Après les « casseurs », pour la présidence de Lyon II, les grévistes sont des « fascistes »...?

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Mardi 9 novembre, la présidence de Lyon II se fend d’un nouveau communiqué, à coté duquel les précédents paraissent bien ternes ; Ou comment la présidence nous présente les étudiants grévistes comme étant des « fascistes », « violents » et « totalitaires ». Tiran, président de Lyon II, affirme avoir été agressé et porte plainte.

Cher(e)s collègues, cher(e)s étudiant(e)s,

Hier, lors d’une assemblée générale d’étudiants organisée à dessein en dehors des créneaux prévus par la présidence de l’Université [1], a voté par 80 voix contre 60 l’organisation du blocage du Campus Porte des Alpes et son occupation. Depuis hier soir, des individus, dont certains sont notoirement extérieurs à notre université, ont entrepris de tenter de mettre leurs menaces à exécution.

Le président de l’Université s’est rendu sur place ce matin afin d’identifier les bloqueurs et de photographier les lieux qu’ils occupaient.

Dans l’amphi D, des individus cagoulés, armés de manches de pioches, ont violemment agressé le président devant de nombreux témoins.

Nous devons faire face non pas à un mouvement étudiant et à ses habituels excès mais à un groupe aux méthodes violentes d’inspiration fasciste dont les objectifs sont étrangers aux préoccupations des personnels et des étudiants.

En conséquence, face à cette agression, la présidence dépose plainte et a immédiatement requis les forces de l’ordre afin d’interpeller les auteurs de cette agression et procéder à l’évacuation des parties occupées ou bloquées du campus. Le bâtiment K est fermé jusqu’à demain matin. Les autres bâtiments sont ouverts normalement.

La présidence met actuellement tout en oeuvre pour que le campus demeure ouvert et que les enseignements, les activités de recherche et administratives se tiennent dans les meilleurs conditions.

La présidence appelle solennellement tous les personnels et les étudiants à se dresser solidairement contre cette tentative de blocage, à refuser qu’on lui impose par la force les décisions prises dans des conditions équivoques par une minorité violente et fanatique.

La présidence rappelle que toute personne qui se rendrait coupable d’agression contre les usagers et les personnels, de dégradations de biens publics, de blocage des accès de l’université et d’occupation des locaux de l’université fera l’objet de poursuites pénales et disciplinaires.

La communauté universitaire n’a pas vocation à accueillir en son sein des individus dont le seul objectif n’est pas d’étudier mais de détruire notre bien commun, empêcher que toute forme de débat puisse se tenir librement, et imposer par des méthodes totalitaires et fascistes la volonté de 80 personnes aux 15 000 étudiants et 400 personnels qui travaillent quotidiennement sur le campus.

La présidence

On pouvait s’y attendre, les personnes sur place proposent un témoignage bien différent sur les évènements : Ou comment la présidence de Lyon2 et son staff en viennent aux mains contre leurs étudiantEs

extrait :

Tyran avec son staff présidentiel et des vigiles privés sont venus au contact pour prendre des photos et des films. Bousculade, ils se font tous virer, les empêchant de peaufiner leurs techniques policières.

Selon plusieurs témoins, c’est donc Tiran qui est venu au contact des occupants (de l’amphi, et non de toute la fac comme il l’affirme) et a voulu les prendre en photos (Tiran ne venait pas vraiment pour discuter...). Les occupants l’ont alors repoussé. L’affrontement fut plus verbal que physique selon des témoins.

Au cours de l’après-midi et des différentes déclarations de Tiran à la presse, les coups de manche de pioche sont devenus des coups de coudes...

Et aussi Ambiance de Lyon 2 le 8 novembre, conviction et incertitude

CP du comité de mobilisation de lyon II : « Déterminés à continuer la lutte face à un gouvernement plus discrédité que jamais »

La version de la présidence est déjà reprise par l’AFP, avec toutefois une nuance, le point de vue policier... :

Le président de l’université Lyon 2, André Tiran, a porté plainte pour une agression aujourd’hui par des individus cagoulés et "armés de manches de pioche" voulant l’empêcher de rentrer dans un amphithéâtre occupé dans le cadre de la contestation de la réforme des retraites, a annoncé la présidence.

"Nous devons faire face non pas à un mouvement étudiant et à ses habituels excès mais à un groupe aux méthodes violentes d’inspiration fasciste", a dénoncé la présidence dans un communiqué.

A son arrivée dans la matinée à un amphithéâtre occupé par une quarantaine d’étudiants, "trois ou quatre jeunes cagoulés et armés de manches de pioche lui ont mis des coups sur le flanc et les côtes pour l’empêcher de rentrer", selon la présidence. "Le président s’est juste fait bousculer", selon la police, qui n’évoquait pas dans un premier temps d’attaque à la pioche.

