Comparution immédiate du 9 mai 2007 à 15h15

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Comptes-rendus de justice

Un jeune agent immobilier de 22 ans ayant mis le feu à une poubelle dans la nuit du 7 mai a été condamné à payer plus de deux mille euros.

15h15

Benjamin C. habite dans le 7e arrondissement de Lyon, il a 22 ans et est agent immobilier en CDI. Il est accusé d’avoir dégradé une poubelle par le feu dans la nuit du 7 au 8 mai 2007, ainsi que d’acte de rébellion. Son casier judiciaire comporte deux jugements. Il reconnaît les faits.

Les faits qui lui sont reprochés :

Dans la nuit du 7 au 8 mai 2007, les policiers sont informés que des personnes sont en train de mettre le feu à des poubelles.
L’interpellation a lieu le 8 mai à 1h45. L’individu est décrit comme ayant été violent lors de son interpellation, et que les policiers ont été obligés de faire état de la force.
Le juge : « j’essaie de comprendre pourquoi vous allez manifester ! »
Le prévenu explique qu’il n’était pas allé manifester, mais qu’il était avec des amis et qu’ils allaient rejoindre quelqu’un sur les pentes de la Croix-rousse. Il souligne qu’il n’y a pas eu préméditation, et qu’il n’avait ni bu ni consommé de substances illicites.

Le juge : « vous vous rendez compte de la dangerosité de votre acte, si la poubelle était près d’une voiture par exemple ! »
L’avocat de la défense « seriez-vous prêt à faire des TIG (travaux d’intérêts généraux) ? »
Le prévenu « oui ».

La partie civile :

La Courly demande 54,50 euros pour remplacer la poubelle.
Deux fonctionnaires de police portent plainte pour acte de rébellion, et ils demandent chacun 484 euros de dommages et intérêts.

Le procureur :

Comme l’a précisé son avocat, le prévenu a agi en toute lucidité, sans alcool ni substances illicites. Ce garçon a déjà fait l’objet de condamnation, c’est un délit caractérisé, et il ne faut pas oublier les actes de rébellion. De plus, il était en possession d’un briquet...
Déjà condamné et auteur de deux infractions, il faut préciser que lors de son interpellation le chien policier a dû être démuseler, des manifestants s’opposant à son arrestation... Il semblerait que les TIG ne soit pas une condamnation adaptée, car il a agi en toute conscience. Le procureur requiert 2 mois de prison ferme avec mandat de dépôt.

L’avocat de la défense :

C’est un garçon particulier, fils d’une famille dont les parents sont séparés. Il a du mal à vivre cette séparation, on sent dans ses actes une volonté de faire payer à ses parents. Il ne va pas vraiment manifester. Quand il est avec ses amis, ils vont fuir les événements. Ce n’est que plus tard que celui-ci aura ce comportement irrationnel qui le conduit à mettre le feu à cette poubelle.
L’avocat demande des TIG.

15h40

Délibération :

Le prévenu est reconnu coupable des faits qui lui sont reprochés. Il est condamné à 100 jours amendes à 10 €, ainsi qu’à 54,50 € de réparation à la Courly. De plus, il est condamné à 500€ de dommages et intérêts pour chacun des deux policiers.

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