Les flics dans la FAC : que s’est-il passé le 5 février sur le campus de Bron ?

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Bron - Vinatier zbeul hiver 2018/2019

Mardi 5 Février 2019, Les étudiants mobilisés répondent à l’appel à la grève générale par une tentative de blocus à l’université Lyon 2 campus Bron et quais.
La présidence fait appel aux forces de l’ordre : La mobilisation étudiante connait un nouveau niveau de répression !

En réaction à l’appel du 5 février à la grève générale, les étudiant·es mobilisé·es de l’université de Lyon ont tenté de bloquer le campus de Bron et celui des Quais.

Les raisons données POUR le blocus !

La banalisation des cours pour permettre la mobilisation des étudiant·e·s a été demandée à de nombreuses reprises depuis le début du mouvement. Elle a été refusée par la présidence sans contre-proposition, nous contraignant à imposer le blocus.

Déroulé de la tentative de blocus :

- 6h : Arrivée des étudiant·e·s mobilisé·e·s sur les campus, les étudiant·e·s commencent le blocage.
- 6h50 : Les forces de l’ordre arrivent. 2 voitures de la police nationale, 3 camions de la Compagnie Départementale d’Intervention, 1 voiture de la police municipale (qui restera en ronde autour des lieux)
- 7h30  : Une dizaine de personnes forment une chaîne humaine pour empêcher le déblocage qui finalement ne tient pas. Une rangée de C. D. I. se forme alors devant les portes pour ouvrir aux membres de l’université avec tout le matériel répressif nécessaire.

La porte du tram à côté de la cafétéria est débloquée, le blocus fini par tomber complètement.

Les étudiant·e·s mobilisé·e·s restent sur les lieux et appellent les étudiant·e·s à ne pas entrer sur le campus. Les raisons du blocus et les horaires des mobilisations de la journée, le refus de continuer les cours avec une présence policière sont scandés avec un mégaphone.
S’ensuit un temps d’hésitation de la part des étudiant·e·s et des professeur·e·s lié à l’entrée à travers un cordon des forces de l’ordre, et aux discours des étudiant·e·s mobilisé·e·s.

9h30 : Nouvelle tentative de blocus de la part de certain·e·s étudiant·e·s, très vite contrée par une nouvelle arrivée des forces de l’ordre, certain·e·s étudiant·e·s mobilisé·e·s sont coursé·e·s à travers le campus par les forces de l’ordre avec le concours de la sécurité et sont contraint·e·s de se cacher. Alors planqué·e·s, iels entendent : « (iels) ne doivent pas être très loin ». Iels réussissent à quitter le campus. Il n’y a pas d’interpellation sur les lieux.

- 10h30 : un cortège étudiant est maintenu dans la manifestation syndicale.

Changement dans la posture de la Présidence :

La présidence a tenu et tient un discours flou, qui se veut en soutient avec les mobilisations et qui est plus ou moins affirmé, ce qui lui a permis et lui permet de ne pas avoir une opposition franche des étudiant·e·s, ni d’être rappelée à l’ordre par les institutions qui selon sa défense mettent pression sur l’université. La présidence se dit solidaire avec les causes défendues, elle se dit être dans une volonté de discussion et accuse les étudiants de ne pas le permettre. Ses prises de position « légères » contre la hausse des frais d’inscription, son refus de bloc de négocier avec les étudiant·e·s (exemple des banalisations de cours), leS appelS des forces de l’ordre lors des mobilisations et leS embaucheS des agents de sécurité privés affichent clairement son double jeu qui est dangereux pour la sécurité même des étudiants et qui casse tout mouvement possible et nécessaire dans la défense d’une université populaire, gratuite et ouverte sur le monde.

Dans une période de crise profonde et mondiale, avec un gouvernement arrogant et violent qui porte des politiques racistes, qui ne correspond en rien au principe d’égalité et encore moins de fraternité ; l’université se doit d’être un espace de contre-propositions fort. La responsabilité de la présidence se disant porter des valeurs sociales est d’autant plus grande ! Et son attitude est inadmissible et doit être contrée.


Petite note de fin :

Depuis mardi, une dizaine d’agents de la sécurité de la compagnie d’entreprise privée de sécurité HSP sont postés sur le campus, et font des rondes. La régularité de l’embauche d’entreprises privées questionne sur l’impossibilité de débloquer des fonds pour payer ses propres professeur·e·s vacataires, qui sont dans des conditions d’embauche précaires !

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Communiqué de Solidaire étudiant-e-s :

« Depuis plusieurs mois, des étudiant.e.s organisent une mobilisation pour lutter contre les réformes de casse de l’université : Bienvenue en France et hausse des frais d’inscription pour les étudiant.e.s étranger.ère.s – mais bientôt généralisée à tous-tes les étudiant-es -, mise en place de la sélection pour l’ensemble des filières, ou encore l’arrêté Licence qui prévoit la fin des compensations entre les semestres puis entre les UE, la fin du cadrage national des diplômes et des licences « à la carte » en deux, trois ou quatre ans, la fin des rattrapages, conduisant à faire de l’université une institution élitiste et fermée aux classes populaires.

