Témoignage d’un manifestant medic fouillé ce jeudi

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Loi travail 4 compléments

À chaque manif, des personnes s’organisent pour venir en aide aux manifestant·es blessé·es par la police. Petit récit de la fouille du sac de l’une d’entre elles et de la confiscation d’une partie de son contenu.

Jeudi, alors que j’arrive à la manifestation/rassemblement, je constate la présence en force de la gendarmerie mobile, ainsi qu’un contrôle systématique des sacs.

Le mien ne contenant rien d’illégal (ni même d’arme par destination), n’ayant moi-même que les plus pures des intentions, je m’avance donc, sûr de moi, pret à me soumettre à la fouille.

Voyant mon casque de vélo (clairement estampillé médic), le gendarme me demande de le sortir et appelle immédiatement 2 de ses collègues (là je commence à comprendre que mon assurance était peut être un peu présomptueuse). Ces derniers constatent qu’à l’intérieur du casque se trouvent plusieurs masques de travaux, ainsi que des lunettes de protections "Ah et ben il y a tout ce qu’il faut !" s’exclame l’un d’eux, "On va garder tout ça".

S’en suit une fouille plus approfondie de mon sac (mais pas de ma personne, bizarrement) contre laquelle je proteste, arguant du fait que seul un OPJ peut se préter à se genre de pratique. Duite à quoi on me répond, en substance : « Ne vous en faites pas, c’est l’état d’urgence, on a le droit. »
Le supérieur, d’environ 2 m, le Taser bien en vue sur la poitrine, me demande la raison d’un tel équipement.

Après une brève discussion, au cours de laquelle j’échoue à les convaincre de l’innocuité de mon matériel et de mes intentions, il me fait comprendre que tout ceci est confisqué, et que je ne pourrais jamais le récupérer. Il faut dire que je n’avais pas aiguisé mon argumentaire en amont, ne pensant en aucun cas que cela s’avérerait nécessaire.

Vient alors l’enregistrement de mon identité, auquel je me soumets une fois de plus docilement. Je retourne une dernière fois vers le supérieur qui me fait comprendre que j’ai intérêt à arrêter d’insister, suite à quoi je part rejoindre mes collègues medic.

Conclusion : les forces de l’ordre peuvent gazer, frapper, ou tirer au LBD sur les manifestants, mais quand ces derniers prennent de quoi éviter un trauma crânien ou de perdre un œil, on leur confisque...

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  • Le 15 mai 2016 à 15:06, par

    Suite à cet article je me demandais :
    le flic parle de confiscation du matériel mais c’est plutôt une saisie qui est une procédure qui doit nécessiter un procès verbal ? et donc si ça se repasse comme ça faudrait demander notification de cette saisie.
    Et si le flic ne veut pas le faire lui prendre son matricule (et voir ce qu’on peut faire ensuite niveau juridique) et au mieux encore avoir quelqu’un en second plan qui filme la scène quand on sait qu’on va se faire contrôler...

  • Le 15 mai 2016 à 10:08, par Rom

    Dans ces fouilles massives, les flics confisquaient aussi (au moins dans certains cas) le sérum phy !

    https://www.buzzfeed.com/julesdarmanin/des-policiers-accuses-de-confisquer-le-serum-physiologique-d

  • Le 15 mai 2016 à 03:14, par

    Ces petits représentants prétentieux de l’état d’un« pouvoir » et qui ne sont que le reflet de leurs propres frustration.
    Perso,pour différentes raisons pros, je suis secouriste et je suis censé de vérifier les moyens à ma disposition (pharmacie à jour, moyen « d’intervention régional à disposition dù à l’environnement », recyclage...etc).
    A titre privé, ce "titre de secouriste m’oblige d’intervenir si je suis témoin d’un accident ou autres et où mes compétences en la matière peuvent être utiles, voir vitales. Une non assistance dù à cette formation est puni pénalement, si je n’intervient pas. Ou est la logique de ces gens en uniformes ? Qui abusent entre autre de pouvoir qu’il n’ont pas .
    En quoi l’état d’urgence permet de confisquer le matos nécessaire à répondre à un environnement de violence (sociale , politique et policière, ..) ?
    Que cherche t-il ? réellement, un affrontement ? Ou à craner car il son déguisées en play mobil ?
    Mais leur équipement ne fait pas tout, Face à notre détermination. La médaille à toujours un revers.
    Un conseil mettez vous en gréve et bloquez vos casernes et Renaud viendra peut-être, vous faire des bisous au mess (mais sans moi).

  • Le 14 mai 2016 à 23:18, par

    Selon interieur.gouv.fr :
    "La fouille dans les affaires personnelles (sac, portefeuille, poche, etc.) d’une personne est assimilée à une perquisition.
    Seul un OPJ ou un gendarme peut fouiller dans les effets personnels d’une personne en cas de flagrant délit, de commission rogatoire ou d’enquête préliminaire.
    Un douanier peut effectuer la fouille lors de la recherche d’une fraude.
    Un agent de surveillance ou de gardiennage peut inspecter visuellement des bagages à main avec le consentement de la personne (par exemple, à l’aéroport). "

    Donc visiblement les gendarmes auraient effectivement le droit de fouiller un sac, et pas seulement de se contenter d’un simple contrôle visuel. Pour les policiers, seuls les OPJ (Officiers de Police Judiciaire) auraient ce droit, c’est donc un argument qu’il est opportun d’utiliser dans ce cas.
    En ce qui concerne la confiscation de biens n’étant ni des armes ni des armes par destination, je n’ai pas plus d’informations sur le cadre légal, si tant est qu’il en existe...

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