L’expérience des Black Panthers au Forum des quartiers populaires

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A St Denis, lors du Forum social des quartiers populaires, les 22, 23 et 24 juin la venue d’Ahmad Rahman, membre des Black Panthers de Détroit, ainsi que de Cilius Victor, membre d’un comité pour surveiller la police à Londres ont marqué particulièrement les participants, plus nombreux que prévus, y compris de Lyon. Malgré un temps pluvieux gênant les organisateurs, qui ont donné beaucoup d’eux-mêmes, ce fut vraiment un forum très riche en contacts et en perspectives militantes.

N’oublions pas que c’est lors du Forum contre les violences policières
et sécuritaires, qui s’est tenu aussi à St Denis, le 26 mai 2002, qu’a été prise la décision,
effectivement réalisée, de mettre en place un outil important pour les quartiers populaires et contre la répression : le réseau "Résistons
Ensemble". [1]

C’est la première fois en France, en 2007, qu’il y a un tel Forum des quartiers populaires - avec à la base le MIB (mouvement de l’immigration et des banlieues) sur Paris, le collectif DiverCité sur Lyon, et les Motivé(e)s sur Toulouse - avec l’aide de nombreux groupes et individus.

Rencontre avec Ahmad Rahman, membre des « Black Panthers »

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Ahmad Rahman a passé 21 ans en prison uniquement parce qu’à Détroit, il faisait partie des « Black Panthers ». Il est maintenant historien à l’université du Michigan.

Quand il avait 13 ans, sa tante faisait partie du mouvement pour les droits civiques avec Martin Luther King, et le Ku-Klux-Klan venait souvent l’intimider. La réaction de sa tante était de prier et de chanter, tandis qu’Ahmad et ses copains auraient voulu se révolter. Il y avait un vrai fossé entre les générations. Lorsque quatre petites filles noires se sont faites tuer dans une église en Alabama, Malcolm X a alors dit qu’il fallait constituer une armée. Ahmad pensait bien participer à cette armée quand il serait plus grand. Et quand le « Black Panther Party » s’est créé, ils se sont dit que c’est là qu’ils voulaient lutter.

Pour ce mouvement, la question principale est celle du pouvoir. Frédérick Douglass disait que « le pouvoir n’est rien sans les gens ! » Les mouvements réformistes disaient au gouvernement qu’il valait mieux négocier avec eux-mêmes, sinon il serait obligé de négocier avec des mouvements plus violents. Les mouvements non-violents voulaient déjà établir un rapport de force. S’il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain, il y avait aussi Frantz Fanon et Malcolm X. Et les Black Panthers ont été déclarés ennemi n°1 des USA. A 16/17 ans, Amad et ses copains trouvaient étrange que les Black Panthers soient l’ennemi n°1, alors que les radicaux blancs ne se privaient pas pour tout mettre sens dessus dessous dans le pays et qu’il y avait 500.000 soldats au Viet-Nam.

En fait tout cela c’était à cause des idées. Ce que le gouvernement trouvait dangereux, c’était avant tout la propagation des idées. Ahmad a tiré une autre leçon : se mettre en illégalité c’est être susceptible d’être détruit. Malgré les sacrifices, les inégalités ont aidé le mouvement.

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Cependant, les infiltrations des RG lui ont fait beaucoup de mal. Quand quelqu’un proposait d’aller cambrioler une banque, personne ne supposait que c’était un flic et certains se retrouvaient ainsi avec 20 ans de prison... Entre 1952 et 1974, le programme « cointelpro » d’action anticonstitutionnelle de la police a permis de faire suivre 500.000 citoyens des États-Unis considérés comme subversifs par le FBI et 300.000 par la CIA. Des informateurs ont été payés par le FBI pour infiltrer le Black Panther Party afin qu’il soit mal dirigé, critiqué, perturbé et neutralisé, mais aussi afin d’informer le Ku Klux Klan leur permettant d’attaquer physiquement des membres des Black Panthers. On retrouve toujours et partout ces schémas pour faire assassiner des gens.

