A toutes les Nuits Debout de Province ou à ceux qui aimeraient les rejoindre, faisons une énorme vague : allons à Paris à pied !

724 visites
Nuit Debout 5 compléments

Dans leur lutte face à l’extension d’un camp militaire pour ne pas se faire expulser de leurs terres, les paysans du Larzac dans les années 70 organisent une grande marche du Larzac jusqu’à Paris : pour y faire entendre leur colère, mais aussi pour éprouver les campagnes, petites villes, villages, hameaux qui les accueillent sur leur passage. Leur détermination était si grande à changer les choses qu’ils ont dû rompre avec leurs habitudes, laisser leurs champs en friche pour quelques temps.

Des habitudes nous en avons : le travail, les études, les rendez-vous, les engagements. Ceux-ci pèsent sur chacun de nous à chaque fois que nous voulons manifester, lutter, réfléchir. Je crois que cette double-vie que nous menons en ce moment nous épuise, nous érode. De plus, nous savons tous ici (sans oser le dire), que les changements que nous appelons de nos vœux (démocratie radicale, mode de vie alternatif, redéfinition du travail) ne se feront pas sans cette rupture avec ces habitudes, sans changement sur nous-mêmes avant le reste. L’Histoire le montre.

Nous proposons un dilemme, à discuter, et à mettre en pratique dans les plus brefs délais car nous n’avons plus beaucoup de temps :

Soit 1) Nous poursuivons les manifestations, les blocus, les Nuit Debout en attendant des ouvriers qu’ils mettent en place une grève générale reconductible que nous passerons sagement à la maison devant notre télé. De mon point de vue, nous nous épuiserons à rêver d’un autre monde des jours et des jours encore sans que le cadre soit ébranlé, et précisément dans le cadre de la lutte telle qu’elle est inscrite dans notre Ve République.

Soit 2) A l’image de notre mouvement, neuf, inventif, pacifique, affirmatif, nous partons de toutes nos villes pour rejoindre la Nuit Debout de Paris à pied, comme les paysans du Larzac. Cela peut prendre deux semaines comme un mois : sur notre chemin, faisons escale dans tous les villages et villes que nous rencontrerons pour y poursuivre nos réflexions et nos débats. Je pense que la colère est immense dans nos campagnes : profitons des élections qui se profilent pour désamorcer le Front National, et construire une vraie et grande Nuit Debout, qui dépasse les classes urbaines et étudiantes. Occupons le temps, occupons l’espace, occupons les médias le plus longtemps qu’on le peut, et mettons-nous en mouvement réellement, sur les chemins. Les têtes suivront, j’y crois profondément.

Nous pensons que cette initiative mettra à jour notre réelle détermination : car si nous pourrions être prêts à mettre entre parenthèses nos habitudes pour renverser la table, nous ne pouvons plus nous permettre de perdre de l’élan politique en AG obséquieuses et vides de toute vitalité politique. Que ceux qui se sentent capables de réaliser cette grève en mouvement et d’aller chercher les indignés dans tous les recoins de France le fassent, car sinon, j’ai bien peur que ces Nuits ne soient pas à la hauteur de nos ambitions et de nos rêves conjugués, et qu’elles demeurent un repli chaleureux et non plus une énorme vague.

Nous avons un désir commun qui ne fait que s’exprimer toujours plus fort chaque jour sur nos places : nous perdrions beaucoup à ne pas le réaliser.

Proposer un complément d'info

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

  • Le 10 avril 2016 à 19:03, par P’Louis

    Je n’ai pas souvenir que les habitants de Plogoff aient eu besoin de monter à Paris pour se faire entendre et gagner leur combat (au début des années 80).
    A voir et/ou à revoir : Plogoff, des pierres contre des fusils, un film documentaire de Nicole Le Garrec

  • Le 10 avril 2016 à 13:51, par Louise G

    Je comprends les critiques sur le parisianisme qui émergent, et je suis tout à fait d’accord. Je crois que mon idée se situe surtout dans le fait de sillonner les campagnes, et de mettre les Nuits en mouvement dans les banlieues, et dans les villages, bref, sortir de l’urbain. L’arrivée à Paris importe peu, c’est aussi médiatique, et parce que les institutions à renverser sont là. On peut aussi imaginer des Nuits Debout en marche qui n’aillent pas à Paris. Quant aux rassemblements au Larzac, ils ont pu se faire parce que les 103 paysans du Larzac ont traversé la France en emmenant tout le monde sur leur passage, d’où mon initiative. Sur le caractère excluant de la méthode, je trouve que ça invite justement à réfléchir sur ce qui nous exclue de la lutte et pas l’inverse. Dire : le travail m’empêche de renverser l’ordre établi, c’est énorme et ça demande réflexion. Je pense que si d’autres actions sont peut-être meilleures, il faudra penser à rompre nos habitudes, loin des Nuits Debout sympathiques qui pourraient ne pas suffire du tout à bousculer le monde comme nous le désirons tous ardemment. Nuit Debout qui reste aussi excluante pour les campagnes, les banlieusards, les précaires, les familles...
    A discuter...

