

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Après 40 ans de se(r)vice dont 5 comme chef de la DDSP du Rhône, Albert Doutre part enfin à la retraite !!

Bon chouette, mais comme on dit, on sait ce qu’on perd, jamais ce qu’on gagne, alors bien entendu ce chevalier de l’ordre a été remplacé immédiatement par un autre défenseur de la veuve et de l’orphelin en la présence de Lucien Pourailly.

Retour hommage sur les 5 ans irréprochables de Doutre et présentation de son successeur

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Doutre s’était fait un nom durant le mouvement des retraites de 2010 à Lyon, alors qu’il venait tout juste de débarquer entre Rhône et Saône.

Un article paru quelques mois après la « prison Bellecour » dans Outrage n°10 (dans la rubrique « On a les vedettes qu’on mérite ») retrace son parcours exemplaire.

« Bulldozer Doutre »

Trente ans qu’il est un fidèle serviteur de l’État. 30 ans qu’il assure « la tranquillité et le maintien de l’ordre public » dans les rues. 30 ans qu’il est flic, ou plutôt qu’il les dirige, car Albert Doutre est avant tout un chef. Chef de la Sûreté Urbaine au Havre et à Nîmes, commissaire central à Grenoble, Caen puis Bordeaux, et enfin – le couronnement de sa carrière – Directeur Départemental de la Sécurité Publique dans le Rhône. En gros, la DDSP a sous son contrôle tous les commissariats de Lyon et sa périphérie ; elle gère plusieurs milliers de keufs.

C’est à Bordeaux qu’il est surnommé « le bulldozer » par ses collègues, charmant petit nom, pour souligner son autoritarisme et sa manière subtile de commander ses troupes. Certains CRS à Bordeaux ne sont pas assez répressifs à son goût ? Il les vire sans autre forme de procès. L’affaire qui l’a rendu « célèbre », c’est l’histoire de ces deux gamins de 6 et 10 ans embarqués devant leur école jusqu’au poste de police pour un soi-disant vol de vélo. Un acte qui manifestement ne lui pose aucun problème puisqu’il trouve même l’interpellation « très judicieuse ». Et puis de toute façon, les gosses « n’ont pas été rudoyés, ni même menottés ».

Si Doutre incarne la figure du patron droit, mais ferme avec ses employés, il sait aussi voler à leur secours quand ses flics deviennent la cible d’accusations publiques. Il y a par exemple l’histoire de ces deux fliquettes qui ont mis en garde-à-vue une cycliste un peu trop bourrée et qui lui auraient fait un toucher vaginal forcé. La morale de Doutre dans cette affaire, c’est qu’il faut sévir avec « ces cyclistes qui se croient tout permis et ne respectent pas le code de la route ». Des prostituées nigérianes, soutenues par RESF, décident de porter plainte après s’être fait tabasser, humilier, contraintes de se mettre à poil et de se promener nues devant des policiers du Centre de Rétention Administratif de Bordeaux ? Le sang d’Albert Doutre ne fait qu’un tour et c’est lui qui, « insupporté par des donneurs de leçons prétendument humanitaires, des gens qui, sous couvert de bons sentiments, se permettent de mettre en cause les forces de police », menace de porter plainte pour « dénonciation calomnieuse » contre le collectif. (…)

Pour défendre ses flics, Doutre a mis en place un grand plan. Il tente d’inculquer la « culture de la justice et de la sécurité » à qui veut l’entendre. A Bordeaux par exemple, il a régulièrement organisé des portes ouvertes, avec démonstrations du GIPN et de la Brigade Canine à l’appui, qui ont permis à 2 800 scolaires du département de visiter le commissariat central. Pour les plus âgés – à partir de 17 ans –, il a fait en sorte que la Gironde soit le département pilote en matière de « citoyen volontaire »... En somme, un modèle de concrétisation des relations entre police et éducation nationale.