Lorsque des jeunes veulent reproduire ce qu’on a fait, je leur dis de faire attention aux infiltrations de flics. Ce qui compte c’est le stade des idées, c’est la théorie sur le changement social et la plupart des jeunes ne veulent pas en passer par là. Si vous êtes efficaces, vous risquez d’être détruits. Notre efficacité c’est un problème de pouvoir. Le problème des violences policières, et le pouvoir ne se conçoivent pas sans exigences sociales.

Aujourd’hui, à l’ère technologique, ce qui est important c’est la dimension mondiale. Il faut se lier les uns aux autres au niveau planétaire. Sarkozy est un nouveau Reagan. Bush / Sarkozy / Blair se mettent ensemble pour promouvoir le capitalisme et leurs intérêts. Pourquoi ne nous mettrions-nous pas ensemble pour promouvoir nos intérêts ?

Surveiller la police

Le 13e amendement de la constitution des USA a aboli l’esclavage, sauf dans les prisons. Et cela ça a duré encore pendant 100 ans, jusqu’en 1980. Ce 13e amendement libère, mais enferme en même temps. Les prisonniers étaient des esclaves. La prison a été utilisée comme moyen d’opprimer les Noirs. On les faisait passer par la prison pour qu’ils redeviennent esclaves des Blancs. Et cela a continué lors du déplacement des Noirs du Sud vers le Nord.

Dans les années 1970, une loi-programme a été votée aux USA, similaire à la loi de Sarkozy dite « de prévention de la délinquance », où les jeunes Noirs devenaient des appâts pour la police. Par exemple, un policier avait mis sournoisement de l’argent par terre à côté d’un jeune de 16 ans embarqué dans ce programme et lorsque ce jeune a voulu le prendre, il l’a descendu. Il y eut de nombreux jeunes Noirs tués de cette façon.

On doit se défendre de la police. Que les habitants d’un quartier contrôlent la police, c’est l’idée même de la démocratie ! C’est notre droit de contrôler ce que fait la police. Si nous n’avons pas le droit de contrôler la police, nous vivons dans une dictature.

Nous prenions l’habitude, à chaque fois que la police commettait un crime, de faire une contre-enquête. Lorsqu’un politicien venait dans le quartier, nous nous efforcions de le convaincre qu’il était nécessaire de surveiller la police. A force de propagande, ce système de surveillance des faits et gestes de la police a été de plus en plus considéré. Du coup, cela a changé le comportement même de la police. Bien sûr la police faisait tout pour éviter d’être contrôlée par les gens du quartier. Mais à chaque fois que l’on avait une opportunité d’en parler à la télé, à la radio... on le faisait et ça leur a fait de plus en plus peur. Les statistiques ont montré que les violences policières ont chuté à partir du moment où les comités pour surveiller la police ont été montés. On a vite été pris en otage par les politiciens de tous bords. La vérité ne peut arriver qu’accompagnée de la justice. La vérité viendra d’en bas et non imposée par les institutions.

Les comités de surveillance citoyenne de la police à Londres

Cilius Victor nous parle de son vécu fort intéressant au sein du Monitoring Project du quartier de Newham de Londres. Le projet commence, sous Thatcher, en 1982 dans les quartiers populaires Est de Londres, en partant de l’expérience-même des familles qui vivent ces violences policières au quotidien. Il est important de partir des familles, même si on a une vision plus globale de la répression. Les mots Liberté - Égalité – Fraternité sont vides de sens aujourd’hui. On peut mesurer le degré de justice d’une société au degré que la police rend des comptes. A Londres, la police ne doit rendre aucun compte. Ces 20 dernières années, on a construit une fausse image que la police devait rendre des comptes...

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Depuis 25 ans, le rôle des comités est de faire de l’information et de rendre coup pour coup. Cela se passe toujours pareil et tout le temps. Les gens font faire le récit des histoires de violences policières. Des gens comme vous et moi. Nous ne sommes pas des experts. Dans ces documents, nous essayons de recueillir toutes les informations le plus détaillées possibles, de telle sorte que cela puisse mettre la pression sur les gouvernants. Nous allons dans les rues, dans les MJC, et nous donnons des informations, notamment sur ce qu’il ne faut pas faire. Notre boulot ce n’est pas qu’il n’y ait pas d’émeutes. C’est la voix des gens qui font entendre leurs revendications. Nous ne professons pas l’émeute non plus. Nous vous défendrons si vous êtes attrapés lors d’une révolte. Mais c’est peut-être mieux d’utiliser cette énergie autrement.