Le président a tourné les talons et contacté les forces de l’ordre, qui sont intervenues alors pour évacuer les bloqueurs mais ceux-ci avaient tous pris la fuite. Il a porté plainte pour « coups et blessures ».
L’occupation du campus avait été votée la veille par 80 voix contre 60 lors d’une assemblée générale.

Le bâtiment K, où s’est produit l’agression, a été fermé jusqu’à mercredi. Le reste des locaux est ouvert et les cours ont lieu « normalement », a précisé la présidence"

Pour un retour sur les précédents évènements, notamment les communiqués de presse de la présidence et les questions sur l’occupation du campus de Bron, voir : Retour sur une rentrée mouvementée à Lyon 2

Les témoignages des évènements sont les bienvenus en complément d’info ci dessous.

Notes

[1Note de Rebellyon : L’AG s’est déroulée en dehors des horaires prévus par la présidence, et pour cause, car elle était prévue depuis plusieurs jours, et annoncé sur les campus. On se demande pourquoi la présidence a choisi de banaliser un autre horaire.

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  • Le 10 novembre 2010 à 14:18, par Rebellyon

    Bonjour,
    Les commentaires sont là pour faire office de « Complément d’information ». Pour plus de précision sur la validation ou non des « Compléments d’informations » il existe cet article.

    Pour s’exprimer sur le site Rebellyon, il suffit de cliquer sur « Publiez » en haut a droite, s’enregistrer et proposer un article. Si cet article est conforme à la Charte il sera publier.

  • Le 10 novembre 2010 à 13:09, par Lepay

    Est-il possible que vous ayez supprimer un commentaire qui ne vous aurais pas plu et qui est paru hier soir ? Je doute fortement de l’intérêt de votre site si tout le monde ne peut pas s’exprimer, après tout, ne demandez-vous pas une ouverture au dialogue ?

  • Le 10 novembre 2010 à 01:15, par Lepay

    Suivez l’exemple des grecs qui manifestent devant le consulat de France à Patras, en référence à l’article précédemment publié sur ce site.

  • Le 9 novembre 2010 à 20:28, par Ejn

    Je vois dans l’hystérie de Mr Tiran une belle occasion pour renforcé le mouvement (ou le relancé, celons les opinions de chacun.)
    Effectivement, il n’est pas entrain de ce faire des amis du coté des profs, il ferme à tout va et raconte des trucs faux démentis par la police.
    En gros, il perd de la crédibilité.
    Avec un peu de chance, et si on la joue bien, on pourrait arrivé à faire quelque chose, pour enfin sortir du conflit direct avec la direction et ce concentré sur les vrais revendications. Bloquons et tenons les blocages, informons (puisqu’il faut informer...) et mangeons des riches.

  • Le 9 novembre 2010 à 19:45, par Hassour Zainsubani

    Petit mail pour rapeller que s’est également tenue aujourd’hui le 9, à midi, sûrement parce que le bâtiment K était fermé, une espèce d’AG spontanée en plein milieu des escaliers à côté du bâtiment F.

    Pas grand-chose n’en est sorti, à part qu’il fallait d’avantage informer les étudiants (à ce stade, on a fini par conclure qu’il fallait un débat de fond - en plus, la délégation envoyée vers les profs nous a dit qu’ils étaient prêts à « ne pas noter les absences et organiser des débats avec des sociologues ». Entendre ça, ça me donne juste envie de dire que le mouvement est mort.)et préparer l’AG du 10 pour qu’elle soit moins fouilli, à 9h...

    Tout ça me donne l’énergie du désespoir, et je pense que j’irai bloquer, pour montrer qu’on est encore là et qu’on les emmerde, même si j’ai jamais trop cru au blocage.

    Par contre cette AG a aussi été l’occasion de recueillir des témoignages, de ce qu’il convient d’appeller les mensonges de Tiran. Je les liste ci-dessous, pour que quelqu’un qui a un peu des mails d’élèves fasse passer à tous ses contacts (en vue d’une chaîne, donc, parce que justement, ici, il ne faut plus viser que les étudiants qui viennent en AG ; quelque part, on a plus qu’à « forcer » les autres) le but n’étant évidemment pas, comme ça a été dit au-dessus, de focaliser les luttes sur Tiran, mais bien que les gens captent qu’il ne vivent pas au paradis, et que ce mec est réellement un salaud.