Alors qu’il vient de débarquer à Lyon depuis un mois, c’est le branle-bas de combat : octobre 2010, ses manifs, ses blocages, et surtout ses hordes de lycéens aux « comportements totalement atypiques qui ressemblaient plutôt à de la guérilla urbaine qu’à une manifestation qui dégénère ». En tant que nouveau grand chef de la police sur Lyon, c’est lui qui prend la direction des opérations : l’hélicoptère qui survole en permanence le centre-ville, les 200 flics en renfort pour mater la révolte, le GIPN et son blindé. Et c’est évidemment lui qui a décidé de l’opération de quadrillage de la place Bellecour le 21 octobre. « On a considéré qu’il valait mieux les figer [les manifestants], de figer la situation à un moment donné, plutôt que de les laisser partir et d’avoir des dégradations. D’ailleurs nous n’avons pas eu de dégradations ce jour-là, il n’y a eu que des jets sporadiques de projectiles sur les forces de l’ordre ».

Doutre sait ce qu’il fait, il applique froidement sa logique de maintien de l’ordre, il la rend implacable. Demain, Doutre sait qu’il pourra vendre ses techniques partout là où les révolutions grondent, et que son marché a de l’avenir.

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Après cette entré en matière fracassante, ce « fidèle serviteur de l’État », a continué pendant 5 ans à œuvrer au service des plus démunis, on se rappelle par exemple de la répression anti-squat et anti-bidonville bien souvent en dehors de toute légalité comme en décembre 2013 en plein hiver où 73 personnes, dont 44 enfants se font matraquer et gazer au 71 quai Perrache suivie d’une expulsion illégale à croix rousse le 8 décembre, en plein dimanche après midi montrant toute sa dévotion et son sens de la charité à la lyonnaise. On se souvient aussi de novembre 2014 alors que le 115 ne répond plus et que 2000 personnes crèvent de froid dans la rue lorsque Doutre décide alors d’expulser les 3 immeubles réquisitionnés rue Cazeneuve en dépit de toutes les preuves d’occupation apportées et des nombreux soutiens.

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Rappeler toute la violence de la répression contre les mouvements sociaux serait bien trop long, mais en plus de la « Prison Bellecour » un autre de ses « faits d’armes » notables a été le fait d’avoir été le premier à avoir fait intervenir la police au sein d’un conseil municipal en mars 2015 afin de matraquer des fonctionnaires en grève.

Comment oublier le rassemblement antifa de juillet 2013 où 25 personnes sont arrêtées préventivement avant même d’avoir pu manifester.

Tout comme la manifestation contre le racisme d’état de novembre 2014 ou une bonne partie des manifestants seront placés en GAV avant même d’être entré dans la manif alors que quelques semaine plut tôt, lors d’un rassemblement en mémoire de Rémi Fraisse, 19 personnes sont arrêtées aboutissant à la seul condamnation de Djamel, un jeune du quartier d’origine magrébine !

Concernant les quartiers populaires, là encore Doutre a été d’une douceur et d’une compréhension incroyable comme en été 2014 où une véritable occupation militaire de la Guillotière est mise en place ainsi, après avoir fait dégagé par la force le marché informel de la place du pont, puis quelque jours plus tard réprimé sévèrement les scènes de liesse populaire en juillet 2014 lorsqu’il affirme que la police est en « légitime défense » alors que les flics ont gazé et matraqué des passants en plein marché du ramadan ou encore lorsque les scènes de liesse populaire liées aux victoires de l’Algérie se transformeront en véritable chasse au « bronzé ».

En plus des multiples contrôles au faciès et violence gratuite, on n’oublie pas non plus les meurtres de la police qui sont déjà au nombre de 4 cette année.

Nous voilà donc enfin débarrassés de ce SuperFlic et vu qu’il parait qu’il faut faire des cadeaux de départ, on lui offre un joli poster pour qu’il n’oublie pas qui il était réellement.