Il y a plusieurs univers : les riches et Blancs - les pauvres et Blancs - les Noirs, c’est-à-dire avoir la peau noire... Il y a l’univers le plus vulnérable ce sont les disparus parmi les sans-papiers, celui dont presque tout le monde s’en fout. Ceux qui sont morts dans les commissariats, aux frontières, dans les asiles ou même balancés à la mer... La loi gère de façon différente chaque univers, la justice les sépare en utilisant des méthodes différentes.

Au niveau local, on s’occupe de la police locale et de l’administration locale. Il y a 25 ans qu’on se plaint des violences policières. On ne nous a pas écouté. Il y a eu besoin de beaucoup de courage pour réagir. En fait pour que ce soit visible sur la place publique, il a fallu s’organiser. On n’a pas la solution. C’est à chaque personne de s’y mettre.

En tout cas, le système veut que tout reste secret. C’est pour cette raison qu’on informe au maximum et qu’on publie des documents. Nous aimerions être traînés en justice pour avoir publié ces documents, mais ils sont coincés car cela les fera connaître encore plus. Nous recevons des lettres de leurs avocats qui nous menacent et nous en faisons des avions en papier. Ils redoutent l’exposition publique.

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Même si nous devons mener des affaires en « justice », il ne faut pas croire naïvement dans le système de la « justice », ni celui de la police bien sûr. On doit prendre des avocats qui travaillent pour nous et non pour le système judiciaire. Ce qui est important dans la défense de nos communautés c’est surtout :
- de s’organiser collectivement entre nous,
- de partir de l’expérience des familles sur place,
- de changer en profondeur le schéma mental de la société dans laquelle on vit,
- de ne jamais banaliser la mort d’un jeune ou une violence de la police
.

Cela rappelle le traitement des prisonniers irakiens par les soldats britanniques. La soi-disant guerre anti-terrorisme est le moteur qui détermine la façon dont la police agit en Angleterre.

L’état policier, qu’est-ce que cela signifie ? Le gouvernement étiquette comme terroristes des Algériens, des Soudanais, des Libanais... toutes preuves étant tenues secrètes. Les policiers ne les interrogent même pas. Ils sont enfermés en prison sans aucune charge, quand on ne les tue pas, et on peut les expulser du jour au lendemain sans donner de raison. Ceux qui ne sont pas en prison sont assignés à résidence, sans aucun procès et cela s’applique à toute la famille, à leurs enfants : ça rend les gens complètement fous. Il y a même un traité d’extradition entre les USA et la Grande-Bretagne. Voilà l’état policier !

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Ce qui était avant illégal, est maintenant légalisé avec l’anti-terrorisme. Nous soutenons la famille du Brésilien Jean-Charles de Menezès qui a été assassiné dans le métro de Londres pour que justice soit rendue dans cette affaire. Toute culpabilité policière a été exonérée, en disant c’est le « risque statistique »...

Notre travail du comité est de surveiller la police. Et lorsque, dans le quartier-même de Newham, un homme a reçu une balle dans la poitrine lors d’une opération coup-de-poing, connaissant bien l’endroit et le voisinage, nous avons pu compiler des informations et faire une contre-enquête sur place. Nous les avons défiés sur la raison pour laquelle ils avaient bloqué tout le secteur. Nous avons fait une conférence de presse et un dossier a été envoyé à la police de Londres. Il est important de mettre la pression sur les autorités.

D’ailleurs ce quartier de Newham a été choisi comme secteur d’habitation pour les jeux olympiques à Londres en 2012. Ils vont délimiter une zone de 6 à 7 hectares complètement protégée ce qui veut dire encore plus de contrôle policier sur les gens qui y vivent. C’est pourquoi il est important aussi de se pencher sur les politiques publiques envisagées dans les environs de chaque quartier et l’impact qu’elles vont avoir sur le quartier.

