Pride de nuit en non mixité queer trans pédés biEs gouines intersexes travailleur-euse-s du sexe, le vendredi 15 juin

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Le vendredi 15 juin à partir de 21 h : FièrEs d’être déviantEs, d’être la honte de la nation, nous continuerons de danser, de vivre sans baisser la tête, mais nous riposterons tant qu’il le faudra. On luttera jusqu’au bout pour l’émancipation de tous*tes les personnes dans une logique d’imbrication des oppressions.

  • Vous avez pas lu le communiqué de la pride de nuit ? Le voilà en vidéo/audio !

Pourquoi une PRDE de nuit ?

A l’heure où nous écrivons ce communiqué, notre camarade Moussa, militant à AIDES d’origine guinéenne, contraint de quitter son pays en raison de son orientation sexuelle, se trouve en détention provisoire.
Pourquoi ? Le chef d’accusation évoque son refus d’embarquer à deux reprises pour retourner dans son pays d’origine où il risque la mort ou l’emprisonnement. Le 12 juin, son procès aura lieu et il risque l’expulsion et/ou la prison. En France, l’homosexualité n’est officiellement plus illicite ni illégale depuis 1982, pourtant, Moussa est traité comme un criminel parce qu’il est homosexuel, noir, et sans papier.
Cette situation, comme tant d’autres, est une illustration des politiques racistes et néo-libérales de merde.

A l’occasion de cette deuxième Pride de nuit à Lyon, nous réaffirmons notre positionnement radicalement politique et revendicatif, et voulons créer un nouvel espace de lutte.
Pour autant, nous ne nous opposons pas à la Pride officielle, que nous appelons à rejoindre le lendemain, puisqu’elle couvre un large champ de luttes non-hétérosexuelles, et qu’elle reste un moment festif et politique nécessaire surtout dans une ville rétrograde et bourgeoise comme Lyon.

Cependant, nous considérons que seule une Pride de Nuit autonome et en non-mixité permettra d’envoyer un message sans concession contre la marchandisation et l’instrumentalisation de nos luttes : nous refusons de servir de vernis friendly au fascisme d’état et à la violence néo-libérale. La Pride de Nuit n’est pas une gay pride » avec comme porte-paroles des élites nationalistes, macronistes, blanches et bourgeoises. Nos fiertés ne sont ni patronales, ni nationales ! Nous ne voulons ni de la Marseillaise, ni des chars capitalistes ou d’un certain syndicalisme vendu (comme la CFDT...), ni des flics ni du FLAG (asso des keufs LGBT).

Nous voulons une marche à notre image de non-conformes et contestataires, héritière des émeutes de Stonewall (épisode de soulèvement populaire et d’auto-défense politique contre les forces armées de l’Etat policier et raciste). Nous revendiquons cette Pride de nuit comme un espace de solidarité entre les luttes, pour l’émancipation de tous*tes, car nous sommes :

Féministes, nous luttons pour notre droit à tous*tes à disposer de nos corps. Nous revendiquons l’avortement libre et gratuit, la PMA pour tous*tes ainsi que la GPA, la fin des mutilations des personnes intersexes et que cesse la répression contre les travailleur*ses du sexe.
STOP à la banalisation des violences faites aux personnes assignées et/ou identifiées comme femmes.
Le viol est un crime. Le 16 mai 2018, l’assemblée nationale a voté une loi qui considère notamment le viol de mineur*es sans contrainte, menace ni surprise comme une simple"atteinte sexuelle avec pénétration" jugée comme un délit en correctionnel et non comme un crime qui doit être jugé aux assises. Les mots sont importants ! Cette reformulation à l’initiative du gouvernement Macron, qui a diminué le budget alloué à la lutte contre les violences sexuelles, piétine l’idée de consentement déjà trop peu présente dans notre société, renforce la culture du viol.
Que les femmes soient trop couvertes ou pas assez, c’est à elles d’en décider ! Le corps des femmes blanches autant que celui des femmes non-blanches ne vous appartient pas, elles en sont les seules détentrices.

Antiracistes, nous en avons assez du racisme d’Etat, de la discrimination liée au logement et à l’embauche, des difficultés de vie dans l’enseignement supérieur pour les personnes issues des quartiers populaires, de l’enseignement de l’histoire raciste qui oublie nos mémoires et écrase nos histoires, de la loi ORE sur la sélection qui méprise notre avenir, du profilage racial/contrôle au faciès raciste, dont nous avons été témoins notamment à la précédente Pride de Nuit et dont nous personnes racisées, non-blanches, sommes les principales cibles.
Il y a en a assez des violences policières et de ses morts qui ne cessent d’augmenter depuis des années, Zyed, ’Bouna, Theo et Adama, on n’oublie pas, on pardonne pas.
On en a marre que l’on nous fasse sentir qu’ici n’est pas notre maison. Tant que nos corps grinceront encore, on vous rappellera sans cesse qu’il n’y aura pas de retour au pays, qu’ici c’est CHEZ NOUS.