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Bon chouette, mais comme on dit on sait ce qu’on perd jamais ce qu’on gagne, alors bien entendu ce chevalier de l’ordre a été remplacé immédiatement par un autre défenseur de la veuve et de l’orphelin en la présence de Lucien Pourailly, un petit nouveaux de 60ans.

Qui est donc celui qu’on appelle déjà Poupou ?
(Pleins de jeux de mots nous viennent en tête concernant son nom, mais on va éviter un procès à Rebellyon en vous laissant les imaginer vous-même ...)

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Ce brave Poupou n’ayant pas encore la gloire d’avoir une fiche Wikipédia à son nom, on vas essayé d’en savoir un peut plus :

TLM nous apprend que Lucien Pouraily à été l’adjoint d’Albert Doutre il y a 20 ans à Grenoble. Doutre dit d’ailleurs de lui :

C’est un des commissaires qui a les plus grandes qualités de toute la police nationale et je suis heureux qu’il puissent me succédé

Vus les état de service de Doutre que l’on vient de rappeler, on est alors en droit de resté circonspect vis à vis de ses félicitations ...

D’ailleurs, ont en trouve la trace dès 2010 alors que Pouraily est numéro 2 de la DDSP du Var ou plusieurs articles de presse s’inquiètent des gardes à vue qui explosent, des arrestations arbitraires, des conditions de détention indignes, des insultes, humiliations des personnes mises en cause ou autres violences policières. À toutes ces accusations, il répondra sobrement et avec classe au journaliste en expliquant que :

le commissariat central de Toulon est quasiment irréprochable sur ses gardes à vue.

On vous laisse lire l’article complet de Rue89 à ce sujet : Les « petites histoires » des commissariats de Toulon

(Si certain.es veulent contribuer à cet article en cherchant des infos sur ces états de se(r)vice à Marseille n’hésitez pas à poster un complément d’info en dessous de l’article, mais on doute que cela soit très joyeux !!)

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Pour le féliciter de son excellent travail, il fût muté quelque mois après la médiatisation de l’affaire de Toulon comme numéro 1 de la DDSP de Haute-Garonne dont le chef lieux est Toulouse.

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Il y est célèbre pour la mort de Nabil abattu par la BAC en juin 2012 ou encore celle de Timothée Lake un jeune de 20 ans assassiné par la Police en octobre 2014 et bien d’autres.

Il réprima aussi de manière ultra violente les manifestations de novembre 2014 en hommage à Rémi Fraisse.

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Célèbre aussi pour sa responsabilité dans l’Affaire de Labège où des jeunes incarcérés dans un Établissement Pénitentiaire pour Mineurs en grève contre leurs conditions de travail se firent éclatés la tête par les IRIS [1].

Comment ne pas oublier enfin Yann éborgné par un tir de Flashball de la BAC qui faillit lui faire perdre la vie lors d’une expulsion d’un squat ou encore le tabassage gratuit de Mathieu Rigouste militant anti sécuritaire

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On se doit aussi de mentionner le quadrillage complet du quartier populaire du centre-ville de Toulouse, Arnaud Bernard avec la répression de son marché informel

Pour le remercié de sont courageux travail à Toulouse, il reçut la médaille de bronze du ministère de l’Intérieur lors de sont transfert à Lyon

(Là encore n’hésitez pas à proposer des compléments d’info pour compléter la biographie de Poupou)

La première déclaration du nouveau SuperFlic du Rhône, lors de sa prise de fonction à été de dire qu’il allait lutter contre

tout ce qui fragilise l’équilibre de nos quartiers et qui suscite un fort sentiment d’insécurité

C’est sur qu’avec ces propos, on ce dit, que oui, tout va changer et que dès demain, il va enlever les flingues, taser et autre flashball de la poche de la police et leur demander de travailler sur la prévention et l’écoute plutôt que sur le tout répressif ....

Le Roi est mort, vive le Roi ! : ACAB 4EVER !!!

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