Partons des individus et de la réalité. Notre défense est complètement légitime. Demain, chacun, chacune, en France et ailleurs, peut rejoindre une association, et ainsi après tout ce qui aura été fait, espérons ne pas revenir encore entendre des histoires d’horreur policières.

Comment faire pour que la parole d’un jeune dans un quartier ait la même valeur que celle d’un policier ?

Comment créer cette force qui fasse que les gamins dans les cités ne soient plus isolés face à la répression policière et sécuritaire ?

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En France, nombreux sont les jeunes à avoir été assassinés par des policiers dans les quartiers populaires, au sein des commissariats, au mitard et tous ces meurtres restent impunis, l’injustice française, après de longues années, classant sans suite presque toujours ou déclarant un non-lieu. Cela fait des années et on pourrait citer plein de noms de personnes assassinées par la police, comme Abdelkader Bouziane, 16 ans, Xavier Dhem, 23 ans, Mohamed Berrichi, 28 ans, à Dammarie-les-Lys, Fabrice Fernandez, 24 ans, au commissariat de Vaise à Lyon, Habib, 17 ans, au Mirail à Toulouse, Mehdi Reziga, 22 ans, au mitard de St-Paul à Lyon ou Zamani Derni, 24 ans, au mitard de Nantes, etc, etc... mais ce qui est grave c’est que cela continue effectivement aujourd’hui : en effet cinq personnes sont mortes aux mains de la police ces derniers jours, comme Lamine Dieng, 25 ans, à Paris.

Les meurtres sont plus graves que le vol, et si les policiers sont des meurtriers, il faut défendre les citoyens contre les policiers. C’est la seule condition de la paix. L’absence de justice, c’est la guerre ; c’est en en se battant pour la justice qu’on crée la paix !

Se battre c’est se révolter, s’auto-organiser, et la paix ne sera pas au bout si nous créons aujourd’hui les conditions pour éviter de se révolter, par des compromis que nous devons clairement refuser :
- banalisation des contrôles policiers illégaux, laisser-faire des interpellations blessantes, humiliantes hors-la-loi,
- rôle des médiateurs, des intermédiaires pour « calmer » les quartiers,
- dépolitisation des jeunes par certains imams, 71 imams "résistants" ayant été expulsés,
- endormissement et auto-censure par l’argent de la politique de la ville,
- fonctionnement autoritaire de certains groupes, alors faciles à démanteler,
- acceptation des fichages généralisés, comme le prélèvement d’ADN...

Les quartiers populaires sont sous contrôle policier permanent. Pour retrouver la liberté dans les quartiers, cela ne peut se faire sans que chacun, chacune ait le désir de résister et construire, plutôt que de vouloir seulement profiter ou détruire, cela ne peut se faire sans que chacun, chacune puisse prendre la parole au sein de chaque groupe, chaque comité, au même titre les uns, et les unes, que les autres, cela ne peut se faire sans la liberté que chacun, chacune défendra effectivement.

D’autres thèmes ont été abordés lors du Forum. Nous avons privilégié l’aspect défense par rapport à la répression. Bien que ce Forum se soit terminé de façon bizarre sans débats publics, nous donnons cependant brièvement l’essentiel sur des perspectives générales annoncées.

Perspectives

Ce Forum nous a permis de faire un état des lieux et des analyses des problématiques qui se posent réellement au sein de nos quartiers populaires. Ne parlons plus de désert politique des banlieues alors que toute l’histoire des quartiers populaires est une lutte importante de résistances [2]. Les quartiers populaires sont des mobilisations, ça c’est sûr ! Mettons en commun toutes ces actions militantes actuelles admirables, malgré la répression. Au delà des divergences, une identité politique commune est possible et repérable, qui s’ajoute à nos identités singulières. Créons un mouvement avec des perspectives communes.

