Manif de nuit féministe contre le patriarcat le samedi 14 mars

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Manif

Parce que nos luttes ne se limitent pas au 8 mars, nous manifestons contre le patriarcat le 14 mars.
Appel pour une manifestation de nuit en non-mixité. Départ place Guichard, le 14 mars à 19h

  • Nous venons d’avoir l’information que la manif de demain soir est annulée, officiellement en raison des mesures prises contre la propagation du coronavirus.

    Nous venons d’avoir l’information que la manif de demain soir est annulée, officiellement en raison des mesures prises contre la propagation du coronavirus. On s’excuse auprès de toutes les personnes à qui elle s’adressait et pour qui cette marche représentait une opportunité d’expression et de revendication nécessaires dans l’espace public. Les luttes pour un respect inconditionnel de nos identités et de nos droits restent une nécessité et nous réitérons les revendications de notre appel. Nous affichons un soutien tout particulier à nos soeurs, nos adelphes et nos camarades en situation de précarité, dont la situation financière ou administrative complique l’accès aux soins. Nous condamnons par ailleurs fermement le racisme dont sont victimes certain.es d’entre nous et de nos alliés et leur témoignons également notre soutien.
    Merci à toutes les personnes, collectifs et organisations qui nous ont aidé et soutenu dans la préparation de cette manif. Nous regrettons qu’elle ne puisse avoir lieu et vous tiendrons au courant si elle vient à être reportée.

    Plutôt une nuit de lutte qu’une minute de silence !

    Mars nuits féministes.

Plutôt une nuit de lutte qu’une minute de silence

Appel pour une manifestation de nuit en non-mixité. Départ place Guichard, le samedi 14 mars à 19h.
Possibilité de raccompagnement après la manif. Accessible LSF, camion pour se poser pendant la manif, garderie & hébergement possibles.

Parce que nos luttes ne se limitent pas au 8 mars, nous manifestons contre le patriarcat le 14 mars.

Parce que nous refusons la récupération étatique et capitaliste des combats féministes, nous ne nous contentons pas d’une unique journée de célébration commerciale. Nous ne pouvons plus nous permettre d’être déçu’e’x’s par l’inaction des institutions quand, partout, nos adelphes [1] se battent au quotidien pour leurs droits.
Parce que la nuit et la rue sont appropriées par les mecs dya [2] cis [3], nous manifestons dès 19 heures.
Parce que nous y avons intériorisé l’insécurité, nous reprenons ensemble, en soirée, l’espace public.
Parce que le sexisme ne s’arrête pas à la frontière de nos luttes, nous manifestons en non-mixité sans mecs dya cis. Parce que le soutien de nos alliés ne doit pas effacer nos voix, nous revendiquons une action pour les personnes opprimé’e’x’s par le patriarcat.

À vous, médias, qui contribuez au détournement d’une journée de lutte en un outil lucratif, nous refusons la diffusion de publicités et discours sexistes. Nous exigeons une couverture respectueuse des personnes vivant les violences patriarcales et la présence de nos adelphes dans les débats publics. Nous dénonçons la perpétuation d’une binarité de genre imposée et réclamons l’autodétermination des personnes.

À vous, les complices du diktat des corps, qui imposez un modèle artificiel, raciste, grossophobe, validiste, transphobe et classiste, nous refusons votre jugement, votre mépris et votre regard sexiste. Nous demandons une représentation diversifiée et inclusive de nos corps.

À vous, les responsables des campagnes de sensibilisation contre les violences sexistes et sexuelles, qui invisibilisez encore des personnes victimes, nous refusons les décomptes de féminicides comme unique mesure de ces violences. Nous demandons une prise en compte des personnes travailleureuses du sexe, trans, et personnes vivant des violences hors du cadre conjugal.

À vous qui prétendez protéger les personnes subissant des violences patriarcales, nous déplorons le manque d’efficacité des systèmes de prise en charge. Nous condamnons la culpabilisation des personnes victimes et la minimisation de leurs témoignages par les institutions policière et judiciaire. Nous réclamons le respect des moyens d’expression choisis par les personnes concernées (plainte, accompagnement associatif, diffusion médiatique, silence), et de leurs vécus.

À vous, les flics, qui servez et maintenez une violence d’État, nous dénonçons la répression dont vous êtes les acteurices dans la rue, dans nos quotidiens, dans les commissariats, dans les prisons, etc. Nous soutenons nos adelphes au Chili, en Tchétchénie, en Algérie, au Xinjiang, en Grèce, au Venezuela, et partout où iels sont en lutte, y compris en milieu carcéral. Nous refusons les contrôles au faciès, les violences contre les manifestant’e’x’s, les banlieues comme terrain d’entraînement à votre violence répressive, raciste, islamophobe et classiste. Nous voulons reprendre nos espaces de vie et appuyons les initiatives comme celle des actions burkini dans les piscines, ou celle du chant chilien de Lastesis, « Un violador en tu camino ».

