Appel de la coordination nationale de Tours

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Novembre2007-...(LRU et retraites) 3 compléments

Ce week-end, 200 étudiants représentants 64 universités et 3 IUT se sont réunis à Tours pour discuter de la suite du mouvement. Voici l’appel qui en est sorti.

Le mouvement étudiant continue de grandir : 28 universités sont bloquées, et de plus en plus d’universités sont touchées par le mouvement. Des interventions policières et des arrestations arbitraires ont eu lieu dans plusieurs villes cette semaine. Nous les condamnons fermement. Mais Sarkozy et les présidents d’université pourront envoyer la police et la gendarmerie tant qu’il veulent contre nous, cela ne nous empêchera pas de nous mobiliser.

Nous continuerons la grève jusqu’au retrait de la loi Pécresse parce qu’elle signifie la privatisation de l’enseignement supérieur. L’introduction de financements privés va renforcer les inégalités entre universités et filières et va permettre une mainmise du patronat sur le contenu des formations. L’université n’est pas responsable du chômage, et adapter l’université aux exigences du « monde du travail » ne rapprochera pas les étudiant-e-s de l’emploi : la professionnalisation est au contraire le plus court chemin vers la déqualification et vers la précarité. Nous refusons également l’instauration d’une pré-sélection à l’entrée de l’université.

Pour les présidents d’universités, c’est également la possibilité de recruter des personnels en dehors du statut de la fonction publique, et de gérer la carrière de ces derniers. Nous refusons catégoriquement la généralisation de la concurrence et de la précarité pour les personnels, ainsi que le renforcement des pouvoirs des présidences et du patronat au sein des Conseils d’ Administration.

Cette réforme n’est ni amendable, ni négociable, que ce soit sur un plan local ou national. Si nous nous battons pour l’abrogation de la LRU, c’est parce que nous nous battons pour le droit à l’éducation pour tous. Exiger l’abrogation implique donc de lutter pour une augmentation massive du budget de l’enseignement supérieur, pour une augmentation massive des aides sociales, pour de vrais diplômes nationaux reconnus dans les conventions collectives, pour l’égalité entre Françai-e-s et Etranger-e-s dans l’accès aux études.

La journée du 14 novembre montre que la contestation sociale s’amplifie. La grève des cheminots et de la RATP est partie pour durer. Les cheminots, les salariés de la RATP et d’EDF-GDF ont raison de lutter sur la question des retraites. Nous aussi, étudiant-e-s, sommes concernés, car le gouvernement et le MEDEF veulent augmenter la durée de cotisation de l’ensemble des salarié-e-s, à 41 voire 45 ans. Parce que nous ne voulons pas perdre notre vie à la gagner, nous soutenons le mot d’ordre de 37,5 annuités de cotisations pour tous aux côté des cheminots et des salarié-e-s d’EDF, de GDF, de la RATP...

Les salarié-e-s de la fonction publique ont tout autant raison de se mettre en grève contre le démantèlement des services publics, contre les 22 000 suppressions de postes, qui dégradent notamment les conditions d’études des lycéen-ne-s, et pour l’augmentation des salaires. C’est d’embauches dans les services publics dont nous avons besoin : dans les universités mais également dans les écoles, dans les hôpitaux. C’est pourquoi nous soutenons les revendications des salarié-e-s du public : pour des embauches massives, pour la défense des services publics et l’augmentation des salaires.

Suspendre les cours est le seul moyen pour que tous les étudiant-e-s, notamment les boursiers, puissent se réunir et décider ensemble de se mobiliser. Sans blocage, les étudiant-e-s ne disposent pas réellement de droit de grève. Face aux tentatives de faire reprendre les cours par l’intermédiaire des référendums, nous réaffirmons la seule legitimité des Assemblées Générales pour décider des suites du mouvement : c’est dans les AG que les informations, les différents points de vue peuvent être échangés et que les étudiant-e-s peuvent voter en connaissance de cause. Nous condamnons également les fermetures administratives, qui visent à dissuader les étudiants de se rendre sur leur lieu d’étude et de se mobiliser. Etant donné que le mouvement est amené à durer, nous exigeons que les examens soient reportés d’un mois, pour que tous les étudiant-e-s puissent faire valoir leurs droits sans être pénalisés.

