A propos des interventions et de la révolution syrienne

1264 visites
2 compléments

Au cours du pro­ces­sus révo­lu­tion­nai­res, de nom­breux autres acteurs sont appa­rus sur la scène afin de tra­vailler contre la lutte pour l’auto-déter­mi­na­tion. L’Iran et ses mili­ces, avec le sou­tien de la Russie, est venu en aide au régime, (—). Les dji­ha­dis­tes de l’Etat Islamique d’Iraq et de Sham et d’autre, sous pré­texte de « com­bat­tre le régime d’Assad, ont tra­vaillé contre ces droits de la même manière. Et je pense qu’il en est de même pour une quel­conque inter­ven­tion occi­den­tale.
Texte sur la situation en Syrie d’un camarade libanais de Syrie.

Texte sur la situation en Syrie d’un camarade libanais de Syrie. (English)

La révolution syrienne est une révolution qui a commencé comme une lutte pour l’auto-détermination. Le peuple syrien a demandé à déterminer sa propre destinée. Et, depuis plus de deux ans, contre toute attente, et confrontés à une répression et une destruction massive du régime d’Assad, il a persévéré

Au cours du processus révolutionnaires, de nombreux autres acteurs sont apparus sur la scène afin de travailler contre la lutte pour l’auto-détermination. L’Iran et ses milices, avec le soutien de la Russie, est venu en aide au régime, pour s’assurer que le peuple syrien n’obtienne pas ses droits. Les djihadistes de l’Etat Islamique d’Iraq et de Sham et d’autre, sous prétexte de « combattre le régime d’Assad, ont travaillé contre ces droits de la même manière. Et je pense qu’il en est de même pour une quelconque intervention occidentale.

Certains pourraient arguer que l’on n’en est plus du tout là, qu’il n’est même plus question d’auto-détermination, mais plutôt, d’arrêter simplement le massacre. C’est une position que je ne peux soutenir. S’il s’agissait seulement d’arrêter le massacre, j’aurais soutenus les Djihadistes lorsqu’ils sont arrivé, parce que, personne ne peut le nier, ils étaient les mieux armés et équippés pour faire face au régime d’Assad. Mais je ne l’ai pas fait, et beaucoup d’autres ne l’ont pas fait, parce que nous savions, que malgré leur capacité à faire face au régime, ils ne partageaient pas les objectifs du peuple syrien. Ils voulaient contrôler le peuple syrien, et lui retirer sa capacité à déterminer sa propre destinée. A cause de cela, ils étaient des contre-révolutionnaires, même s’ils combattaient le régime.

Et maintenant, face à une possible intervention occidentale en Syrie, je tiens la même position : Beaucoup pourraient dire que je suis sur une posture idéologique, et que je devrais me concentrer uniquement sur le fait d’arrêter le massacre, mais ceux qui disent cela ignorent que, même en terme pragmatique et dans le cadre de leur propre raisonnement, cet argument ne tient pas, dès lors que les Etats Unis ont répétés avec insistance que « cela sera seulement des frappes préventives » et « qu’ils n’ont pas l’intention de renverser le régime ». Quelle indication y a-t-il que ces frappes feront quoi que ce soit pour arrêter le massacre ou « résoudre » la crise syrienne.

Je me fiche de la souveraineté, la Syrie est devenu une terre pour ’importe qui sauf les syriens de nos jours. Le mythe de la souvereineté syrienne n’est pas la raison pour laquelle je m’oppose à l’intervention occidentale. Ce n’est pas on plus la perspective de destruction de la Syrie, dès lors qu’elle a déjà été détruite par ce régime criminel. Je m’oppose à l’intervention occidentale, parce qu’elle sapera la lutte pour l’auto-détermination, et travaillera donc contre la révolution syrienne.

Assad a utilisé des armes chimiques contre son propre peuple. Je n’ai aucun doute à ce sujet. Et cela aurait pu être évité si la résistance syrienne avait obtenu des armes qui lui aurait permis de renverser le rapport de force face au régime. Mais les puissances étrangères sont restées attentistes, ne voulant pas qu’Assad gagne, mais ne voulant pas plus que la résistance gagne. Ils ne pouvaient pas donner d’armes au peuple syrien pour qu’il se défende lui-même, ont ils dit, car qui sait dans quelles mains elles pourraient attérir ? Elles auraient pu accidentellement atérir dans les mains, par exemple, de syriens qui voulaient déterminer leur propre destinée en dépit des intérêts étrangers.

Nous sommes donc arrivé à la quadrature du cercle : personne n’a armé la résistance syrienne, donc elle a été tuée par le régime, ou forcée à supporter l’infiltration djihadiste. Donc Assad a utilisé des armes chimiques contre les syriens, et l’Occident veut répondre pour donner une leçon a Assad, une réponse qui garantisse toujours que les syriens aucune voie au chapitre sur la question de leur futur. Et le régime survivra probablement à une intervention occidentale « punitive », et le massacre ne s’arrêtera probablement pas.

Mais malgré tout cela, la révolution syrienne, et, en son sein, la lutte du peuple syrien pour sa libération et pour déterminer sa propre destinée, se pouruivra.

Darth Nader
(Je suis un journaliste / écrivain anarchiste arabe, anti-fasciste, anti-orientaliste, dissident internationaliste. J’ai grandi à Beyrouth, mais Homs est ma maison.)

Traduction Relations internationales de la Coordination des Groupes Anarchistes

La suite à lire sur : http://www.anarkismo.net/article/26086

Proposer un complément d'info

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Publiez !

Comment publier sur Rebellyon.info?

Rebellyon.info n’est pas un collectif de rédaction, c’est un outil qui permet la publication d’articles que vous proposez. La proposition d’article se fait à travers l’interface privée du site. Quelques infos rapides pour comprendre comment être publié !
Si vous rencontrez le moindre problème, n’hésitez pas à nous le faire savoir
via le mail contact [at] rebellyon.info

Derniers articles de la thématique « Résistances et solidarités internationales » :

>Naissance de Ricardo Flores Magon le 16 septembre 1874

Olt nous présente en BD la vie de l’anarchiste mexicain Ricardo Flores Magon, né le 16 septembre 1874 à San Antonio Eloxochitlán (Oaxaca) et assassiné le 21 novembre 1922 au pénitencier de Leavenworth (Kansas, États-Unis). Précurseur de la Révolution mexicaine, son mot d’ordre était « Tierra y Libertad ...

› Tous les articles "Résistances et solidarités internationales"