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Tour Incity : après le Crayon, la « bite à Collomb »

3 compléments

Après l’OL LAND et le musée des Confluences, l’urbanisme mégalomaniaque s’impose au cœur de Lyon. Cette fois de manière particulièrement grotesque. La tour du Crédit Lyonnais, on l’a appelée "Crayon". Quel nom pourrait-on donner à celle-ci ?

L’objet est énorme, visible de toute la ville. Ça tombe bien, c’est ce que les notables voulaient nous imposer. Le 21 juin, un hélicoptère a déposé un immense pic sur le nouveau gratte-ciel qui barre le ciel lyonnais. L’utilité ? Aucune. La raison, alors ? L’égo des dirigeants lyonnais. Grâce à ce stratagème, risible et visible comme le nez au milieu d’une figure, l’immeuble Incity devient la 3e tour la plus haute de France. Na !

Gérard Collomb s’en est immédiatement et bruyamment félicité.

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En effet, sans cette protubérance longue comme une piscine olympique, non prévue au départ, le nouveau gratte-ciel n’aurait mesuré "que" 180 m. Le gratte-ciel aurait alors été classé que 8e bâtiment le plus haut de France (sans compter les réacteurs nucléaires, les émetteurs ou la tour Eiffel). Pas assez pour briller au firmament des nouveaux pharaons bâtisseurs.

D’une seule voix, « Le Progrès » et toute la presse lyonnaise ont vite repris la com’ de notre incontournable cumulard local pour vendre le minable subterfuge.

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Seul Lyon Première s’est fait l’écho des critiques des habitant·es du quartier. Les victimes directes des géants de l’immobilier alliés au maire de Lyon rappellent ainsi « l’absence totale de considération des populations concernées par ces projets ». Bien loin de ces bas reproches, Collomb se félicite d’avoir « redessiné "le" skyline » de l’agglomération (le paysage). Il l’aurait même « adapté aux montagnes des Alpes » qu’on distingue aux beaux jours ! Rien que ça.

Reste pour les Lyonnais·es à trouver un nom à la mesure de la laideur de l’objet. Petit rappel : la tour du Crédit Lyonnais, les habitant·es l’ont appelée "Crayon" à cause de la pyramide à son sommet. Alors quel petit nom donner à celle-ci ? Le cure-dent ? L’allumette ? Le wrap ? Le pic ? Le narval ? La licorne ? Le dard ? A la vue de ce ridicule concours de parties génitales, face à cette nouvelle manifestation de petit virilisme de notable de province, le seul nom qui nous vienne à l’esprit, c’est bien la bite à Collomb.

En attendant, comme la colonne Vendôme en d’autres temps, qu’une pétition ou une insurrection vienne la déboulonner.

P.-S.

Note : un livre récemment paru aborde notamment la plaie des gratte-ciel : « Désastres urbains. Les villes meurent aussi », de Thierry Paquot. Extrait :

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« Si le gratte-ciel fut un symbole de la modernité, il se révèle à présent désuet et s’apparente à une sorte de rituel pour arrêter le temps et l’immobiliser dans un « âge d’or » du capitalisme sans contrainte énergétique ni environnementale. Il appartient à une autre époque et ce n’est certes pas un hasard si ce sont les pays du Golfe, l’Asie et la Russie qui s’en entichent, telle une revanche sur les pays qui les ont longtemps dominés et humiliés. Aux Etats-Unis ou dans la vieille Europe, leurs partisans sont de moins en moins nombreux, et c’est souvent par le biais des « partenariats public-privé » (« PPP ») qu’ils réussissent à en monter le financement. Une enquête systématique serait à mener sur ces « partenariats » pour savoir qui y gagne. »
« [ …] le gratte-ciel est énergivore et seule une société riche, et prête au gaspillage, en a les moyens. Au-delà, le problème se pose du recyclage et du démontage des gratte-ciel après usure et obsolescence. Est-ce même possible ? A quel prix ? Ces structures insensées deviendront comme des blockaus dérisoires qui encombreront nos villes… ».

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  • Le 30 juillet 2015 à 21:48, par José

    On s’est beaucoup gaussé des supposées talonnettes de l’ex-président, on découvre ici leur équivalent architectural

  • Le 1er juillet 2015 à 18:32, par un contributeur de rebellyon.info

    En réponse à @1er juillet 18:07

    Il me semble que le titre se comprend avec les dernières phrases de l’article :

    A la vue de ce ridicule concours de parties génitales, face à cette nouvelle manifestation de petit virilisme de notable de province, le seul nom qui nous vienne à l’esprit, c’est bien la bite à Collomb.

    Je ne vois pas en quoi le titre est affligeant et dérangeant puisque justement il sert ici à fustiger le "virilisme de notable de province". Si ce n’est pas un concours ridicule de "qui a la plus longue", de quoi s’agit-il ? Il s’agit juste de montrer, derrière les mots de la communication, le fond de l’affaire (qui sonne beaucoup moins bien, avouons-le).

    Je précise au passage que je ne suis pas l’auteur de l’article, je ne sais pas s’il ou elle souhaitera répondre (Rappel : la rédaction des articles de rebellyon.info est ouvert à tou-te-s).

  • Le 1er juillet 2015 à 18:07, par

    Salut,

    Autant je trouve l’article intéressant car cela ne sera pas la dernière tour à voir le jour sous le règne Collomb ; autant je trouve le titre de l’article affligeant, vulgaire et dérangeant sur un site tel que Rebellyon.

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