Interpellation et arrestation musclée dans le centre ville de Saint-Etienne.

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Mardi 10 avril 2007 aux alentours de 16h30 : avec la voie des trams bloquée, deux voitures de la police nationale au milieu de la rue, pas moins de dix policiers en tenue, dont six avec les gilets pare-balles et certains avec les gazeuses lacrymogènes à la mains, la police s’est donnée en spectacle en utilisant la force de façon disproportionnée.

C’est dans la rue du Général Foy, à l’angle de la rue Georges Teissier que trois personnes, apparemment mineures, sont interpellées par une voiture de police aux alentours des 16h 30 mardi 10 avril 2007.

Deux des trois mineurs veulent esquiver le contrôle de police et accélèrent donc le pas en descendant la rue et se place dans une allée parallèle à la rue Camille Colard. Les policiers descendent de leur véhicule pour les contrôler, la patrouille se scinde en deux, d’un coté un policier accoste le mineur resté à la hauteur de la voiture et lui écrase son joint par terre en s’adresse sèchement à lui : « j’te demande si c’est un joint, dis moi pas non ! Tu veux que j’te mette en garde à vue pour ça ? », le mineur est mal à l’aise et ne bronche pas.

Le reste de la patrouille de policiers nationaux court en direction de l’allée où se sont réfugiés les 2 autres jeunes. Quelques instants plus tard, ce sont quatre policiers municipaux cette fois-ci qui descendent du tramway en courant pour assister leurs collègues dans l’allée. Les deux jeunes, bien que ne montrant aucune forme d’hostilité, sont interpellés brutalement et ramenés vers les véhicules de police avec une double clé de bras et des rougeurs sur le visage : « vous m’arrêtez comme ça devant tout le monde, vous me foutez la honte », leur dira l’un d’entre eux sous le coup de la colère. Un policier montrera un petit bout de cannabis à son supérieur, sans doute sorti de la poche d’un des interpellés.

Entre temps, un attroupement de badeaux se forme aux alentours des voitures de police. À plusieurs moments des indignations se faisaient entendre : « la nouvelle génération je la plains, les jeunes n’ont plus le droit de rien faire maintenant », nous dira une dame d’un certaine age, « brutaliser des ados pour un joint mais c’est plus possible, j’ai vu toute la scène, ça va trop loin là », dira un père de famille dépité.

Les effectifs déployés et la force utilisée cette après-midi là en plein centre ville à l’encontre de trois jeunes ne montrant aucun signe de troubles à l’ordre publique a dû en choquer plus d’un. La scène a suscitée une grande curiosité, de l’incompréhension et pas mal de discussion sur les trottoirs stéphanois. Par ailleurs, à la vue des nombreux endroits où se poste régulièrement la Police depuis quelques temps déjà dans les rues de la ville, à travers ce fait survenu à l’angle de la rue Camille Colard et de la rue du Général Foy, c’est la politique du chiffre qui se matérialise à Saint-Etienne.

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  • Le 13 avril 2007 à 00:13

    Je suis stéphanoise et j’ai déjà assisté à des scènes similaires dans la rue en plein jour ou le soir. J’ai meme interpellé des policiers alors qu’ils brutalisait un jeune homme qui ne cherchait pas à se débattre ni à s’enfuir. Bien évidemment, les policiers étaient furieux et m’on invectivé mais étant donné que je m’étais immobilisée pour les regarder faire, ils ont cessé de brutaliser le « suspect » ! Je pense qu’il ne faut pas hésiter à se montrer citoyen en exprimant clairement son désacord aux forces de l’ordre lorsqu’ils dépassent les bornes. Nous ne sommes pas au far west, si les policiers sentaient la population plus apte à réagir, ils se sentiraient moins forts !!

  • Le 12 avril 2007 à 11:55

    Le documentaire « sans casque ni bouclier » montre bien les dérives policières dues à la politique du chiffre et de la rentabilité des délits, dont ce récit est un exemple parfait. Il est lisible en flash ou téléchargeable.

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