Associations d’éducation populaire et subventions privées

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La Rafale n°16 est en ligne sur Rebellyon. Ce numéro a été rédigé par les membres du syndicat CNT de l’éducation populaire et de l’animation.

L’article l’éducation populaire et les luttes sociales présente les difficultés actuelles des structures comme les MJC, et les luttes qui s’y déroulent en ce moment (comme avec l’occupation sur Valence de la MJC Mandela).

Un autre article montre les dangers des subventions privées (Associations d’éducation
populaire et subventions privées
), et le Petit Guide Juridique présente l’annexe 2 de la convention collective de l’animation relative au BAFA. (La Rafale est téléchargeable en pdf ici).

Une grande partie des associations d’Éducation populaire (dont la majorité
des salariéEs sont des animateurs(trices)) fonctionnent grâce aux
subventions publiques. Les financements publics sont en baisse constante.
Depuis quelques années, les fondations d’entreprise lancent des appels à
projet. La plupart des associations, afin de développer de nouvelles actions
répondent à ces appels à projet et reçoivent donc des subventions de ces
fondations d’entreprises. Les conseils d’administration et les directeurs
(trices) de ces associations font appel à ces subventions sans réfléchir ou
en ayant le discours « Autant en profiter », pensant que l’objectif de leur
association nécessite n’importe quel financement, sans penser au sens et à
la portée politique de leur décision.

Fondations d’entreprise : qu’est-ce que c’est ?

Toutes les multinationales ont une fondation d’entreprise. Exemple :
Fondation Vivendi Universal, Fondation Mac Donalds, Fondation BNP Paribas,
Fondation de France (qui regroupe de multiples multinationales). Une partie
des bénéfices de la multinationale est reversée à la Fondation (ce qui donne
droit en passant à une exonération d’impôt). Par exemple, Mac Donald’s a
reversé 1.7 Milliard d’euros à la fondation Mac Donald’s en 2003.

La fondation propose aux associations, sur des projets précis (et non sur le
fonctionnement général) et sur un temps donné (environ cinq ans) d’attribuer
des subventions pour encourager la naissance et le maintien de certains
projets.

Le cahier des charges n’est pas lourd, les subventions sont attribuées
facilement du moment que le projet rentre dans les grandes lignes de la
fondation. (Exemple : La fondation Vivendi Universal attribue des
subventions à des projets d’aide à l’emploi, la fondation BNP Paribas à
l’accompagnement scolaire, l’encouragement aux carrières de jeunes artistes, la Fondation Auchan, elle, subventionne des projets à l’initiative de jeunes (musique, sport, etc.) )

Les fondations insistent tout de même sur la mise en valeur de leur logo,
qui est le même que la multinationale. Publicité donc toute trouvée,
puisque très rapidement, la multinationale, voit son logo trôner autour de
projets forts de sens, d’accompagnements de projets de solidarité, de
création artistique, etc. La multinationale porte donc des projets aux
valeurs fortes qu’elle n’encourage pas dans sa gestion d’entreprise. Comment
peut-on parler d’aide à l’emploi, d’encouragement à la création artistique,
d’aide aux personnes en difficulté financière ou sociale quand la logique
libérale et l’idéal capitaliste qu’ils portent cherche le chômage, la
normalisation de l’art, les inégalités de salaires et de droits ?

Certes, ces fondations d’entreprise ne sont pas regardantes, mais jusqu’à
quand ? La baisse des subventions publiques encourage l’augmentation des
subventions privées. Les instances publiques (État, conseil régional,
Caf...) auxquelles nous nous adressons actuellement, sont déjà sur un mode
de fonctionnement d’appel à projet. Ils ont un droit de regard très fort sur
les projets mis en place. Par exemple si leur axe fort est « la parentalité
 », il est très compliqué de se faire subventionner sur un projet
complètement différent qui ne porte pas sur la relation parents/enfants.
Les subventionneurs privés iront plus loin. Ils ont en ligne de mire
l’hyperconsommation comme mode de société, et veulent enlever tout débat,
tout ce qui permet à chacun de se positionner, de réfléchir, de construire.
Hors nous, animateurs (trices) d’éducation populaire, notre métier, notre
ambition est de permettre à chacun d’être acteur de ce qu’il vit, de ne pas
simplement choisir, mais de faire, d’agir, de construire.
Et le cauchemar arrive vite quand on pense que les logos des multinationales
seront présents sur chacune de nos actions. Parlera-t-on de festival de
musique subventionné par la Fondation Vivendi Universal, de jardin
pédagogique financé par La fondation Aventis, de projet d’éveil au goût chez
les enfants subventionné par la fondation MacDonald ?
Certes, nous sommes salariéEs d’associations et n’avons pas le pouvoir de
décider du budget, ni des subventions sollicitées dans les associations où
nous sommes salariéEs.

Mais nous sommes militantEs d’éducation populaire.

Avec ces subventions, issues d’instances non démocratiques, issues
d’entreprises qui exploitent leurs salariéEs, qui exigent de leur salariéE
des conditions de travail inacceptables, qui répriment les syndicats en
France et dans le monde entier, notre action sociale, éducative et
socioculturelle est en danger.

Nous devons exiger un refus de ces subventions d’entreprises par nos
conseils d’administration et par nos équipes de direction !

Si l’État continue à baisser ses subventions, nous ne céderons pas aux
financements privés, nous ferons autrement, nous nous organiserons sans eux,
pour rappeler que les associations d’éducation populaire sont là pour
permettre à chacunE de s’interroger, de débattre, de construire et que rien,
ni aucune multinationale, ni aucunE ÉluE, ne décidera à la place de ses
militantEs !

P.-S.

À Lyon, une section CNT s’est créée dans l’éducation populaire et l’animation. Contactez-nous !

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