Anticolonialistes, nous en avons assez du traitement vis-à-vis des personnes migrantes, assez de ce Collomb qui veut nous faire croire qu’il y aurait de « bons » et de « mauvais » migrant*es, assez de cette complaisance face aux milices et groupes d’extrême droite qui sont libres de leurs mouvement quand il s’agit de barrer la route, agresser ou tuer. Assez des politiques néocoloniales en France comme à l’étranger, de l’exotisation des corps des personnes non-blanches dans la communauté LGBTI comme de leur déshumanisation, de l’instrumentalisation de nos vies à des fins racistes : homonationalisme ou pinkwashing, on n’en veut pas ! Les migrant*es sont ici les bienvenu*es, n’en déplaise à votre inhumaine envie d’écraser leurs vies. La libre-circulation des flux, des personnes, n’est pas uniquement valable lorsqu’il s’agit de faire rouler la machine capitaliste.

Anticapitalistes, nous combattons le gaycorporate, le consumérisme, les politiques antisociales qui aggravant la pauvreté et la précarisation, contribuent à l’isolement et à la vulnérabilité des plus fragiles d’entre nous, notamment les personnes trans, racisé*es, travailleur*ses du sexe, personnes en situation de handicap, séropositives, neuroatypiques, les privant de l’accès aux droits, au logement, au travail et à des soins décents.
Nous refusons une gentrification de nos luttes, prête à jouer la caution d’un libéralisme économique dégueulasse.
Nos luttes antiracistes, trans pédé*es bi*es gouines intersexes, queer, féministes, ne sont pas des luttes secondaires ou parallèles à la lutte anticapitaliste, nous pensons lutte globale. Nous pensons imbrication des oppressions. Nous pensons luttes intersectionnelles.

Enfin en tant que personnes queer, nous dénonçons évidemment les injonctions à l’hétéronormativité et à la norme cisgenre, les catégories binaires et la queerphobie qui excluent, poussent des jeunes comme des personnes agées à la rue ou au suicide.
On en peut plus de ces discours stigmatisants et haineux, qui sont partout dans la rue, à l’Ecole, chez les psy, les médecins, en prisons, dans les médias, les livres d’histoire... et dans les
quartiers chics aussi !
La Manif « pour tous » (lol) est descendu dans la rue professer des insultes contre nous, s’insurger contre un peu de sensibilisation aux stéréotypes de Genre, alors que le cardinal Barbarin (pour ne citer que lui) ferme sa gueule depuis des années sur des actes avérés de pédophilie commis par ses subalternes. On n’en peut plus des violences spécifiques subies par les personnes queers. Et lorsqu’on apprend, encore, que même dans des fêtes que l’on croyait les nôtres, un copain a été tabassé pour avoir défendu un espace non-mixte, que les agressions continuent de se multiplier, que les viols continuent, encore et toujours, notre rage n’en est que plus grande.
Non seulement nous continuerons de danser, de vivre sans baisser la tête, mais nous riposterons tant qu’il le faudra. On luttera jusqu’au bout pour l’émancipation de tous*tes les personnes dans une logique d’imbrication des oppressions.

Nous vous invitons donc à diverger, à se montrer, crier, danser avec nous le vendredi 15 juin.

Pourquoi une pride de nuit en mixité choisie ?
Trans, pédé*es, bi*es, gouines, non-binaires, intersexes, butch, folles, sorcières, camionneuses, salopes, pédales, nous revendiquons de « faire du tort » aux luttes institutionnelles qui ne nous ressemblent pas.
Nos vies, nos désirs, nos choix ne rentrent pas dans vos catégories, ne se laisseront pas mater.
Nous ne sommes ni capitalisables, ni gouvernables !
Pourquoi nous voulons que cette Pride de nuit soit en mixité choisie entre personnes Queers ?
Parce qu’il nous est important de reprendre la rue, la nuit,
ensemble, rien que nous.
Parce qu’au vu des récentes – mais permanentes – agressions transphobes, homophobes, sexistes et racistes, on veut montrer à toute la ville à quel point on est fortEs et nombrEuses.
Parce que nous sommes trop souvent silencié*es ou invisibilisé*es, et que nous voulons récupérer la narration de nos vies.
Parce que dans ce but la non-mixité est un outil nécessaire, et qu’on a très peu d’espace pour se rencontrer et se revendiquer.
Nos allié*es féministes et autres non-conformes comprendront, et on sera content*es. de les retrouver dès le lendemain pour un cortège radicalement flamboyant et mixte lors de la Pride de jour !

- pour que cette Pride de nuit soit réellement accessible et belle et vénère pour toutes les personnes concernées, aux personnes en situation de handicap qui veulent participer : on réfléchit déjà comment rendre cette manifestation la plus accessible possible, mais n’hésitez pas à nous contacter (message privé aux organisateurices de l’évènement, par exemple) pour nous dire vos besoins spécifiques, nous alerter sur des choses que nous n’aurions pas encore pris en compte -"

#PrideDeNuit #Lyon #Queer #DéviantEs #BashBack #FièrEs #VénèrEs #DétèrEs"

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P.-S.

Liste des premiers signataires : ⚡
les méduses, collectif des raciné-e-s, chrysalide, Frisse asso, couvent des 69 gaules de l’ordre intrenational des soeurs de la perpétuelle indulgence, les salopettes, la GALE, LGBT de Lyon 2, association Impact, Arcensiel, les sampianes, asso démineurs, on n’est pas des cadeaux, médic’action, Alyon-nous, unité communiste de Lyon, et d’autres en attente !

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