À Lyon, point d’Ubu Roi, juste le Baron Collomb en pleine représentation théâtrale

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Gégé la fripouille nous ferait-il un grand micmac avant de tirer sa révérence ? Cette fin de semaine a été marquée par un retournement historique d’alliance politique à Lyon. Mis en faiblesse par la montée des Verts aux élections municipales à Lyon, notre bon Gégé niquedouille a décidé de lancer le bébé dans les orties avec l’eau du bain de mémé.

Gérard Collomb et Yann Cucherat (LREM) ont ainsi décidé de s’allier avec les Républicains pour les élections de la mairie et la métropole de Lyon... avant de se faire gentiment tirer les oreilles par les pontes de LREM qui n’ont toujours pas compris que Gégé la bidouille à Lyon, il est chez lui, et que s’il y a chienlit, ce sera la sienne et pas autrement.

On apprenait mercredi 27 mai [1] que notre bon Gégé local aurait quelques soucis avec l’idée de perdre les municipales face à Europe Ecologie Les Verts et qu’il envisagerait de faire alliance avec les Républicains afin d’avoir une chance de continuer à régner sur ce qu’il considère comme sa baronnie personnelle. Il est assez drôle de voir qu’après 30 ans de luttes électorales droite/gauche à Lyon entre Gérard Collomb et le RPR/UMP/Républicains, il finisse par nous rappeler une des règles fondamentales de la politicaillerie selon Gégé : la victoire n’a pas de couleur, et s’il faut racler les bidets pour gagner, il le fera.

Mais là où les retournements de situation sont intéressants depuis deux jours, c’est qu’on apprend qu’au final Collomb se rangerait derrière Buffet (Républicains) pour la métropole et Blanc (Républicains) derrière Cucherat (LREM) pour la mairie... et donc Gérard Collomb ne serait ni maire, ni président de la métropole... la fin d’un mythe, la fin d’une histoire ? Rien n’est si sûr quand on connait le loustic. Car une telle alliance est un coup de poker qui ne plait pas à tout le monde. En premier l’appareil politique qui le soutient depuis 30 ans et qui est historiquement issu du Parti Socialiste. En second, les lyonnais de centre gauche, que Gérard Collomb a bichonné ces dernières années avec de vastes politiques de gentrification et dont le vote est loin d’aller aux Républicains. Un tel retournement de veste chamboule totalement le paysage politique et électoral lyonnais qui n’aura qu’un mois pour s’y faire. Un mois où l’on peut imaginer que Gérard a prévu intense pour reconstruire tout un paysage politique qu’il a détruit en deux jours.

Car voici qu’à la mairie de Lyon c’est la Bérézina [2] [3]. Il faut dire que cela fait 30 ans que Gérard Collomb est "de gauche" et la plupart de ses acolytes se réclamaient encore il y a peu du Parti Socialiste. La pilule est donc assez compliquée à avaler pour les quelques rares qui ont encore une pseudo-conscience "de gauche" dans l’équipe municipale. Mais surtout, avouons le, ce coup de poker, bien que grandiloquant, est extrêmement risqué. En cas de défaite face aux Verts après une telle manœuvre, cela risque de laisser beaucoup de monde sur la paille et dans une situation compliquée face aux décideurs nationaux LREM qui ont eux aussi du mal à accepter cette nouvelle pirouette du baron Collomb. C’est aujourd’hui l’heure du choix pour beaucoup de politicard.es lyonnais.es à savoir s’ils choisissent le baron local et son coup de force ou s’ils se rangent du côté du parti présidentiel. Mais là où Gégé fait dans le splendide, c’est que son retournement d’alliance crée aussi du remou chez les Républicains [4] où les désistements commencent à arriver dans les rangs du parti où certain.es refusent de baigner dans de telles magouilles.

Il va de soi que le temps que cet article soit publié, notre bon Gégé aura sûrement trouvé un nouveau plan pour signer une alliance avec Philippe Poutou, pour mieux la rompre pour s’unir à Marine Lepen avant de faire volte face et se présenter en candidat indépendant à la présidence des États-Unis pour mieux prendre le contrôle de Space X et créer "Nouvelle Lyon" sur Mars afin d’en devenir le Maire pour l’éternité après sa transformation en robot. Il ne faut jamais sous-estimer la capacité d’une fripouille à trouver une embrouille à base de carabistouille pour tous nous embrouille afin qu’il se dépatouille pour finir par partir en vadrouille avec le magot [5].

En tout cas après avoir trahi le Parti Socialiste pour rejoindre En Marche quand il a senti que le PS allait s’effondrer, après avoir quitté le gouvernement En Marche car il sentait qu’il perdait Lyon et que le gouvernement était de plus en plus impopulaire [6], voilà qu’il finit par vouloir s’allier avec son ennemi politique depuis ses tout débuts en politique pour sauver la baraque. Bien que vieillissant, il ne perd pas de sa superbe quand il s’agit de faire un coup fourré le Gégé. Par contre il est drôle de voir les journalistes s’étonner de voir Gégé s’allier à "la droite", car depuis 30 ans, il y a quand même une forte impression partagée que c’est déjà "la droite" qui est aux commandes à Lyon. Entre les magouilles, les cumuls de mandats, la politique répressive, la gentrification accélérée, l’urbanisme en mode skyline pour attirer les multinationales, la protection à peine voilée des groupuscules et des locaux d’extrême-droite, la chasse aux migrants, la surveillance de masse dans les rues et dans les transports en commun (Gérard Collomb a un poste indéboulonnable dans le Comité syndical du SYTRAL), la transformation du 8 décembre en fête du tourisme dans ce qu’il a de plus insupportable, franchement, l’alliance idéologique avec la droite, elle date pas d’hier.

Enfin ne vous inquiétez pas, Collomb annonce la couleur : « Je continuerai à travailler à la métropole de Lyon et la ville de Lyon parce qu’évidemment j’ai consacré 40 ans de ma vie à Lyon. 20 ans pour la conquérir et 20 ans pour la transformer. On ne quitte pas cette ville comme ça. Je veillerai que l’on soit sur la bonne ligne » [7]. Pas sur qu’on en ait fini avec Gégé et ses bisbrouilles.

Quoi qu’il en soit, une chose est sure dans cette histoire ... c’est que Gérard Collomb c’est dégueulasse !!!
  • Petit rappel global de qui est Gérard Collomb (datant de 2017) :
Autocrate, sécuritaire, anti-pauvres, anti-migrants : Gérard Collomb devient ministre de l’Intérieur

Le maire de Lyon est le nouveau ministre de l’Intérieur, c’est-à-dire le premier flic de France, responsable en chef de la répression des mouvements sociaux, des petits délits et de la chasse aux migrants. Revue de ses œuvres à Lyon en guise d’adresse à celles et ceux qui vont devoir s’opposer à ses (...)

21 mai 2017

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