Suites de l’incendie du local du journal « Ici et maintenant » au Maroc

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A la suite de notre article du 28juin, Brahim, un membre du journal libertaire « Ici et maintenant », dont le local a été incendié, nous écrit et nous parle de son écoeurement vis à vis des autorités marocaines par rapport au traitement de cet attentat.

« Bonjour,
Merci infiniment pour votre solidarité.

Voici la suite de l’affaire. Il y a un mois que le local du journal "Ici et maintenant" a été incendié, et malgré ça le responsable de la gendarmerie de M’semrir m’a dit avant hier qu’il me faut désigner au moins une personne que je considère suspecte pour que les gendarmes l’arrêtent, et ça sera selon lui le début de l’enquête. Je lui ai répondu que c’est absurde tout ça. Comment vais-je désigner une personne que je n’ai pas vue ? Et quel est le rôle de l’enquête en principe ? C’est bien à eux de faire leur travail, s’ils le veulent, sinon je vais répondre à ce refus à ma façon. Le gendarme m’a dit que la loi est au-dessus de tous et de la presse, et qu’il me faudrait aller voir la brigade judiciaire de Ouarzazate qui m’a déjà convoqué oralement le 3 juin passé. J’ai dit que je refuse pour la nième fois d’aller voir n’importe quelle administration sans convocation écrite et sans objet précis. Cette conversation s’est passée devant le siège de la gendarmerie à M’semrir.

- Pour cela nous soulignons que le refus de mener l’enquête sur cet acte criminel est explicitement l’encouragement des crimes et des criminels qui visent à mettre fin à toute opposition à la dictature que le peuple marocain subit depuis des décennies.
- Nous refusons de désigner une personne en particulier, mais par contre nous accusons les autorités et la mafia locale.
- Nous dénonçons la négligence dans cette affaire, que nous considérons comme un feu vert aux crimes et un laissez-faire pour les criminels.
- Nous considérons que l’autorité assume la responsabilité du tout ce qui peut nous arriver dans les jours ou les mois qui viennent. Dès maintenant notre vie est en danger, et la dictature a plus de moyens pour mettre fin à tout ce qui la dérange.
- Le discours officiel sur les droits de l’Homme et la démocratie est sans aucun sens et n’a aucune relation avec la réalité des choses ; ce n’est que du maquillage.
- Est-ce que vraiment le Maroc est à la hauteur de manifester sa solidarité avec les pays d’Afrique victimes de la famine ? Est-ce que à Taghbalte et à Ait Hdidou, des environs d’Assoul vers Imilchil... on ne peut pas parler de la famine ?

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Tinghir

Ici à Tinghir, Ouarzazate, Boumalne, Rich, Midelt... les rues sont pleines de mendiants venant de Taghbalte où il n’y a plus rien à faire : pas d’eau, pas d’infrastructures..., tous ses habitants l’ont quittée. Les femmes se prostituent pour avoir de quoi manger, les enfants demandent la charité dans les cafés, et sont tous devenus des cireurs de chaussures pour un dirham et un seul ; le soir ils se regroupent dans des coins sans protection pour passer la nuit, l’exploitation sexuelle est toujours présente... Des cas et des cas suffisent largement pour dénoncer tous les responsables de ce pays. Mais où est la contre-attaque ? Il y a la famine au Maroc. Celui qui veut s’en assurer n’a qu’à visiter le sud-est du Maroc. Taghbalte en est un exemple. »

Brahim Fillali

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