Une famille de 9 personnes à la rue à St-Chamond

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Depuis vendredi soir 9 septembre, une famille de 9 personnes, les parents et 7 enfants, dort dehors à Saint Chamond.

Elle a trouvé un toit provisoire seulement le 15. Et quel toit ! Devant l’absence de solution, les enseignants de l’école primaire où sont scolarisés des enfants ont pris l’initiative de leur permettre de dormir dans une salle de classe. Mais l’Inspection académique leur a fermement fait savoir qu’il ne fallait par renouveler l’opération. Donc depuis vendredi et pour les nuits suivantes, cette famille est à nouveau à la rue.

Sur les 7 enfants, 6 sont scolarisés : 2 au collège, 3 en primaire et une petite en maternelle. La petite dernière qui reste avec ses parents, n’a que 2 ans.
Il sagit dune famille de Kosovars, en situation parfaitement régulière. Ils sont demandeurs d’asile politique. La demande a été déposée à l’OFPRA [1] le 6 juillet dernier. Les parents possèdent une
attestation de cette demande du statut de réfugié. La famille bénéficie de la CMU [2] et des 280 euros mensuels accordés aux demandeurs d’asile. Elle était hébergée jusqu’à présent par une autre famille. À 15 dans un appartement, cela n’était pas tenable et cela n’a pas tenu. C’est en constatant l’absence des enfants à l’école que les enseignants ont été alertés.

Depuis lundi 12 septembre, le directeur de l’école a alerté les services sociaux, la mairie, le CCAS [3], pour qu’un logement soit attribué en urgence à cette famille. Mardi j’ai moi-même au nom du DAL [4], appelé la secrétaire du cabinet du préfet, Madame Bonhomme, le secrétaire du cabinet du maire de Saint-Chamond et les services sociaux du département.
Le directeur du CCAS de Saint Chamond m’a téléphoné pour me dire qu’il n’avait pas réussi à trouver de solution de relogement et qu’il avait réinterpellé la DDASS [5] et le Conseil Général. Depuis lundi l’assistante sociale du secteur a contacté plusieurs fois le 115 [6] et le CADA [7]. Réponse : pas de logement disponible.

Une réunion des élus a eu lieu en mairie de Saint Chamond, sans résultat. Depuis une semaine 9 personnes, dont des enfants en bas âge, dorment dans la rue, sous la pluie, dans l’humidité. Aucune institution n’a su ou n’a voulu trouver une solution. Seule l’équipe enseignante, devant cette
carence, a décidé d’ouvrir, pour une nuit (de jeudi à vendredi), une salle de classe. Mais il est bien évident que le logement d’une famille de 9 personnes n’est pas dans une salle de classe.
La nuit dernière, les enseignants ont pu constater que trois des enfants sont malades. Ils ont toussé une partie de la nuit et n’étaient pas bien au réveil.

Avec Marie Pierre Vincent, nous sommes allés rencontrer cette famille. Ils sont dans un parc, installés sur une couverture posée à même le synthétique d’un stade de mini foot. Marie Pierre a pris une photo. Ils dorment un peu plus loin dans un coin de mur, une couverture posée sur le béton. Et quand il pleut, ils se réfugient dans une espèce de tunnel en béton. Le père a peur la nuit pour lui et sa famille. « Il y a des allées et venues » nous dit-il.

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Combien de temps cette famille va t’elle encore passer dans ces conditions ?
Pourquoi aucune solution n’a été dégagée depuis une semaine ?

Sûrement pas par manque de logements disponibles. Des milliers sont vides sur l’agglomération stéphanoise : 10 000 rien qu’à Saint Étienne, dont des milliers immédiatement habitables dans le patrimoine des offices publics HLM. Il serait surprenant qu’aucun logement du parc public d’HLM de Saint Chamond ne soit disponible.

Le préfet a normalement une obligation légale envers cette famille qui demande l’asile politique. Il peut utiliser son pouvoir de réquisition.

Pourquoi ne le fait-il pas ?

Les institutions, les élus doivent arrêter de se renvoyer la balle et, pour régler l’urgence, prendre les mesures radicales qui s’imposent, ce qui nécessite d’avoir le courage d’affronter l’égoïsme social et le
racisme.

Nous demandons notamment que le préfet utilise sont pouvoir de réquisition pour loger cette famille en urgence.

Georges Günther
Responsable du DAL Loire Sud
Comité DAL Loire Sud, Maison d’Animation de la Métare, 96 Bd A. de Fraissinette, 42100 St-Etienne

Notes

[1OFPRA Office Français de Protection des Réfugiés et des Apatrides

[2CMU : Couverture Maladie Universelle

[3CCAS : Centre Communal d’Action Sociale

[4DAL : association Droit Au Logement

[5DDASS : Direction Départementale de l’Action Sanitaire et Sociale

[6115 : numéro d’appel gratuit pour les situations sociales d’urgence

[7CADA :Centre d’Accueil pour
Demandeurs d’Asile

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