Le 1er décembre 1955, Rosa Parks refuse d’obéir aux injonctions ségrégationnistes et racistes du conducteur James Blake

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Almanach de Myrelingues

Alors qu’elle rentre d’une longue journée de travail comme couturière, Rosa Parks refuse de céder sa place à un passager "blanc" comme lui oblige la loi ségrégationniste et raciste de l’état de l’Alabama. Arrêtée par la police et condamnée pour « conduite désordonnée », elle ne se résigne pas à être une victime de plus du racisme ordinaire. Démarre alors un vaste mouvement de boycott qu’elle organise avec le jeune pasteur Martin Luther King Jr. et de nombreux.euses militant.es du mouvement des droits civiques.

Biographie de Rosa Parks

Rosa Parks est née le 4 février 1913 en Alabama aux États-Unis. Celle que l’on surnomme la « mère du mouvement des Droits Civiques », a été l’une des initiatrices des luttes des africain.es-américain.es pour l’égalité des droits, pour plus de justice sociale et pour une la reconnaissance de l’histoire et la culture africaine-américaine. Elle est avec Martin Luther King Jr., Malcom X ou Angela Davis, une des grandes figures des combats des africain.es-américain.es. Après des années de lutte, elle a consacré sa vie à promouvoir le mouvement pour les droits civiques auprès des jeunes. Elle est décédée le 24 octobre 2005 à 92 ans.

Le 1er décembre 1955

À Montgomery, ville d’Alabama, un des États les plus racistes des États-Unis, alors qu’elle rentre d’une longue journée de travail comme couturière, Rosa refuse de se lever dans un bus pour laisser sa place à un "blanc". Alors que le zélé conducteur de bus James Blake lui rappelle la loi et lui ordonne de céder sa place, elle refuse. Face à son refus catégorique, le conducteur stoppe le bus et appelle la police, une scène banale dans un monde où règne une forme honteuse de racisme ordinaire.

- « Pourquoi tant de persécutions ?
- Je l’ignore, mais la loi est la loi et je vous arrête, »

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Voilà l’échange entre Rosa Parks et les policiers venus l’arrêter dans le bus, ce 1er décembre 1955. Inculpée pour « conduite désordonnée », elle devra s’acquitter d’une amende de 15 dollars. Cette arrestation n’a rien d’extraordinaire et est assez banale dans les États ségrégationnistes du sud des États-Unis. Mais ce qui aurait pu être qu’une arrestation comme une autre dans un pays où règne un racisme systémique fort, se transforme en mouvement social de grande ampleur. Rapidement, elle joint l’avocat africain-américain Edgar Nixon. Bien que furieux du traitement réservé à Madame Parks, il voit aussitôt l’intérêt symbolique du combat à mener. Il appelle un avocat "blanc", Clifford Durr, qui accepte de contester la loi sur la ségrégation dont Rosa Parks est victime et lance alors un combat juridique contre la ségrégation.

De plus, l’arrestation de Rosa Parks conduit Martin Luther King Jr., qui n’a que 26 ans, Ralph Abernathy et une cinquantaine de dirigeant.es de la communauté africaine-américaine à appeler au boycott des bus de la ville. Un appel entendu par toute la communauté. La clientèle africaine-américaine décide alors de se déplacer uniquement à pied, parfois sur des très longues distances, en dépit des intempéries. Des taxis conduits par des africains-américains se proposent comme substitut, mais ils sont rapidement déclarés hors la loi. Avant ce 1er décembre, en payant le même prix qu’un passager "blanc", les africain.es-américain.es devaient s’asseoir à l’arrière du bus aux places « colored » réservées aux "personnes de couleur" ; céder sans condition leur place en cas d’affluence et ne devaient jamais prendre place devant ou à côté d’un "blanc", même dans l’espace réservé. Le boycott dura 380 jours. Compte tenu de l’importante clientèle africaine-américaine, 75 % des utilisateur.rices environ, il a représenté un manque à gagner considérable pour la compagnie de bus. Il prend fin le 20 décembre 1956, date à laquelle est appliqué l’amendement du 13 novembre 1956 de la Cour Suprême des États-Unis, déclarant anticonstitutionnelle la ségrégation dans les bus de Montgomery. C’est une des premières victoires légales du mouvement des droits civiques.

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« On a souvent dit que j’avais refusé de céder ma place ce jour-là parce que j’étais trop fatiguée », peut-on lire dans une autobiographie de Rosa Parks, « mais ça n’est pas exact. Je n’éprouvais pas un sentiment de fatigue physique, ou du moins pas plus qu’à l’accoutumée après le travail. Ma fatigue était plutôt morale. J’en avais assez de toujours suivre sans protester les ordres des Blancs. »

Le refus d’obtempérer de Rosa Parks n’est bien évidemment pas le premier depuis le début de la ségrégation raciale. D’autres arrestations ont eu lieu dans les états ségrégationnistes du Sud, mais il semble que celle de Rosa Parks a été la goutte d’eau qui a lancé un mouvement de grande ampleur à Montgomery. Son arrestation n’est d’ailleurs pas la première de l’année sur le même sujet. Le 2 mars 1955, Claudette Colvin, alors qu’elle est lycéenne au Booker T. Washington High School de Montgomery, est menottée, arrêtée et expulsée manu militari d’un bus public après qu’elle ait refusé de céder son siège à un homme « blanc ». Elle clame elle aussi que ses droits constitutionnels sont violés. Colvin est membre active du groupe de jeunes du NAACP (National Association for the Advancement of Colored People), dont Rosa Parks est conseillère.

Comme beaucoup d’autres africains-américains de l’époque qui s’engageait dans la lutte pour les droits des africain-américains, le couple Parks perd son emploi. En outre, acculé par les menaces, en 1957, il doit déménager à Détroit, au Nord-Est du pays. Mais grâce à son action, grâce au mouvement lancé par elle, par Martin Luther King Jr. et Ralph Abernathy, et grâce surtout à la ténacité des africain.es-américain.es de Montgomery, le mouvement pour l’égalité des droits civiques était né ...

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