  • Le 10 avril 2016 à 08:10, par

    Le mot « province » est très insultant. Ras le bol de la supériorité parisienne et du colonialisme ! Si quelques gens du Larzac se sont déplacés une fois ou deux à Paris, combien de rassemblements beaucoup plus énormes se sont passés au Larzac-même...

    Pour éviter cette insulte permanente, supprimons définitivement les départements et recréons des provinces au sein de régions viables autonomes. Ainsi les Parisiens et Parisiennes seront aussi en province dans le Parisis.

  • Le 10 avril 2016 à 03:56, par P’Louis

    Absent ce soir Mais regrettes de ne pouvoir dialoguer sur le « Silence nos quotidiens » : travail, étude, formation, café, loisirs, .. ;
    Une nuit et d’autres suffiront t-elles ?
    Occupons tous lieux où nous sommes au quotidien !
    Mais en avons nous le goût de l’aventure et/ou... la peur des désillusions ?
    Je t’aimes ...moi non plus .

  • Le 9 avril 2016 à 21:25, par Thias

    On cherche aussi à rompre avec le centralisme parisien tout bonnement insupportable. En plus c’est des méthodes très excluantes (ceux qui ne peuvent partir pour des raisons de santé, d’obligations etc - les mineurs/lycéens aussi -), et ça nous rassemblera pas forcément. Rester à Lyon, penser à de nouveaux moyens de lutte localement me semble le plus intéressant, ras-le-bol de Panam nous aussi on bouge.

Publiez !

Comment publier sur Rebellyon.info?

Rebellyon.info n’est pas un collectif de rédaction, c’est un outil qui permet la publication d’articles que vous proposez. La proposition d’article se fait à travers l’interface privée du site. Quelques infos rapides pour comprendre comment être publié !
Si vous rencontrez le moindre problème, n’hésitez pas à nous le faire savoir
via le mail contact [at] rebellyon.info

Derniers articles de la thématique « Nuit Debout » :

› Tous les articles "Nuit Debout"

Derniers articles de la thématique « Salariat - précariat » :

› Tous les articles "Salariat - précariat"

Derniers articles de la thématique « Globalisation - capitalisme » :

>Google et la Safe City

Un « atelier numérique Google » va s’installer à Saint-Étienne, sans doute à l’angle de la place Jean Moulin et de l’avenue de la Libération (ex Royal). Au-delà du barnum organisé autour de cette arrivée par G. Perdriau et J.M. Mis, député LREM, que peut bien signifier cette installation, ainsi que l’annonce...

>L’idéologie sociale de la bagnole

Un texte d’André Gorz datant de 1973, qui invite à « ne jamais poser le problème du transport isolément, toujours le lier au problème de la ville, de la division sociale du travail et de la compartimentation que celle-ci a introduite entre les diverses dimensions de l’existence ...

› Tous les articles "Globalisation - capitalisme"

Derniers articles de la thématique « Vie des quartiers - urbanisme - initiatives » :

>[Dijon] Pourquoi les Lentillères ne sont pas une Zone À Urbaniser

Le nouveau Plan Local d’Urbanisme Intercommunal proposé à l’enquête publique continue de définir le Quartier des Lentillères comme une Zone À Urbaniser, au mépris des évidences environnementales et urbanistiques. Nous avons cru nécessaire de rappeler aux urbanistes en quoi le Quartier des Lentillères...

› Tous les articles "Vie des quartiers - urbanisme - initiatives"

Derniers articles de la thématique « Fêtes - Festivals - Vie du mouvement » :

>En marge des fiertés 2 : festival queer racisé du 20 au 23 juin 2019

Nous revoilà pour une deuxième édition de notre festival queer racisé : En Marge des Fiertés 2 ! 🌈✊🏼💕✨ Le festival aura lieu dans un seul et même endroit : aux Sales Gosses Ink & More au 11 rue de la Vieille, 69001 Lyon du 20 au 23 juin 2019 ! (mis à part la soirée de...

› Tous les articles "Fêtes - Festivals - Vie du mouvement"