Site collaboratif d’infos alternatives

Projection-Débat : La Réunion des années 1960-1970, émigration, déportation, contrôle des naissances

Sur le Bumidom, l’affaire des “Enfants de la Creuse”, et les avortements et stérilisations pratiqués sur des femmes réunionnaises sans leur consentement. Avec la présence de : Michael Gence, Jean-Charles Pitou, Françoise Vergès. Le 20 mai 2017 14h, à l’Université Lyon 2 (campus BDR), au “Grand Amphi”. Entrée gratuite.

- Projection du film Rassine Monmon, Papa : Tome 1, ce passé qui ne passe pas

en présence du réalisateur Michael Gence
1963, le tout jeune département français de la Réunion atteint les 400 000 habitants,
dont la moitié a moins de 20 ans. 1963, encore, Michel Debré (ancien 1er ministre de DeGaulle) devient député de La Réunion et entame une politique démographique qui va du contrôle des naissances à « l’exportation » en France d’un grand nombre de jeunes réunionnais, voire des enfants, se servant d’institutions telles que l’armée, la fonction publique et les organismes sociaux. Pour cela, il crée le Bureau pour le développement des migrations intéressant les départements d’outre-mer (le Bumidom).
Je suis allé à la rencontre de plusieurs de ces migrants qui, comme mes parents, ont franchi l’océan sous l’impulsion de l’état français. Ce 1er tome pose le contexte dans lequel mes parents ont « désoté la mer » pour un aller sans retour pour l’hexagone, à la fin des années 60.
L’histoire de toute une jeunesse réunionnaise déboussolée, à qui on a séché tout espoir de développement au pays natal, vécue comme une promotion sociale, pour quelques uns, et pour de nombreux autres, comme un exil.
En savoir plus sur le film : https://rassinemonmonpapa.jimdo.com/

- Présentation de l’association Génération brisée

par son président Jean-Charles Pitou
Entre 1963 et 1982, plus de 2150 enfants réunionnais furent déportés en France hexagonale, dans des départements à repeupler comme la Creuse, le Cantal, le Gers… Cette affaire est plus généralement connue sous le nom des “Enfants de la Creuse”. Le 18 février 2014, après plusieurs années de combat judiciaire des victimes pour faire reconnaître ce crime, une résolution mémorielle est votée à l’Assemblée Nationale reconnaissant la responsabilité de l’État français dans ce drame. L’association Génération brisée est l’une des associations qui ont permis de faire sortir cette affaire de l’ombre.

- Présentation du livre Le ventre des femmes

par Françoise Vergès
Introduction par Véronique Corinus, Maîtresse de conférences en littératures francophones (Antilles et Afrique Subsaharienne) - Laboratoire Passages XX-XXI
Dans les années 1960-1970, l’État français encourage l’avortement et la contraception dans les départements d’outre-mer alors même qu’il les interdit et les criminalise en France métropolitaine.
Comment expliquer de telles disparités ? Partant du cas emblématique de La Réunion où, en juin 1970, des milliers d’avortements et de stérilisations sans consentement pratiqués par des médecins blancs sont rendus publics, Françoise Vergès retrace la politique de gestion du ventre des femmes, stigmatisées en raison de la couleur de leur peau.
Dès 1945, invoquant la « surpopulation » de ses anciennes colonies, l’État français prône le contrôle des naissances et l’organisation de l’émigration ; une politique qui le conduit à reconfigurer à plusieurs reprises l’espace de la République, provoquant un repli progressif sur l’Hexagone au détriment des outre-mer, où les abus se multiplient.
Françoise Vergès s’interroge sur les causes et les conséquences de ces reconfigurations et sur la marginalisation de la question raciale et coloniale par les mouvements féministes actifs en métropole, en particulier le MLF. En s’appuyant sur les notions de genre, de race, de classe dans une ère postcoloniale, l’auteure entend faire la lumière sur l’histoire mutilée de ces femmes, héritée d’un système esclavagiste, colonialiste et capitaliste encore largement ignoré aujourd’hui.

- Table ronde et débat

Échange entre les intervenant.es, pour parler de cette période et du contexte de l’époque à la Réunion, suivi d’un débat avec le public.
N’oubliez pas de vous inscrire afin de participer à cet événement : inscription.chaire.eid@gmail.com

Proposer un complément d'info

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Publiez !

Comment publier sur Rebellyon.info?

Rebellyon.info n’est pas un collectif de rédaction, c’est un outil qui permet la publication d’articles que vous proposez. La proposition d’article se fait à travers l’interface privée du site. Quelques infos rapides pour comprendre comment être publié !
Si vous rencontrez le moindre problème, n’hésitez pas à nous le faire savoir
via le mail contact [at] rebellyon.info

Derniers articles de la thématique « Migrations - sans-papiers » :

Accueil des exilés dans la Vallée de la Roya : appel à dons

L’agriculteur Cédric Herrou accueille depuis plus d’un an des exilés qui traversent la frontière franco-italienne, leur proposant un peu de répit et d’aide. En prévision de l’hiver, il lance un appel à don pour construire des cabanes en bois et des structures sanitaires sur son...

> Tous les articles "Migrations - sans-papiers"

Derniers articles de la thématique « Mémoire » :

Guillotière Format A6

En Mars 2011, « La petite biennale des possibles » est organisée au cœur du quartier de la Guillotière. Prenant pour fil conducteur l’organisation de cet événement, le documentaire « Guillotière Format A6 » porte un regard critique sur les transformations en cours dans ce quartier du centre-ville...

12 août 1883 : sortie du "Drapeau noir" à Lyon

« C’est sur les hauteurs de la ville de la Croix-Rousse et à Vaise que les travailleurs, poussés par la faim, arborèrent, pour la première fois ce signe de deuil et de vengeance, et en firent ainsi l’emblème des revendications sociales. » Extrait du n°1 du journal “Le Drapeau noir” paru à Lyon le 12...

Salut Charlie ! Ceux qui vivent sont ceux qui luttent

Charlie Bauer a cassé sa pipe dimanche 7 août 2011. Fait chier. Un petit docu, "Charlie Bauer, Marathonien de l’Espoir" lui avait été consacré il y a quelques années, l’occasion de revenir sur son parcours entre banditisme et révolution. Repose en Guerre Camarade...

> Tous les articles "Mémoire"