Rencontre avec Elsa Dorlin autour de "Se défendre ; une philosophie de la violence"

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Rencontre-débat à la librairie Terre des livres le jeudi 11 octobre, de 16 h 30 à 17 h 30, sur l’ouvrage "Se défendre ; une philosophie de la violence" d’Elsa Dorlin.

Aujourd’hui encore, malgré les enseignements de l’Histoire, certaines vies comptent si peu que l’on peut tirer dans le dos d’un adolescent tout en prétendant qu’il était agressif, armé et menaçant. Du jiu-jitsu des suffragettes aux pratiques insurrectionnelles du ghetto de Varsovie, des fusils des Black Panthers aux patrouilles queer, Elsa Dorlin retrace une généalogie philosophique de l’autodéfense politique.
En 1685, le Code noir défendait » aux esclaves de porter aucune arme offensive ni de gros bâtons » sous peine de fouet. Au XIXe siècle, en Algérie, l’État colonial interdisait les armes aux indigènes, tout en accordant aux colons le droit de s’armer. Aujourd’hui, certaines vies comptent si peu que l’on peut tirer dans le dos d’un adolescent noir au prétexte qu’il était « menaçant ».
Une ligne de partage oppose historiquement les corps » dignes d’être défendus » à ceux qui, désarmés ou rendus indéfendables, sont laissés sans défense. Ce » désarmement » organisé des subalternes pose directement, pour tout élan de libération, la question du recours à la violence pour sa propre défense.
Des résistances esclaves au ju-jitsu des suffragistes, de l’insurrection du ghetto de Varsovie aux Black Panthers ou aux patrouilles queer, Elsa Dorlin retrace une généalogie de l’autodéfense politique. Sous l’histoire officielle de la légitime défense affleurent des » éthiques martiales de soi « , pratiques ensevelies où le fait de se défendre en attaquant apparaît comme la condition de possibilité de sa survie comme de son devenir politique. Cette histoire de la violence éclaire la définition même de la subjectivité moderne, telle qu’elle est pensée dans et par les politiques de sécurité contemporaines, et implique une relecture critique de la philosophie politique, où Hobbes et Locke côtoient Frantz Fanon, Michel Foucault, Malcolm X, June Jordan ou Judith Butler.

En partenariat avec l’ENS de Lyon
Entrée libre - dans la limite des places disponibles

P.-S.

Ce même jeudi 11 Octobre, de 18 h à 20 h,
Elsa DORLIN sera à la MSH, 14 av. Berthelot, Lyon 7e (espace Marc Bloch) pour
Phénoménologie de la proie : penser les résistances à la prédation
Inscription gratuite mais obligatoire : https://www.msh-lse.fr/evenements/phenomenologie-proie-penser-resistances-predation

jeudi 11 octobre 2018

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