Rentrée des animateur-es : la gueule de bois...

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Article Chat Noir Tempête n°4

Septembre a eu comme un goût bizarre pour les volontaires et les professionnel-les de l’animation.
Les animateur-es qui ont travaillé tout l’été en séjour de vacances avec des enfants se retrouvent pour certain-es avec 1 300 euros net en poche... Ils et elles ont travaillé 7 semaines, 6 jours sur 7, 14 h par jour : lever 8 h, coucher des enfants 22h, fin de réunion : minuit. La nuit, ils et elles sont toujours responsables des enfants.
Chère annexe 2 ! Eh oui ! La convention collective de l’animation socioculturelle comprend une annexe 2 qui concerne le personnel pédagogique employé occasionnellement dans les centres de vacances et de loisirs. La plupart des personnes embauchées sous l’annexe 2 sont titulaires d’un diplôme d’animation volontaire (BAFA, BAFD) ou sans diplôme. Cette annexe 2 est une dérogation au code du travail, le temps de travail par jour équivaut à un forfait de deux heures.

Dans les associations, les animateur-es permanent-es qui y travaillent toute l’année, en CDD ou en CDI ont pour certain-es vécu un été similaire. Elles et Ils ne sont pas sous l’annexe 2 de la convention, mais cela ne rend pas les choses plus simples : « J’ai travaillé 14h par jour : Ai-je le droit de travailler 14 h par jour ? Comment compter mes heures ? La nuit, je suis responsable des enfants, comment compter ces heures ? Et si je les compte toutes, que va en faire la direction ? Il est impossible que je les récupère, vont-ils me les payer ? »

Et il y a les emplois-jeunes qui savent que la rentrée est là mais la sortie proche : les directeur-es annoncent qu’ils ne peuvent pas leur proposer de CDI, « à cause du désengagement de l’État ». Rappelons que ces mêmes directeur-es ont parfois fait le choix de créer plusieurs emplois jeunes au lieu d’un CDI. Si toutes les associations ne prolongent pas leurs emplois jeune en CDI, que vont devenir ces jeunes animateur-es ? Illes sont désormais formé-es (diplôme d’animation professionnelle) mais les postes disparaissent avec la fin des emplois jeunes !

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Cette « rentrée gueule de bois » doit nous faire réagir ! Nous devons exiger le payement de nos heures supplémentaires effectués l’été.
L’animation est un travail comme un autre. L’annexe 2, dérogation au code du travail, assure la précarisation des animateurs et animatrices !
Nous devons refuser l’embauche d’animateurs(trices) sous l’annexe 2 dans nos structures et refuser les emplois précaires (CES, Contrat nouvelle embauche...)

On ne peut pas se dire association d’éducation populaire, dire porter des valeurs telles que l’émancipation de l’individu-e, en continuant d’exploiter aux yeux de tou-tes ces salarié-es ! Agissons maintenant et ensemble, salariés-es, adhérent-es, usager-es et militant-es de l’éducation populaire pour que les associations cessent d’exploiter leurs salarié-es !


« Il faut porter du chaos en soi pour accoucher d’une étoile qui danse »
Nietzsche

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