Dans ce cadre, il a été décidé en Assemblée Générale le 30 Janvier d’organiser un blocage du campus de Lyon 2 Bron ce Mardi 5 Février. L’objectif était alors de permettre à d’autres étudiant.e.s qui pouvaient être soumis.e.s à des contraintes de bourses ou de cours en présentiel, de se rendre à la manifestation interprofessionnelle du jour-même. Alors que l’action se déroulait sans tensions marquantes, la présidence a fait le choix d’envoyer la police contre ses étudiant-es pour débloquer la fac.

Il est important de noter que sans l’accord explicite et directe de la présidence, accord confirmé par un vice-président, une intervention n’aurait pas été possible et qu’il s’agit donc d’une prise de position claire et assumée contre la mobilisation. Or, la présidence avait justement pris ses fonctions sur l’idée même de ne plus envoyer la police réprimer les manifestant.e.s étudiant.e.s, une position qui avait déjà été abandonnée une première fois l’année passée et qui a été à nouveau trahie. De plus, la présidence a décidé d’employer des agents de sécurité privées qui sont postés à l’entrée de la fac depuis ce Mercredi 6 Février, alors que paradoxalement, de nombreux.ses vacataires ne sont toujours pas payer.

Malgré la répression qui a sans nul doute réduit les capacités de mobilisation, nous étions plusieurs centaines pour composer un cortège déterminé et motivé et qui a su se faire entendre dans la manifestation. La répression ne nous arrêtera pas ! Nous continuerons à lutter contre ces réformes, contre la casse du service public, et pour une université publique, gratuite, critique, ouverte à toutes et tous ! »


Communiqué des vacataires et non-titulaires de l’Université Lyon 2 [c’est-à-dire : les charg.és de TD précarisé.e.s de l’université]

Afin de permettre aux étudiant.e.s de se mobiliser en ce jour de manifestation nationale [mardi 5 février 2019], l’Assemblée générale de Lyon 2 avait appelé à un blocage du campus de Bron à partir de lundi. Tôt ce matin-là, un groupe s’est rassemblé à l’entrée principale, formant une chaîne humaine. La présidence de l’Université a alors immédiatement sollicité la police afin de débloquer l’entrée sans la moindre tentative de dialogue avec les mobilisé.e.s.
Depuis plusieurs semaines, voire plusieurs mois, les mouvements sociaux se multiplient : gilets jaunes, mouvements étudiants contre la sélection à l’Université et contre l’augmentation des frais d’inscription des étudiant.e.s étranger.e.s extra-communautaires, mouvement lycéen contre Parcoursup et le SNU, etc.
Ces mouvements connaissent actuellement une très forte répression policière, si bien que l’on ne compte plus les manifestant.e.s éborgné.e.s, blessé.e.s et mutilé.e.s.

Aujourd’hui, la présidence de l’Université Lumière Lyon 2 n’a, une fois de plus, pas trouvé d’autre forme de "dialogue" avec les étudiant.e.s mobilisé.e.s que la répression policière.
Elle se fait ainsi le relais des dérives répressives et autoritaires du pouvoir en place.
Nous, enseignant.e.s et personnel de Lyon 2, condamnons fermement la politique répressive dont fait preuve l’équipe présidentielle depuis plus d’un an. Menaces d’interventions policières sur les migrant.e.s de l’amphi C, violences policières ayant entrainées des blessures, contrôles d’identités et arrestations à chaque mouvement social sur le campus sont des pratiques qui ne doivent en aucun cas se banaliser. Participant en interne à ces luttes, nous constatons la disproportion et la violence de la répression qui met en danger les étudiant.e.s mobilisé.e.s sous couvert d’une pseudo volonté de dialogue.

Par ailleurs, il semblerait que les coupes budgetaires, fréquemment évoquées pour justifier nos conditions déplorables de travail (pas de contrat de travail, pas de paiement avant la fin des semestres, obligation de payer des frais d’inscription à son employeur) ne concernent pas les compagnies de sécurité privées, payées à prix d’or (une centaine de millier d’euros) pour empêcher les étudiant.e.s de s’organiser. Nous exigeons que ces sommes soient allouées à l’embauche de personnel et à la dé-précarisation de celui-çi afin d’assurer aux usager.e.s de l’université de bonnes conditions d’études et de travail.

L’université n’est pas coupée du monde, bien au contraire : elle subit de plein fouet les politiques néolibérales et, avec elles, ses salarié.e.s et étudiant.e.s dont les conditions d’études ne font que se dégrader d’année en année.
Ainsi, elle est directement concernée par les luttes sociales et il est impératif que les étudiant.e.s puissent se mobiliser en son sein sans craindre de répression policière et judiciaire.
Nous dénonçons la banalisation de ces pratiques et resterons vigilant.e.s à ce que l’université puisse demeurer un espace de mobilisation pour celles et ceux qui se battent pour défendre des valeurs de solidarité et d’accessibilité aux études pour toutes et tous.

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