Communiqué face à la campagne médiatique d’extrême droite et la procédure judiciaire en cours contre l’occupation autonome de Lyon 2

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Le mardi 1er avril, le cours de Fabrice Balanche, professeur à l’Université Lyon 2 a été interrompu par des étudiant.e.s autonomes en réaction aux propos tenus sur CNews suite à la tenue d’une soirée « rupture du jeune » dans une salle occupée. Ce professeur s’illustre aussi par un soutien au génocide en Palestine, une proximité avec le régime d’Assad et de plusieurs régimes autoritaires
Par la suite, c’est toute la machine médiatique et l’extrème droite qui s’est mise en branle, et nous subissons depuis un lynchage médiatique de leur part. Voici notre communiqué.

Depuis plusieurs jours, et de plus en plus intensément depuis le mardi 1er avril une cabale de médias d’extrême droite s’abat sur les militant.e.s autonomes de Lyon 2. Le point de départ étant l’organisation d’une rupture du jeûne collective avec d’autres associations, où nous avons pu partager un repas avec toutes et tous. Rappelons qu’il nous est habituel d’organiser des cantines ou des distributions alimentaires régulièrement sur la fac pour lutter contre la précarité étudiante. En cette de fin de ramadan, et dans un souci d’inclusion, nous avons voulu organiser les mardi 25 et mercredi 26 mars 2025 ces distributions et des repas partagés à 19h pour que chacun et chacune, peu importe sa croyance ou non-croyance, puisse profiter de l’événement. Nous avons nommé ces repas collectifs « rupture du jeûne » dans une volonté de ne pas invisibiliser la situation des étudiant.e.s musulman.es afin de leur laisser un espace de partage et d’expression libre, sans jugement et en rupture avec le climat islamophobe actuel. D’autant que cela n’aurait jamais fait scandale si on avait organisé des repas pour Noël, ou l’épiphanie comme cela a par ailleurs été réalisé par le Crous. La présidence nous a rétorqué que cela était autorisé (pour le Crous) parce qu’il s’agissait d’une entité autonome au sein de la fac, on ne voit pas pourquoi cela ne pourrait pas être également possible pour notre occupation d’étudiants autonomes (qui ne représentent aucunement l’institution et qui par conséquent ne devraient donc pas avoir l’obligation de neutralité absolue).

En ce qui concerne le coin prière, nous assumons que oui, au sein de la salle occupée, nous laissons la possibilité aux étudiant.e.s de toutes confessions de prier, sans être pointé du doigt ou pire, pris en photo pour servir la communication d’idéologues racistes comme Damien Rieu. En effet, le climat islamophobe de notre pays pose la question de la sécurité des croyants dans la pratique de leur religion, dans leur vie de tous les jours et en particulier sur la fac. Rappelons que M. Retailleau le ministre de l’intérieur menaçait, il y a quelques semaines, d’interdire le voile dans nos universités : l’effet d’annonce ne s’est pas fait attendre puisque depuis, les agressions racistes et notamment les arrachages de voile se sont multipliées dans nos facultés.

À l’annonce de ces ruptures de jeûne, la présidence de l’université nous a fait valoir que cet évènement ne rentrait selon eux pas dans le cadre de la laïcité au sein de la fac - s’illustrant au passage par des propos islamophobes tenus à l’encontre de certain.e.s de nos camarades d’origine maghrébine parce que perçu.e.s comme musulman.e.s de facto (cf. Communiqué Lyon2 Islamophobe)- et nous a exhorté à annuler l’événement, ou au moins changer le nom en « repas partagé » et changer les visuels, au moins « celui avec la femme voilée », invisibilisant donc la revendication anti-islamophobe de l’événement .

Notre réponse collective a donc été de maintenir les ruptures de jeûne qui se sont passées sans encombres, sauf une visite mouvementée de la présidence pour nous menacer d’appeler la police et de fermer l’occupation en réaction à notre communiqué, jugé insultant alors qu’il répondait directement à l’agressivité de la responsable laïcité qui avait tenu les propos racistes en question ; l’équipe universitaire qui l’accompagnait s’était d’ailleurs désolidarisée de ces propos. In fine, la présidence a suivi la panique morale de l’UNI et des médias d’extrême droite en fermant l’occupation le jeudi 27 mars, la réaction ne s’est pas faite attendre : pour dénoncer ce coût de force aux allures de coût de pouce à l’extrême droite, les étudiant.e.s mobilisé.e.s ont bloqué le campus Porte des Alpes le vendredi 28 mars. Dès le lundi 31 mars, l’amphi H1 était occupé afin de maintenir un rapport de force, permettant de récupérer le lendemain la salle H.103 ainsi que nombre de nos affaires, documentations et materiels qui avaient été confisqués par la présidence.

