En France nous connaitrons dans les mois qui viennent la mise en place de l’Hadopi qui a donné lieu à une première bataille et qui offre désormais le terrain à la répression du partage de fichiers en P2P : eMule et Bittorrent principalement. Qu’est-ce qui se joue, si ce n’est de restreindre ou d’encadrer les manières sociales d’utiliser la technologie lorsqu’elles sont de l’ordre du partage et permettent des modèles alternatifs d’utilisations de la culture et de l’information ?
Voici ce qu’en dit le site de défense de l’internet libre La quadrature du net :
« Internet a été conçu comme un réseau décentralisé, dans lequel aucun acteur ne peut décider unilatéralement de bloquer les flux d’information qui transitent dans l’architecture communicationnelle. Le principe originel de neutralité du Net exclut en effet toute logique de contrôle centralisé du réseau. Or, aujourd’hui, de nombreux projets législatifs cherchent à instaurer le blocage administratif de l’accès à certains sites Internet. »
Et en allant dans ce sens il y a la Loppsi alias le Projet de Loi d’Orientation et de Programmation pour la Sécurité Intérieure qui veut nous en mettre plein la vue. Sous prétexte de lutte contre la pédophilie ou encore les cyber-criminels la liberté de consulter un site librement, de prendre la parole où d’autres usages risque de passer à la trappe.
Mais ces projets se voient aujourd’hui renforcés dans une négociation bien opaque qui a lieu à un niveau international et qui pourrait engendrer des changements immenses dans nos utilisations des technologies numériques. C’est l’Acta, l’Accord Commercial Anti-Contrefaçon, qui papillonne entre gouvernement et lobby.
Pour en faire une analyse rapide et reprendre ce qui a pu être dit sur le net, il y a au minimum une volonté politique de Sarkozy de mettre au pas le net car il ne lui convient pas sous la forme actuelle. Notamment l’internet permet l’existence d’un espace public oppositionnel où les avis critiques se croisent, soit dans des sites d’infos alternatifs (Rebellyon, les Indymédias mais aussi Mediapart et autres), soit sur des blogs qui permettent à une parole individuel d’être largement lu.
La volonté de Sarkozy n’est pas tout. Comme l’Acta le révèle il y a des forces économiques qui ne veulent plus de l’internet gratuit et du partage l’info comme celui des fichiers à contenu "culturel". C’est cette bataille là qui arrive avec la nécessité de se mobiliser même derrière son ordinateur pour une fois. D’ailleurs, les contributeurs au logiciel libre (Linux) sont bien conscient des enjeux car les modèles propriétaires proposés remettent en cause leur pratique.
Alors face à tout cela soyons pirate lorsque cela veut dire : partager des fichiers par P2P, échanger nos avis sur des blogs, diffuser de l’info avec Rebellyon, regarder des films téléchargés, installer de logiciels sans espions du fabricant, utiliser des logiciels libre, etc...
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