Le pari du forum est tenu, indépendamment des contingences matérielles, puisque des jalons ont été posés pour investir de manière autonome et responsable le champ politique. Plusieurs Forums Régionaux vont être organisés l’an prochain, avant un nouveau Forum hexagonal en 2009. Et puis pour prolonger tout ce qui a été débattu ici, des rendez-vous sont pris à l’automne pour continuer le travail en profondeur :
- sur la répression et des comités pour surveiller la police [3]
- sur l’apartheid urbain qu’on se ramasse de plein fouet et la démolition de logements, appelée rénovation urbaine pour expulser les populations des quartiers
- sur les discriminations racistes, mais aussi les discriminations de genres, d’où l’importance d’un mouvement de femmes lié aux inégalités sociales, avec la perpétuation d’espaces femmes non-mixtes indispensables.

Notes

[1Cet outil de communication par internet contre la répression dont peuvent se servir les habitants des quartiers
populaires a pris une place indispensable : liste de 565 abonnés d’informations et de collecte des violences policières, liste de discussion, site très visité, et bulletins photocopiables mensuels (54 rédigés, il faut le faire !)

[2Nous avons pu nous en rendre compte par l’exposition permanente sur l’histoire des luttes de l’immigration postcoloniale, qu’il serait fort utile de faire tourner dans différentes villes, ainsi que par la brochure très intéressante qui a été publiée sur la mémoire de ces luttes à l’occasion du Forum. Bravo aux auteurs !

[3Rencontre prévue à Paris le Samedi 29 septembre 2007 à 15h lors de la Rencontre Annuelle de Résistons Ensemble. S’inscrire à : resistons(Arobase)free.fr

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  • Le 12 août 2007 à 14:19

    C’était une belle idée ce forum des quartiers populaires.
    Encore faut-il que la violence, les insultes ne proliférent pas au sein des groupes organisateurs.
    Témoin moi-même d’un prechi précha islamissime, d’insultes proférées à une femme ( sale pute, ferme ta gueule ), je suis parti illico du forum social.
    à suivre.
    Malik

  • Le 29 juin 2007 à 13:01

    Concernant les imams...
    Il est évident que les politiques ont encouragé la propagation de l’islam militant en France. Je pense que c’est la marche pour l’égalité de 1983 qui a fait prendre conscience à la classe politique française, socialistes en tête, que ces jeunes qui étaient de plus en plus instruits et politisés risquaient , à terme, de mettre à mal leur monopole. L’islamisme politique a constitué ainsi une aubaine qu’on a encouragée car même si, pudiquement, on fait semblant de l’ignorer ou de faire comme si, ses adeptes ne se battent que pour une seule cause : la propagation de l’Islam dans ses aspects les plus rétrogrades quels qu’en soient les moyens. Ce militantisme-là se fiche du non respect des règles de la république, des lois humaines ou des luttes sociales. Cela veut dire qu’il ne sera jamais l’allié d’un laïc, d’un non-croyant ou d’un athée même si ces derniers sont dans la même situation sociale que lui.
    A ce titre, il est un allié objectif du pouvoir pour lequel il a joué et joue encore le rôle de diviseur, de démobilisateur et de dépolitiseur au nom des principes qu’il défend, c’est-à-dire : « à quoi bon se battre pour la vie d’ici-bas, puisque la seule qui compte, c’est celle de l’au-delà. » Quand des imams ont été inquiétés en France c’est lorsqu’ils ont été tentés de transposer dans ce pays, les méthodes et les discours violents tels qu’ils pratiquent dans les pays en proie à ce fléau ( Algérie, Egypte principalement ). Ils ont en quelque sorte cassé un consensus qui arrangeait bien les affaires. Mais penser qu’un islamiste peut être un allié sincère d’un républicain laïc, c’est faire preuve de naïveté.

  • Le 28 juin 2007 à 09:34

    cet article est un compte rendu de la discussion sur le thème « police justice prison » du fsqp.

    donc ce qui est écrit reflète ce qui s’est dit dans la salle, avec parfois des positions contradictoires. Par exemple, un certain nombre de participant-e-s ne partagent pas l’idée que les imams expulsés de France soient un exemple particulièrement intéressant de « résistance »...

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