Depuis la LRU, Rebellyon et des centaines de serveurs sont victimes de la censure de Lyon 2

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À ce jour, un an après la fin du mouvement contre la LRU un peu plus de 1000 serveurs sont interdits de communications avec toutes les adresses mails de l’université Lyon 2 (@univ-lyon2.fr).
Il s’agit encore d’une censure de l’administration de Lyon 2. Cette fois-ci, elle prend pied dans la communication électronique des 28.000 étudiant.es mais aussi de l’ensemble de la communauté universitaire de Lyon 2.
Pourquoi une telle chinoiserie ?

Il s’agit encore d’une censure de l’administration de Lyon 2 découlant du mouvement étudiant de l’hiver dernier. Cette fois-ci, elle prend pied dans la communication électronique des 28.000 étudiant.es mais aussi de l’ensemble de la communauté universitaire de Lyon 2.

En effet, à ce jour (janvier 2009), un an après la fin du mouvement contre la LRU un peu plus de 1000 serveurs sont interdits de communications avec toutes les adresses mails de l’université Lyon 2 (@univ-lyon2.fr). Pourquoi une telle chinoiserie ?
Par trois fois, Rebellyon a été mandaté soit par l’Assemblée Générale des Étudiant-es et Personnel-les soit par le Comité de Grève pour envoyer leurs communiqués aux étudiants.
La troisième fois, les mails ne passaient plus (voir en pièce jointe le dernier envoyé le 2 décembre 2007). La liberté d’expression du groupe d’étudiant-es résistant-es était frappée d’ostracisme.

La présidence a pendant ce temps envoyé pas loin d’une quinzaine de communiqués tous autant mensongers que calomnieux. Par exemple que les étudiant-es grévistes menaçaient la sécurité des participant-es à un colloque de sciences sociales.
Des mots mêmes du président Journès, il a fait la guerre à ses étudiant-es, n’hésitant pas à utiliser tous les moyens (CRS, Gendarmes Mobiles, vigiles privés, destruction de locaux associatifs et culturels, mensonges, calomnies, manipulations, propagande à travers le web-étu). Nous sommes bien loin de l’esprit d’ouverture, de dialogue et de débat clamé par la présidence d’autant plus fort qu’il fallait cacher la réalité de ses actions.

L’Administrateur Systèmes et Réseaux (ASR) de Lyon 2 n’a été que le relais technique de la volonté politique de guerre menée par la présidence, elle-même suivant des instructions anti-contestataires et répressives directement du ministère.
Trop collaborateur, l’administrateur a dépassé ses obligations.

Premièrement le docile informaticien a considéré les communiqués étudiants comme des spams mais pas les autres communiqués de la présidence pourtant tout autant voire plus, non-sollicités. Il connaît pourtant la définition Renater [1] des incidents spam : « spam ou courrier électronique non-sollicité est le nom générique donné à toutes formes d’envoi massif de mails à caractère publicitaire. ».
Où est le caractère publicitaire de ces communiqués (cf. pièces jointes) ?

Deuxièmement, on ne bloque jamais plus de 1000 adresses IP (un /22 [2] entier correspondant à plusieurs entreprises, organisations, particuliers, associations et formations militantes bien distinctes) pour un seul envoi depuis une seule adresse. C’est pourtant contraire au principe de réponse proportionné inscrit dans les chartes et les codes de déontologie des ASR (Administrateurs Systèmes et Réseaux).

Troisièmement d’avoir mis sur liste noire une machine qui envoie des mails aux étudiant-es et personnel-les pour le bon déroulement du site participatif d’informations rebellyon.info par exemple est interdit.
La citation qui suit a été prise dans la rubrique législation sur le site de l’UREC du CNRS qui ne peut être méconnu de tout bon ASR.

« Les listes noires : le système repose sur le principe que l’on peut identifier les serveurs expéditeurs de pourriels et qu’il suffit donc de systématiquement refuser les messages émanant de ceux-ci. Dès lors que ces serveurs sont susceptibles d’adresser des messages autres que des pourriels, la suppression (ou le refus) de ces messages, qui sont des correspondances privées, est interdite. Ainsi, le système des listes noires risquerait d’entrainer la suppression de correspondances privées et, ainsi, la commission d’un délit. »

Quatrièmement : « La démarche de l’administrateur doit être impartiale et sincère. Il doit agir dans le cadre de ses fonctions et son action ne doit pas découler d’une initiative personnelle ou d’un ordre hiérarchique mais d’une nécessité justifiée par des impératifs de sécurité. » dit Monsieur Le Responsable des affaires juridiques du GIP.
Où est l’impartialité ?
Où est la sincérité ?
Où est la réprobation de son ordre hiérarchique ?
Ouù était l’impératif de sécurité ?

Pour la prochaine fois, j’informe monsieur Patrick Proniewski qu’il peut refuser d’obéir à un ordre hiérarchique, il se trouve que la jurisprudence française lui confère un statut particulier et donc protégé.

Cinquièmement, les adresses mails des étudiant-es ont été récupérées dans un fichier tableur sur Internet grâce à une simple recherche google ce qui est - inutile de le préciser - un manquement très grave.
Mise à jour 10 février : Depuis la parution de cet article, ce document n’est plus accessible... C’est la CNIL qui doit être satisfaite, mais pas nous, la censure continue...

Au lieu de censurer les étudiant-es, de priver toute la communauté universitaire de milliers de listes mails, de centaines de sites web et de tous les services électroniques, il serait utile si vous en avez la compétence de colmater les failles béantes de sécurité de votre système.

Sixièmement, voyant la réaction de proscription aux mails communiqués des Assemblées Générales, l’envoi de ces derniers a été suspendu ; nous aurions pu utiliser d’autres serveurs comme ceux de FAI commerciaux (Free, ...) mais en suivant la logique de l’ASR, rapidement l’université de Lyon 2 aurait mis sur listes noires l’ensemble des serveurs mails de l’Internet, plongeant Lyon 2 dans un autisme complet.

Finalement, nous vous rappelons que les e-mails relèvent un caractère privé, et il est inadmissible que vous décidiez d’un tel détournement et destruction de correspondance, à l’insu même des destinataires et expéditeurs (pas de messages d’erreurs). Je vous rappelle que la jurisprudence française assimile les emails à du courrier, et le détournement ou destruction de courrier est un délit.
Nous vous demandons donc de bien vouloir cesser cette censure inadmissible et illégale.
Nous vous demandons aussi de mettre au poste d’ASR de Lyon 2 quelqu’un de plus compétent et de moins servile.

P.S. : si depuis le 2 décembre 2007, vous ne recevez plus de messages électroniques de vos correspondants notamment nord-Américain.es, de rebellyon.info ou d’autres site web ou listes, ce n’est pas du à votre faute mais à l’impéritie de l’administrateur réseaux de Lyon 2.

L’équipe de rebellyon.info

Notes

[1RENATER (réseau national de télécommunications pour la technologie, l’enseignement et la recherche) est le réseau informatique français reliant les différentes universités et les différents centres de recherche entre eux en France métropolitaine et dans les départements d’outre-mer.

[2La notation /22 fait référence au nombre de bit égal à 1 dans un masque réseau écrit au format binaire. Le masque réseau permet de définir le nombre d’adresses IP associées à un même réseau. Ainsi un /22 appliqué à un réseau permet de définir 1024 machines sur ce même réseau. C’est une espèce de filtre. Sans filtre (sans masque) un réseau peut contenir 4 294 967 296 machines.

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