Appel aux blessé-e-s : suite aux violences policières du 28 à Lyon, ne restons pas seul-e-s, portons plainte !

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Loi travail 1 complément

Vous avez été blessé-e à la dernière manifestation ? Vos blessures sont visibles ?
Que vos blessures soient bénignes ou plus graves, vous pouvez porter plainte contre la police. Un collectif se forme à Lyon pour déposer plainte collectivement.

Ce collectif regroupe des personnes qui ont été hospitalisées au cours même de la manifestation pour des blessures importantes, ainsi que des personnes qui ont pu finir la manifestation mais qui ont constaté à l’arrivée qu’ielles avaient pris cher, ou encore des personnes qui ont simplement un hématome visible et qui veulent participer au collectif pour être le plus nombreux-se-s possible.

Les démarches : prendre des photos de ses blessures (ça c’est pour envoyer à rebellyon). Puis, même pour un simple hématome ou une simple coupure (mais aussi bien évidemment pour les blessures plus importantes), il faut se rendre aux urgences à l’hôpital pour faire rédiger un certificat médical initial qui constatera vos préjudices. Aller à l’hôpital est important, car la valeur juridique des certificats hospitaliers est de loin supérieure à celle d’un papier signé du médecin au coin de votre rue.
La plainte sera déposée par un avocat, à qui il faudra transmettre la copie de ce certificat médical ainsi que la copie d’une pièce d’identité. Si possible il faudrait faire ces démarches avant le début de la semaine prochaine, soyons réactifs face à la répression !
Pour entrer en contact avec le collectif, envoyez un mail à halteauxviolencespolicieres@riseup.net .

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  • Le 1er mai 2016 à 15:13, par LAURE

    Voici comment j’ai été agressé par les forces de l’ordre lors de la manifestation du 28 avril 2016 à LYON.

    Les faits :

    Nous sommes partis à trois (Dominique, Georges et moi) en covoiturage de Communay. Nous avons garé la voiture à Gerland, pris le métro et rejoint le point de rassemblement de la manifestation, à la manufacture des tabacs, vers 14 heures.

    Il y avait beaucoup de monde et une ambiance particulière, indescriptible.

    La foule s’ébranle et nous descendons le Cours Gambetta.

    Nous suivons la manifestation dans la masse des participants de plus en plus nombreux. Par deux fois nous sommes contraints de reculer après des tirs de grenades lacrymogène. Les foulards sortent des poches. Chacun se protège des odeurs insupportables, les yeux nous piquent. Une manifestante nous distribue du collyre. Moi qui viens d’être opéré de la cataracte je m’injecte copieusement des gouttes dans les deux yeux.

    La présence des forces de l’ordre est impressionnante. Ils encadrent les manifestants mais paradoxalement, au lieu les protéger contre les éventuels casseurs, ils orientent leurs boucliers non pas vers ces derniers mais vers les milliers de manifestants. Tout cela me semble bizarre.

    Nous arrivons vers la place Gabriel Péri. Des membres de la force de l’ordre à quelques mètres du cortège encerclent et capturent avec une rare violence une personne, Impossible de savoir s’il s’agit d’un casseur, d’un manifestant ou d’un membre des forces de l’ordre. Les manifestants pour se protéger forment une chaîne et tentent de poursuivre le parcours de la manif vers la Place Bellecour.

    C’est à ce moment que je ressens une douleur extrêmement violente au pied gauche. Moins d’une seconde ou deux après violente explosion. Une grenade vient d’exploser à mes pieds. La camarade qui est à côté de moi hurle. Elle aussi est touchée. Nous ne comprenons pas ce qui se passe. Elle tombe par terre le sang coule abondamment sur sa jambe. Georges et moi nous nous précipitons et avec l’aide de quelques autres personnes nous la transportons hors de la foule. Nous l’installons devant un bar de la place Gabriel Péri.

    Un cordon des forces de l’ordre barre l’accès de la rue. Je m’avance vers eux et je demande de l’aide. L’un d’eux me donne un coup de matraque sur l’épaule gauche. La nervosité ambiante n’explique pas tout. Je leur demande à nouveau de l’aide et les prie d’appeler une ambulance. Un autre membre des forces de l’ordre calme celui qui m’a frappé et me dit qu’une ambulance a déjà été appelée et va bientôt venir.

    Une personne que nous ne connaissons pas découpe le bas du jean de Dominique et dévoile la blessure, un profond trou noir d’environ quatre cm de diamètre sur la jambe droite. Ça saigne encore. Les premiers soins sont apportés.

    L’ambulance arrive et nous transporte au service d’urgence de l’hôpital Saint Luc Saint Joseph tout proche. Après plusieurs heures d’attente, les médecins examinent nos blessures, nous prodiguent des soins et établissent des certificats médicaux.
    À l’hôpital, nous apprenons que neuf personnes ont été blessées et soignées ici dont une gravement blessée. Combien dans les autres hôpitaux lyonnais ? Combien dans toute la France ? Combien de manifestants pacifiques ont été victimes des forces de l’ordre ?

    J’ai été victime de deux blessures : la première au pied gauche, vraisemblablement par un tir de flash ball, et la seconde aux cuisses à quatre endroits différents : un impact sur la cuisse gauche et trois impacts sur celle de droite, vraisemblabement par l’explosion à mes pieds d’une grenade à fragmentation.

    Quant à Dominique, elle a été victime d’un projectile lancé par les forces de l’ordre, probablement un tir de flash ball à moins qu’il ne s’agisse d’une grenade à fragmentation, je ne sais.

    Vincent LAURE

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