Notre mouvement contribue à affaiblir Sarkozy et ses ministres, et c’est une bonne chose. Leur projet est de détruire l’ensemble des acquis sociaux. Face à ce projet, c’est ensemble que nous gagnerons : nous devons construire un mouvement d’ensemble des jeunes et des salarié-e-s pour riposter à l’offensive du gouvernement.

Nous appelons à amplifier et approfondir la mobilisation par la généralisation des AG et des piquets de grève dans toutes les universités.

Nous appelons les lycéen-ne-s à organiser partout des AG, pour préparer la grève à partir du 20.

Nous ferons tout pour que la journée de grève du 20, aux côtés des salarié-e-s en lutte, soit un succès.

Nous appelons à une journée de grève et de manifestation étudiante et lycéenne le 22.

Nous proposons qu’étudiant-e-s et cheminots, salarié-e-s en lutte d’EDF, de GDF et de la RATP s’organisent ensemble le 21 novembre pour populariser leur grève vis-à-vis des usager-e-s et de la population.

Nous proposons une date de mobilisation interprofessionnelle le 27 novembre aux autres secteurs en lutte. Nous rejoindrons toute initiative proposée par les salariés en grève : leur combat est aussi le nôtre.

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  • Le 20 novembre 2007 à 15:32

    "La jonction avec les camarades étudiants allemands à nouveau en lutte est faite. Manif franco-allemande proposée pour décembre et proposition d’une Coordination Européenne avec italiens, espagnols, grecs et anglais.
    Avec quatre autres j’ai été élu pour aller à la Coordination National de ce week à Tours mais l’Unef a envoyé ses 2 délégués aux frais du syndicat sans nous prévenir, nous, qui n’avons ni moyens financiers ni transports pour y aller. Du coup, on n’a pas pu y aller..."
    sur le
    www.le69-3.org

  • Le 20 novembre 2007 à 15:01

    Pourquoi alors demander la position de l’UNEF ?
    ILs refusent les delegations litigieuses ?
    Pourquoi, desormais que la conscience des manipulations syndicales s’agrandit, ne pas simplement refuser ces personnes ?
    Pour la simple et bonne raison que ceci est le JEU du POLITIQUE ; le mouvement va accepter l’UNEF du moment qu’il se plie a ses exigences le temps voulu...
    De toute maniere, l’appel de TOURS ne demande t il pas le retard des examens d’1 mois, histoire de pouvoir finir le mouvement a temps ? Commencer une lutte en sachant deja qu’elle va finir ca n’a pas de sens ; la vie c’est pas une succession de guerre.

    A tant passer sa vie a l’organiser, la vie finit par passer... c’est pas ce qu’il disaient les copains ?

  • Le 20 novembre 2007 à 10:09

    Motion votée par l’AG de la Sorbonne du lundi 19 novembre

    Nous étudiants de la Sorbonne réunis en assemblée générale ce lundi 19 novembre, tenons à dénoncer l’attitude des militants de l’UNEF lors de la coordination nationale de Tours.

    Alors que la coordination nationale est le lieu de concertation de toutes les universités mobilisées contre la LRU, l’UNEF, qui ne s’est toujours pas prononcée pour l’abrogation de cette loi, pour la simple raison qu’elle a participé à son élaboration, a tout mis en oeuvre à l’occasion de la coordination nationale pour mettre la main sur le mouvement par des méthodes plus ou moins frauduleuses : envoi de délégations par des AG fictives, envoi massif d’observateurs chargés d’influencer les débats, soutien systématique et coordonné de toutes les mesures nuisibles pour la lisibilité du mouvement (augmentation du nombre de porte-parole de 8 à 16).

    Clairement l’UNEF est l’adversaire des étudiants qui s’organisent par eux-mêmes en assemblée générale et de tous ceux qui souhaitent l’abrogation sans négociations de la LRU. Face à cette offensive anti-démocratique, nous proposons le refus lors de la prochaine coordination nationale des délégations litigieuses, l’exigence d’un positionnement clair de l’UNEF pour l’abrogation sans négociations de la LRU.

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