    - On peut commencer par le 8, évidemment, au matin... Tout a déjà été dit, direction cet article, lumineux : http://rebellyon.info/Apres-les-casseurs-pour-la.html

    - Puis le fait que des archives n’ont pas été brûlées, mais bien de vieux machins dans une poubelle

    - Son mail perso où il nous avait gracieusement réservé un amphi à 15h, « après délibération avec le cevu ». Pour ceux qui savent pas, le cevu est un organe décisionnel de la fac, qui en ce cas précis n’a déjà pas grand-chose à voir avec la démocratie, d’autant plus que l’AG à midi et la salle avaient déjà été décidés en AG... Et approuvés par le cevu !?! Conclusion, Tiran a juste fait l’autocrate, marchant sur ses subordonnés (ce qui n’a pas grand-chose d’étonnant quand on sait comme il les traite) comme sur les étudiants, avec ce petit mail du soir désespoir.
    - Dans l’ensemble, Tiran est toujours extrêmement flou, donnant des coups de poignard dans le dos... Sauf que maintenant il y va de face.

    Ca serait vraiment cool que cette toute petite liste passe un peu partout pour ceux qui ne le savent pas... On est peut-être les méchants de l’affaire, mais il est bien pire. Parce qu’objectivement les étudiants lisent ce que dit Tiran, mais pas ce qu’il ne leur dit pas.

  • Le 9 novembre 2010 à 19:24, par Mr X

    Ca me fait bien de toujours de rejeter en bloc venant de con comme Tiran. Pour y avoir été ce ni comme la présidence le dit ni comme il est dit plus haut... Encore une fois Tiran a joué la provoque, certains y ont répondu avec non pas un manche de pioche mais un baton et en donnant un chassé dans les jambes de notre chère président...

    Défendre aveuglement ne sert à rien... Même si nous connaissons les mêmes oppresseurs des erreurs assez conséquentes se sont produits et il est temps de l’accepter !
    A moins de considérer comme irréprochable et d’agir systématiquement avec à la perfection

  • Le 9 novembre 2010 à 17:57

    Tiran se pointe sur les piquets, accompagné de son chauffeur/garde du corps (véridique) et de vigiles. Il commence a mitrailler le blocage et les étudiants mobilisés de photos, en déclarant que nous sommes des « fascistes » (ce mot dans sa bouche fait rigoler) mais aussi et surtout, nous menace « de comparutions immédiate en justice ». comparution pour quoi ? bref.
    Il continue sa marche à travers le campus, on le suit en l’applaudissant.
    Arrivé à la hauteur du bâtiment K, qui est bloqué de l’intérieur, il hésite.
    Parce qu’il est coincé devant la porte et qu’on est derrière lui sur la passerelle.
    Du coup, il demande à ses sbires de forcer la barricade (c’est qui le casseur ? :)), entre, et continue à mitrailler de photos les étudiants, et c’est là qu’il y a eu une bousculade entre les vigiles et les étudiants qui voulaient pas se faire prendre en photo et qui voulait jeter Tiran du bâtiment. S’en suis fermeture administrative du bâtiment K.

    Présence toute la journée de RG, (on en a compté 5 DANS le campus), dont celui qui fait toutes les manifs étudiantes et qui a toujours une chemise en Jean.
    Présence de 7 camions de CRS stationnés dans Bron centre le long de l’arrêt de tram après les Alizées.

    Quelques anecdotes :
    1) Tiran arrive bâtiment F en hurlant je fermerai le « bâtiment K ici ! ». C’est sûr que quand on a passé 30 ans dans une tour d’ivoire sur les quais, on connait pas le campus de Bron.
    2) Menace verbale envers des militants syndicaux et des étudiants mobilisées « connus » : « vous allez le payer très cher » ; « vous allez voir, vous continuerez pas comme ça »
    3) Une réunion de quelques profs de socio/anthropo se tient vers 11h, pour discuter de la situation vu que leur bâtiment est fermé. Tiran est présent, fait son speech, réitère que les étudiants sont des « fascistes » et aussi, que les profs de cette filière avaient aussi leur responsabilité dans le mouvement blabla. Un prof rappelle la dénonciation de ce qu’est le fascisme et là Tiran lui aurait dit texto « va te faire foutre ». Pari gagné de remonter les profs contre lui.

    Ce mail est juste énorme dans le contenu. On atteint la surenchère de l’adjectif, et c’est d’autant plus drôle qu’il est contredit par les flics.
    Tout ça pour dire que Bron est bloqué encore demain matin jusqu’à l’AG à 10h amphi D. Y aura une AG de grévistes à 9h amphi a (bâtiment f) pour la préparer. RDV à 7h à Bron pour tenir les piquets.

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