À vous, patron’ne’s, qui tolérez et perpétuez des oppressions de classe, de race, et de genre dans le milieu du travail, nous dénonçons l’inégalité face aux emplois précaires, la discrimination à l’embauche, le maintien des inégalités salariales, et l’impunité du harcèlement et des violences dans les sphères professionnelles. Nous soutenons les luttes féministes actuelles contre la réforme des retraites ainsi que les travailleureuses de l’hôtel Ibis Batignolles en grève contre le groupe ACCOR.

À vous, abolitionnistes, qui condamnez le travail du sexe et sa pratique, nous refusons les lois qui précarisent et mettent en danger les travailleureuses du sexe. Nous réclamons des conditions de travail décentes, l’accès aux droits sociaux, le retrait de la loi de 2016 de pénalisation des client’e’x’s et l’abandon de la loi Avia.

À vous, propriétaires, qui conditionnez l’accès à l’hébergement selon des critères élitistes, nous dénonçons l’exclusion raciste, homophobe, transphobe, classiste, et validiste. Nous exigeons le respect du droit au logement pour tou’x’te’s et notamment pour les personnes sans-papiers.

À vous, personnes en charge des lois accessibilité, qui privez les personnes handi’e’x’s d’une indépendance matérielle et financière, nous condamnons la non-considération de la nécessité d’indépendance et la réforme de l’AAH. Nous réclamons un accès gratuit aux soins, aux espaces publics et privés, et rappelons l’urgence des revendications portées par les personnes handi’e’x’s, que leur handicap soit physique et/ou visible, ou non.

À vous, les institutions médicales, hospitalières, gynécologiques et psychiatriques, qui exercez une emprise sur les personnes minorisé’e’x’s de genre et/ou de sexe, nous dénonçons le rejet des amendements du projet de loi bioéthique concernant l’arrêt des mutilations à la naissance imposées aux personnes intersexes, l’accès des personnes trans à la PMA et sa prise en charge financière pour les personnes lesbiennes. Nous refusons l’hégémonie de la FPATH (ex SOFECT) sur les financements, l’accès aux hormones et aux démarches de transition. Nous dénonçons la psychiatrisation de nos identités et réclamons une liberté de décision sur nos corps et nos esprits, et un respect de nos autodéterminations.

À vous, les organisations sportives, qui excluez des personnes en raison de leur non-conformité à une vision de genre binaire et stéréotypée, nous dénonçons les tests de féminité, et l’accès dya-cisnormé aux compétitions. Nous demandons une pratique sportive émancipée du diktat des corps.

À vous, maris, conjoints, pères, frères, qui incarnez les dominations patriarcales dans la sphère privée, nous contestons l’inégale répartition de la charge mentale et parentale du foyer. Nous attendons une prise de conscience et une égalité réelle dans nos vies privées.

À vous, représentant’e’x’s du système éducatif, qui transmettez une idéologie sexiste, raciste, validiste, dya-cis-hétéronormée, nous dénonçons les discriminations véhiculées au sein des institutions scolaires et universitaires. Nous encourageons la création et le partage de savoirs critiques pour une déconstruction de ces violences.

À vous, chez nous, qui pensez que votre déconstruction militante efface vos privilèges, nous dénonçons la présence du patriarcat au sein de nos propres luttes. Nous accusons celleux qui protègent les agresseureuses et leur position de pouvoir dans les sphères militantes et qui maintiennent ainsi un espace de lutte qui discrédite et exclue les survivant’e’x’s et légitime nos agresseureuses, là où l’inverse devrait être fait.
À vous qui pensez que la non-mixité divise la lutte, nous rappelons la nécessité de co-construire entre nous les outils qui nous permettent de lutter dans une mixité où vos voix et les nôtres sont égalitaires.
Nos espaces ne sont pas contre vous, ils sont pour nous.

À vous, féministes, militant’e’x’s, concerné’e’x’s, manifestons ensemble contre le patriarcat le 14 mars à 19 heures, Place Guichard.

À toi, patriarcat, nous ne sommes plus tes victimes. Nous sommes tes adversaires.

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Mars Nuits Féministes,
Groupe de militant’e’x’s féministe’x’s indépendant’e’x’s rassemblé’e’x’s pour organiser la manif de nuit du 14 mars 2020
mars2020nuitsfeministes@riseup.net

Notes

[1adelphe : terme de genre neutre remplaçant « nos frères » et/ou « nos sœurs ».

[2dya/dyadique : Personne né’e avec des caractères sexuels (génitaux, gonadiques et chromosomiques) correspondant aux attentes binaires imposées par la société aux corps sexués. Personne non-intersexe.

[3cis/cisgenre : Personne dont le genre correspond à celui assigné à la naissance. Personne non-transgenre.

samedi 14 mars 2020

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