Le collectif Hébergement en Danger fait le point sur la situation dramatique de l’accès et des conditions d’hébergement.

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Le collectif Hébergement en Danger est un collectif de travailleu-es-rs socia-les-ux de l’hébergement et de l’urgence sociale né en novembre 2018.
Ne pouvant plus organiser de réunions publiques à cause du contexte sanitaire, nous souhaitons partager avec vous quelques informations et réflexions que nous avons eu à propos de la situation de l’hébergement sur le département.


Le collectif Hébergement en Danger est un collectif de travailleu-es-rs socia-les-ux de l’hébergement et de l’urgence sociale né en novembre 2018.
Nous nous sommes réuni-e-s pour dénoncer les pratiques et décisions de l’État et des structures dans ce domaine.C’est autour de la suppression des places urgences et de la fin de la continuité et de l’inconditionnalité de l’hébergement que nous avons commencé à nous mobiliser.
Le Collectif Hébergement en Danger alerte les travailleu-es-rs socia-les-ux, les citoyen-ne-s et les financeurs quant à la situation dramatique de l’accès et des conditions d’hébergement.
Ne pouvant plus organiser de réunions publiques à cause du contexte sanitaire, nous souhaitons partager avec vous quelques informations et réflexions que nous avons eu à propos de la situation de l’hébergement sur le département.

En mars 2021, on compte plus de 9000 demandes d’hébergement sur le Rhône. Depuis 1 an, les délais d’accès à un hébergement ont augmenté, allant jusqu’à 5 ans pour certaines

Dans le cadre de la crise sanitaire en mars 2020, beaucoup de places ont été ouvertes.
La crise du COVID-19 nous a prouvé qu’un effort peut être fourni et que des places potentielles existent puisqu’elles apparaissent quand la sureté nationale est en cause. Cela est entendable en temps de crise, mais inadmissible quand le discours tenu depuis plusieurs années aux différents collectifs lyonnais est qu’il n’est pas possible de créer de nouvelles places d’hébergement.

Le prolongement des hébergements plan froid de l’année dernière et le plan "zéro remises à la rue" ont créé un effet de coupe-file :

  • Actuellement il faut passer par un dispositif de plan froid ou plan COVID pour accéder à un hébergement. Cela exclu toute une partie de la population : personnes isolées, familles avec enfant de plus de 3 ans ou sans vulnérabilité reconnue par la MVS.
  • L’incompréhensible priorisation des personnes ne permet plus de saisir comment fonctionne les attributions de places, rendant injuste toute l’organisation de ce système. "Premier arrivé, premier servi" dans un contexte de manque criant de place, était très lacunaire. A ce jour, obtenir une place en hébergement dépend d’une loterie dont personne ne comprend les règles.
  • La fermeture antérieure des places "urgences" par la DDCS ne permet plus à la MVS de respecter la loi d’inconditionnalité de l’hébergement.

Comme chaque hiver, nous avons assisté à la création d’une politique de l’hébergement de « crise », sur le même modèle que la politique du thermomètre.

  • L’hébergement précaire se normalise  : dans des bâtiments en transition, la date de fin d’hébergement et d’accompagnement est inconnue ; dans des bâtiments inutilisés, nuisibles, parasites, vieille construction rendent l’habitat insalubre.
  • Les financeurs mettent en concurrence les associations qui doivent se positionner sur des projets financiers à court terme : les équipes doivent réaliser de plus en plus vite des mises à l’abri, les contrats précaires se multiplient au service de projets à courte vue, les associations sont contraintes de délaisser leurs valeurs humanistes au profit de visions gestionnaires.
  • Un discours social ou un coup médiatique ? Les décideurs, au lieu de penser des politiques publiques cohérentes et transparentes, agissent en réaction à l’émotion du grand public.
  • Un accompagnement de qualité se fait dans la durée. Pour les familles sans droit ni titre, l’entrée par l’hébergement précaire de plan froid est la norme depuis de nombreuses années. Toutefois, avec la disparition des places d’urgence pérenne, cette précarité est la seule alternative


Ainsi, nous demandons :

  • Le respect de la loi sur l’inconditionnalité et la continuité de l’hébergement.
  • L’Ouverture de 10000 places d’hébergement qui correspondent à toutes les demandes d’hébergement dans le Rhône
  • La régularisation de tou-te-s les sans papiers
  • Des politiques publiques en matière de logement et d’hébergement cohérentes et sur le long terme.
  • L’inclusion des travailleu-es-rs socia-les-ux et des personnes à la rue et hébergées dans les prises de décisions .
  • Décideurs, arrêtez de vous entourer de chargés de communications entourez-vous de travailleu-es-rs socia-les-ux !
  • L’arrêt du système d’appel à projet qui met en concurrence les associations et qui génère une gestion de l’hébergement au rabais/low-cost

Nous vous enverrons régulièrement des nouvelles, n’hésitez pas à nous communiquer les informations qui vous parviennent, ainsi nous pourrons les relayer au plus grand nombre

Si vous souhaitez rejoindre le collectif ou partager un témoignage, faites nous signe à : collectifhebergementendanger[at]gmail.com

FB : Collectif Hébergement en Danger

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