Les transports tels qu’ils les décident... Les transports tels que nous les voulons...

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« Les transports tels qu’ils les décident... »

PRIVATISATION

La gestion des T.C.L déjà privée !

Le SYTRAL (composé d’élus de la COURLY et du conseil général), responsable des T.C.L, délègue la gestion du réseau à une entreprise privée : la S.L.T.C, filiale du groupe KÉOLIS.
Cette organisation des transports urbains et interurbains est majoritaire en France. Trois groupes se partagent ce marché fructueux : KÉOLIS (SNCF, BNP Paribas), Transdev (caisse des dépôts, RATP) Connex (Vivendi). Bientôt elle sera appliquée au transport ferroviaire. Par exemple, les Régions choisiront un délégataire pour gérer les TER.

Cette logique s’étend de plus en plus...

Les services publics sont démantelés au profit de la propriété privée. En effet, l’État et les collectivités ayant financés les infrastructures à gros investissements, les services publics sont devenus « rentables ». Ils sont devenus un potentiel de profits pour les groupes industriels, on peut donc les soumettre à la loi du marché. Cette privatisation entraîne une dégradation des conditions de travail et une qualité de service adapté à la richesse du client, par exemple : priorité des trains de marchandises sur les trains de passagers.
Pour nous habituer à cette privatisation on propage un nouveau vocabulaire, on véhicule de nouvelles valeurs. Ainsi les usagers deviennent des « clients ». Alors que l’usager est celui qui utilise un service dont il a besoin, le client est celui qui paye une marchandise. Plus il a d’argent, meilleure est la qualité du service ; et s’il n’a pas d’argent alors il ne peut pas utiliser le service. Ceci est contraire au principe d’égalité et montre qu’un service public « payant » est contradictoire avec le soit disant intérêt général.
Si la privatisation est une catastrophe pour les salariés et les usagers, elle nous oblige à réfléchir sur la notion de « service public ». On constate que les objectifs prétendus du service public n’ont jamais été atteints.

CONTRÔLE, EXCLUSION ET PRIVILEGE

Les dernières décisions du SYTRAL confirment la logique de privatisation : augmentation des tarifs et report d’un an de l’augmentation du versement transport des entreprises, or elles sont les premières à bénéficier des transports (Ne les utilise t-on pas pour le travail ou les courses ?). Une augmentation d’1 % de cette taxe permettrait de rendre l’accès aux T.C.L gratuit pour toutes et tous.

Scandaleuse campagne anti-fraude

Par une propagande agressive et mensongère, les responsables des T.C.L tentent de stigmatiser « les fraudeurs » en écartant le problème financier des chômeurs et précaires. Précisons que les patrons (y compris ceux des T.C.L !) ont déjà les transports gratuits avec entre autres leurs voitures de fonction. Cette campagne a pour objectif de justifier des dépenses faramineuses (beaucoup plus élevées que ce que rapporterait les fraudeurs s’ils payaient !) par plus de contrôles et de répression.

Fermeture du métro : un espace de liberté en moins !

Le SYTRAL projette de mettre des barrières à l’entrée du métro. Le coût de cette mesure est estimé de 30 à 40 millions d’euros (plus de 200 millions de francs !) ; bien sur payé par les contribuables. Quelle part représente cet investissement, plus la billetterie et les contrôles, dans le budget des T.C.L ? Le prix du ticket ne servirait t-il qu’à payer les contrôles ?

Montée à l’avant dans les bus : fini la simplicité

Outre le rôle de contrôleurs que l’on veut faire jouer aux chauffeurs avec les risques inérants à ce travail, cette décision serait difficilement applicable pour les poussettes les handicapés ou simplement aux heures de pointe !

« Les transports tels que nous les voulons... »

C’est un droit et une nécessité !

La liberté de se déplacer est fondamentale. Les transports sont théoriquement des services publics permettant à tout(e) de se déplacer pour son travail, ses loisirs, sa vie sociale. C’est de moins en moins le cas.

Repenser le service public

N’est-il pas urgent de redéfinir le service public ? Un service réellement collectif (à l’opposé de l’individualisme libéral) non soumis à la rentabilité. Un service financé collectivement, dont l’accès serait gratuit. Un service qui prendrait en compte tous les aspects de son rôle dans la société. Un service géré directement par les salariés et les usagers.

La garanti d’un vrai service public

Exiger la gratuité, c’est lutter pour la sauvegarde d’un droit solidaire, contre la marchandisation de nos vies. Un tel service ne peut pas être confié à une entreprise privée dont les intérêts (« faire du profit ») s’opposent à ceux des usagers et des salariés.

La gratuité aujourd’hui

La situation économique des plus démunis d’entre nous nécessite l’urgence de la gratuité pour les chômeurs et précaires. Mais cela ne suffit pas. Il faut exiger la gratuité des transports pour tous et toutes, l’arrêt immédiat des contrôles, l’annulation des amendes et la levée des poursuites judiciaires.

Qui paye les transports publics ?

En réalité nous payons la totalité du coût des transports. De manière individuelle comme usagers (le prix du ticket) et collectivement comme contribuables et travailleurs.
Pour les T.C.L par exemple, le prix du billet ne représente que 25 % du prix du transport.
Les 75 % restants (soit l’essentiel) sont payés :

  • par l’impôt (impôts locaux et nationaux, dont la T.V.A) sur la base d’un système fiscal particulièrement injuste (les bas revenus paient proportionnellement plus d’impôts que les riches),
  • par la « taxe sur les transports », c’est-à-dire en fait une partie de la richesse sociale produite par les salariés dans les entreprises ou les services, et qui est utilisée (sous contrôle patronal) pour assurer une partie de leur transport.
    Donc le financement peut être totalement collectif. Outre la disparition du coût des contrôles et de la billetterie, la part payée par les usagers peut l’être par les profits des entreprises.

Accès libre et gratuit : un rêve ?

Hasselt, Belgique (70 000 hb), Compiègne - Oise (30 000 hb.), Issoudun - Indre (18 000 hb.) Vitré - llle-et-Vilaine (16 000 hb.), l’appliquent déjà. D’autres l’ont déjà mis en place pour les chômeurs et précaires : la région Midi -Pyrénées, Caen, Quimper, Besançon...

Et l’environnement ?

Le bénéfice du développement des Transports Publics libres et gratuits d’accès ?
Plus d’usagers, moins de voitures, moins de pollution, moins de maladies respiratoires, moins d’accidents de la route...

Une gestion démocratique

Un vrai Service Public, c’est répondre d’abord aux besoins démocratiquement décidés (et non aux « magouilles » des constructeurs de TÉO et de parkings en centre ville). C’est imposer une gestion dégagée des pressions politiciennes et de rentabilité financière. C’est assurer le pouvoir de gestion directe des usagers et des salariés concernés. C’est un choix de société solidaire.

P.-S.

- Prochaine assemblée générale des usagers : le Jeudi 28 2002 mars à 19 h 30 au local d’AC !
- également : Occupation de lignes le samedi 13 avril 2002...

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