Ne plus perdre sa vie à la gagner

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Vous allez partir en vacances pour vous vider la tête de toutes les emmerdes qui vous sont arrivées dans l’année ? Alors prenez quelques minutes pour lire les lignes qui suivent, histoire de réfléchir un peu avant le lavage de cerveau estival.

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Commençons par parler du travail (qui doit jouer un rôle non négligeable dans les emmerdes suscitées, et c’est pas fini, cf. l’article sur les nouvelles mesures du gouvernement). Pour la majorité d’entre nous, le travail c’est la vente de notre force de travail à des capitalistes, qui l’exploite pour produire des biens et des services qu’il revendra plus cher. Ce truc dégueulasse qui consiste à vendre (à perte en plus) une partie de notre temps et de notre force, qu’on occuperait volontiers à tout autre chose, s’appelle le salariat.

Seulement voilà, le capitaliste, pour revendre sa marchandise, doit trouver des clients, sinon pas d’exploitation de la force de travail, donc pas de profit (retenez bien ce terme, le profit est l’unique raison d’être du capitaliste). Et qui le patronat va aller chercher pour écouler sa marchandise ? Le travailleurE du début, celui ou celle qui l’a produite ou unE autre. Le fait que le travailleurE ait envie ou besoin de cette marchandise n’est pas vraiment un problème depuis l’invention de la publicité et du marketing.

Bon vous allez me dire : « c’est horrible mais on ne travaille pas tout le temps, y’a les loisirs aussi ». Ben justement, les loisirs ça sert aussi à ça, à produire et écouler la marchandise. Petite explication : le patronat a tellement délocalisé et robotisé la production qu’il a dû trouver d’autres façons d’exploiter la force de travail des prolétaires des pays occidentaux. Alors il a inventé le secteur tertiaire et l’« industrie » des services, pour produire et vendre tout et n’importe quoi : de la musique, du divertissement, des vacances (on y revient), etc. Comme ça, on continue à produire, donc à exploiter (pour le profit, ne l’oublions pas) et, avantage non négligeable, on occupe le travailleurE en dehors de ses heures de travail (heures qui, on le rappelle, appartiennent aux capitalistes à qui ils les a vendues).

L’autre avantage des loisirs, c’est qu’ils sont à la fois un défouloir où le travailleurE peut oublier que 35h (en général) de sa semaine ont été passées à utiliser ses muscles et son cerveau pour une chose qu’il/elle n’a pas choisi de faire, et une carotte qui le/la fait tenir entre ses cinq semaines de congés (merde 5 semaines sur 52 où on est libre de disposer de son temps et certains trouvent ça encore trop). On s’en rend alors compte, le travail ne conditionne pas simplement le travailleurE pendant les heures où il se vend au capitaliste (sans oublier les heures qu’il passe à se rendre sur son lieu de travail), mais aussi tout le reste du temps, puisque le temps « libre » n’est passé qu’à oublier le temps travaillé, le plus souvent en consommant des marchandises (alcool, émission de télé, voyages organisés,...) issues de l’exploitation capitalistes.

Bon, vous l’aurez compris, la CNT dénonce l’opposition travail/loisirs, puisque les deux sont des faces de la même pièce capitaliste. Mais la CNT ne voit pas non plus le travail comme l’opposé du chômage, autre image qu’il faut rejeter : là encore, les deux participent à des niveaux différents au bon fonctionnement du système économique, le chômage structurel servant à maintenir la pression sur les travailleurs. Non, la seule opposition qui soit est celle entre travail et capital, entre celles et ceux qui sont exploités et celles et ceux qui les exploitent. C’est sur les bases de cette opposition que l’anarcho-syndicalisme et le syndicalisme révolutionnaire luttent pour une société autogestionnaire et libertaire, sans salariat, sans chômage, et sans « loisirs », une société où chacunE exerce les activités créatrices qu’il ou elle a librement choisies.

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