En parallèle, depuis le 27 mars, l’UNI, dans leur communiqués et auprès des médias d’extrême droite tels que frontières, valeurs actuelles, le figaro, occidentis, Fdesouche etc... criaient victoire suite à la fermeture de la salle occupée par la présidence et une prétendue « interdiction des ruptures de jeûne ».

Fabrice Balanche - profeseur « émérite » de géopolitique « spécialiste » du Proche-Orient, recalé de SciencesPo Lyon-, est quant à lui allé le 30 mars sur Cnews, en sa qualité de professeur de l’université, relayer les propos infamants et fallacieux de l’UNI nous concernant, comme il l’avait déjà de nombreuses fois fait en faveur du régime israélien ainsi que pour le régime assadiste antérieurement.

Les étudiant.es mobilisé.es de l’occupation autonome, au courant des propos passés de ce monsieur et de son habitude de jouer l’intellectuel organique de l’extrême droite, ont donc décidé de jouir de leur droit de réponse légitime en interrompant son cours magistral mardi 1er avril vers 15h. Aux cris de « racistes, sionistes, c’est vous les terroristes », le cours a été arrêté avant que les étudiant.es rappellent à l’assemblée assistant au cours le soutien inconditionnel de Fabrice Balanche à la politique des régimes israéliens et assadistes. Le professeur n’a pas voulu répondre à nos accusations sur le moment, et a préféré s’enfuir dans son bureau, laissant ses étudiant.es seul.es dans l’amphi. C’est en réalité la honte installée dans son esprit par ce rappel honnête de ses positions politiques qui a motivé son départ précipité du cours, et non pas une expulsion supposément entreprise par les étudiant.e.s mobilisé.e.s. Le peu d’honneur qu’il lui reste l’a forcé à préciser qu’il n’y a eu aucune violence à son égard ; prouvant, certainement sans le vouloir, notre propos selon lequel ce n’est pas l’intimidation mais ce droit de réponse inopiné qui l’a profondément effrayé.

Suite à cette action, on a pu, une fois de plus, observé un grave manquement à la déontologie journalistique. Plusieurs médias ont relayé, sans la moindre vérification, un communiqué de l’UNI, sans croiser les sources ni accorder de droit de réponse aux personnes mises en cause. Ce manque de rigueur, qui aurait dû être évité par une simple démarche journalistique, interroge sur l’état des médias.

Que des médias d’opinion d’extrême droite s’emparent de ces éléments sans précaution n’est pas surprenant. Mais que des médias, tel que Le Progrés, se revendiquant comme média d’information reprennent à leur tour ces discours sans recul est bien plus préoccupant. Plutôt que d’exercer logiquement leur devoir de vérification et d’analyse critique, ils se sont contentés de reprendre les éléments de langage des médias d’extrême droite, contribuant ainsi à légitimer leurs récits et à diffuser leurs messages racistes, islamophobes et fascisants et ça sans le moindre recul.

Nous appelons donc la présidence à prendre acte du caractère militant des deux parties. En effet nous embrassons clairement nos qualités de militants anti-racistes, anti-impérialistes, anti-capitalistes et décoloniaux et invitons la présidence à aussi reconnaître la position de militant d’extrême droite de Fabrice Balanche, qui utilise le nom de l’université Lyon 2 (tout en étant payé par elle) pour vernir ses propos colonialistes. Sa place n’est aucunement dans une université mais sur un plateau de CNews. Un écosystème qui manifestement lui paraît bien plus approprié et confortable.

Extrême droite, racistes, colonialistes hors de nos facs !!!

Les étudiant.e.s autonomes mobilisé.e.s de Lyon 2

Nota bene : nous apprenons en ce jour vendredi 4 avril, lors de son passage dans l’émission de Pascal Praud sur Europe1, la plainte déposée par Fabrice Balanche à notre encontre avec le soutien de l’université, et demandons donc à la présidence de retirer son soutien à ce professeur plusieurs fois épinglé pour islamophobie et sexisme au sein même de la fac, dans sa campagne bâillon contre les étudiant.es mobilisé.es.

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