Le 16 juillet 1898 meurt Grange, l’ennemi de toute candidature

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Le 16 juillet 1898, le militant anarchiste lyonnais Pierre Desgranges, surnommé GRANGE, est mort à 33 ans. Il fut très souvent harcelé par les autorités pour son activisme. Il était né le 10 juin 1865 à Villefranche-sur-Saône.

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Pierre Desgranges, que l’on appelait plutôt Grange, est né à Villefranche-sur-Saône le 10 juin 1865. c’était un ouvrier en balais et un militant anarchiste, tout comme son père et tout comme son frère Victor, dit Joany.

Après avoir longtemps habité chez ses parents à Villefranche-sur-Saône, Pierre Desgranges se fixa à Lyon au début de l’année 1890. Il s’y maria, en septembre 1894, avec Marie Canova, dévideuse, sa concubine. Il habita successivement aux Brotteaux, cours Lafayette, puis dans le Vieux Lyon, rue du Boeuf.

Ses activités ne tardèrent pas à attirer l’attention de la police qui perquisitionna chez lui à plusieurs reprises : le 30 mars 1892, le 17 novembre 1893, le 1er janvier 1894. Il fut alors écroué en vertu de la loi du 18 décembre 1893, sous l’inculpation de participer à une association de malfaiteurs, puis remis en liberté faute de preuves le 8 janvier 1894. Une dernière perquisition eut lieu à son domicile le 6 juillet 1894. Grange était en relations avec Louise Michel, Sébastien Faure et Jean Grave.

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Le 27 décembre 1891, il participa, aux Brotteaux, à la constitution d’un groupe de la Jeunesse antipatriote qui s’occupa, aux approches du 1er mai 1892, avec ses amis, de la préparation de la manifestation avec le souci de rechercher le recours à la violence. En février 1892, il fonda un groupe anarchiste Les Ennemis de toute candidature et fréquenta les réunions du groupe croix-roussien Ni Dieu, ni maître, installé rue du Mail. Lors des élections législatives de 1893 il fit acte de candidature abstentionniste, dans le 1er arrondissement de Lyon.

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Vers 1896 il s’efforça de coordonner l’action des groupes anarchistes dispersés dans Lyon. Il proposa la constitution d’une société régulière dont la couverture légale faciliterait les réunions et les conférences des compagnons. Mais cela ne put se réaliser. À cette époque il tenta, avec l’aide du Cercle de l’Égalité de fonder une bibliothèque anarchiste et il participa, aux côtés de Sébastien Faure, à une active campagne abstentionniste. Mais Grange poursuivait encore une autre idée : il avait le projet de fonder une revue lyonnaise internationaliste La Jeunesse Nouvelle. À force de persévérance (et de souscriptions) il parvint à louer, 9-11, rue de la Monnaie (aujourd’hui rue Port du Temple), un local qui servit de salle de réunion et de siège à la revue dont le premier numéro parut le 5 décembre 1896. Cette revue, à laquelle ont collaboré entre autres Toussaint Bordat, Augustin Hamon, Lempol, Loys Dormain et Henri Perceval fut publiée sous au moins trois numéros (La Jeunesse Nouvelle n°3, 6 février 1897).

Le 18 mai 1897, Pierre Desgranges quitta Lyon pour aller habiter chez son frère Victor, à Villefranche-sur-Saône, 8, rue des Tanneurs. En avril 1898, il tomba gravement malade et, après un séjour à l’Hôtel-Dieu de Lyon, il fut ramené à l’hôpital de Villefranche-sur-Saône où il mourut le 16 juillet 1898, à l’âge de 33 ans.

P.-S.

Source : Dictionnaire des militants anarchistes

(Ne surtout pas confondre avec le député gaulliste Pierre Desgranges, né à Lyon le 13 janvier 1898, et établi à Andrézieux-Bouthéon, où un lycée porte son nom)

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  • Le 24 juillet 2007 à 00:09

    Ce que poursuivait Grange serait une bonne idée en ces temps obscurs. Tous se fédérer malgré nos sensibilités multiples afin de résister encore plus fortement contre cet état arbitraire, à la pensée unique. Tous unis pour un monde plus fraternel avant que le cancer du capitalisme et de l’indifférence nous précipite dans une société robotisée.

    kayen

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