Peut-être un été de plus

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Ce texte tranchera d’avec les préoccupations de la plupart des articles diffusés dans ces pages ou ailleurs. Tout le monde sait que nous sommes à la veille de certains départs en vacances, de la mise en sommeil de cette chère ville de Lyon et ces alentours. Rues désertes, chaleur pesante et ombres bénéfiques seront de mise.

Certain-es ne partiront pas. Ce n’est pas une lamentation, c’est juste une vérité qui recouvre des raisons, des réalités sociales différentes. Mais parmi celles-ci et ceux-là aura lieu une certaine forme de départ. Des départs définitifs causés par des souffrances qui ne trouvent pas à s’exprimer autrement. Parce que le suicide existe.

L’été sera dur car il faudra, si possible, faire avec ses angoisses, ses blocages et une solitude encore et toujours cachée. Veux-tu voir un peu cela, juste à coté, sous tes yeux, dans ton entourage, tes connaissances ? La solitude a pleins de formes qui ne se voient effectivement pas quand tu en restes au sujet bateau ou d’actualité. On peut toujours prononcer le « salut ça va ? » afin de satisfaire les conventions. La réponse « oui et toi ? » devenant alors quasi obligatoire. Par contre, autre chose, un « non » est trop rarement entendu. On peut avoir pleins de relations et rester seul-e.

Quand tu ne vas pas bien, es-tu invisible ou trop visible ? C’est certain : pour de nombreuses personnes, il y a quelque chose de dérangeant dans tout cela. Peut-être parce qu’on est renvoyé à un questionnement sur soi qu’on préfère éviter.

N’est-ce pas vrai que les passes dépressives sont présentes chez beaucoup de militant-es ? Ce sujet n’est jamais abordé, même pas remarqué. C’est personnel, point barre. Alors, il faut se rappeler que l’été est un moment ou il est plus difficile de poursuive Le Mouvement. Les moteurs de certain-es, l’activité pour l’activité, une certaine culpabilité au monde, le besoin de se sentir important-e, se montrent pour ce qu’ils sont parfois voire souvent :des placebos. L’arrière plan qui permet de continuer n’est pas donné à tout le monde. Dans ces conditions, rien ne fera oublier la disparition de certain à Lyon, il n’y a pas si longtemps.

Parler d’écoute serait pas mal, mais auparavant, encore faut-il envisager l’autre autrement que comme une image qui fonctionne malgré tout. En définitive, y a-t-il quelques brèches dans tous ces comportements et discours qui font du quotidien une habitude ? Des demandes d’aides à peine voilées, il y en a, des dissimulations obligatoires aussi. Abandonner la vie veut dire que l’on à pas eu d’autre ouverture à son tunnel. Cela veut dire que l’on a renoncé à beaucoup, à tout.

À la rentrée, beaucoup parleront de leurs vacances à partir de la question « alors, bonnes vacances ? » À la rentrée, des individu-es iront au supermarché acheter des fournitures scolaire, se transporteront grâce aux TCL ou leur véhicule et pourront lire 20minuss gratuitement. À la rentrée, les gen-tes continueront leur travail, entameront une formation, se rendront à la fac, les collectifs se retrouveront, des tables de presses seront faites, des collages divers seront menés. Tout ceci sera une forme de recommencement peu original mais semble-t-il nécessaire. Notre société capitaliste veut perdurer malgré des relations pourries par la hiérarchisation, malgré le stress, les maladies que le travail provoque, les angoisses, l’isolement, les dépressions, les humiliations, les incompréhensions.

La néfaste normal est là sous notre main, portée par chacun-e selon des souffrances qui lui sont propres. Dans ces conditions, malgré tout, sera-t-il un jour possible de parler de ces même souffrances pour en faire quelque chose d’autre ?

Nèfazone

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