Les guerres tordues

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Un petit texte pour saisir la logique de l’état d’urgence : non pas une opération pour prévenir de nouveaux « actes de terrorisme » mais une facilitation extraordinaire du travail policier quotidien. Pour comprendre aussi que la cible prioritaire de l’anti-terrorisme n’est pas les dhihadistes mais l’ensemble de la population. Et que dès lors, il faut donc changer son fusil d’épaule : mener la guerre veut d’abord dire sortir d’un état de minorité, d’un état de sujet gouvernable. Tordre le concept de guerre. Pour pouvoir lutter contre le fondamentalisme de Daech et le fondamentalisme économique des gouvernants.

État d’urgence, mode d’emploi

Depuis mi-novembre, avec l’instauration de l’état d’urgence puis sa prolongation pour trois mois, quelques belles âmes s’inquiétaient des possibles dérives de cette situation d’exception, sans trouver de réel contenu pour fixer leurs angoisses toutes démocratiques. Les « dérives » attendues devaient sans doute ressembler à des mesures de privations de liberté ou à des perquisitions administratives qui concerneraient des profils un peu moins suspects que les habituels musulmans plus ou moins radicalisés et autres gangsters plus ou moins issus de l’immigration. Et voilà que dans les jours qui ont précédé la COP 21, et sa probable contestation, les fameux « abus » se sont multipliés.

Par décision ministérielle, 26 assignations domiciliaires et une dizaine de perquisitions ont visé des écologistes et autres militants-activistes-anarcho-susceptibles-d’être-violents. En banlieue lyonnaise quelques flics en civil ont ainsi tenté de remettre une assignation à un manifestant en puissance (qui n’habitait plus à l’adresse indiquée dans le dossier depuis un an ou plus). Les habitants du lieu ne les ont pas laissé monter pour fouiller et contrôler toutes les personnes présentes, sous le prétexte de délivrer leur courrier à la cible. « Mais on a le droit c’est l’état d’urgence ! ». Mais non quand même. « Mais on va revenir avec des renforts, vous allez voir ce que vous allez voir ?!  ». Mais ils ne sont pas revenus à l’heure où nous mettons sous presse. Comme si ces flics-là n’étaient pas encore sûrs de leur propre impunité en ces temps d’exception…

Des fois, ça se passe de façon moins drôle. À Rennes, les assignations se sont doublées de perquisitions en mode sauvage avec destruction de mobilier et bibelots en tout genre. Mais même dans ce cas il est difficile de parler de dérive de l’état d’urgence puisque, précisément, ce dernier ne vise pas pour l’essentiel à combattre des cellules terroristes opérationnelles mais plutôt à faciliter le travail de police en général (un travail, on le sait bien, largement basé sur le coup de pression et disons l’intimidation, vu que la terreur est dorénavant un modèle breveté par Daesh Inc©.). Si vous avez déjà une ceinture d’explosif autour du ventre, il y a peu de chance que l’assignation à domicile vous décourage de passer à l’acte, et inversement les enquêtes anti-terroristes justifient déjà un régime dérogatoire pour les perquisitions, les gardes à vue, etc. L’état d’urgence étendu proclame plutôt un genre de retour à l’ordre à la fois inlassable et indéterminé. Dorénavant, en France, les flics ont les coudées franches pour intervenir contre toute opacité, toutes complicités douteuses et autres associations de malfaiteurs.

Les préfets l’avouent benoîtement : ils ont largement recours à la tactique du chalut (on perquisitionne à tout-va et on ramasse tout ce qui traîne) ; les flics s’en félicitent presque : avec toutes ces facilités administratives ils vont pouvoir pousser à fond le harcèlement des délinquants habituels… ça se ressent avec la moisson récoltée au cours des centaines de perquisitions nocturnes de ces dernières semaines : rien, rien, rien, ah des armes et des munitions ! (le vieux fusil de chasse qu’on trouve dans les deux tiers des fermes françaises), une épée ! (de décoration, accrochée au mur d’un kebab). À Oullins il y a quand même eu un lance-roquette, mais dont on ne sait pas encore s’il était à usage uniquement djihadiste ou sportif.

L’état d’urgence, donc, sert principalement à planter une ambiance.

Le fond de l’air est au renforcement de tous les petits pouvoirs locaux. Dans les vrais régimes autoritaires, quand il y a état d’exception, on a un dictateur qui lâche sa police politique à lui, sur les opposants tétanisés… Mais l’état d’urgence démocratique se caractérise plutôt par la démultiplication des dictateurs de proximité : les vigiles qui peuvent faire ouvrir tous les sacs, le proviseur interdisant une pièce de théâtre un peu engagée, le rectorat qui met la pression pour menacer un directeur d’école un peu trop impliqué dans le mouvement des occupations contre le mal logement [1]...

Les attentats du 13 novembre 2015 ont inauguré une nouvelle poussée des régimes d’exception qui charpentent le régime républicain ; mais il n’y a pas là de véritable rupture. Merveilleuse plasticité des systèmes démocratiques : la plupart des mesures sécuritaires proclamées ces derniers jours étaient déjà largement dans les tuyaux, et avant d’être légalisées, nombres de pratiques de surveillance se trouvaient pratiquées de fait (écoutes sauvages, interceptions massives, traçage informatique…). Les tribunaux d’exception avec justice d’abattage et éléments principalement à charge ont été rétablis depuis le milieu des années 90 : ça s’appelle les comparutions immédiates. Et il était en fait prévu légalement qu’un État puisse tranquillement suspendre pour un temps l’application des garanties prévues par la cours européennes des droits de l’homme. Voilà une belle trouvaille de juristes : l’état d’urgence sommeil au cœur de tout état de droit.

« C’est la guerre »
[Mafia k’1Fry]

« La France est en guerre »
[François Hollande]

La vraie nouveauté, pour l’automne 2015, est plutôt à chercher du côté de cette sorte de mobilisation générale, cette capacité à sonner le branle-bas afin de mettre en ordre toute une population derrière l’état d’urgence. Jusque-là, l’état d’exception avait plutôt tendance à se renforcer à mesure que le corps social et politique se décomposait plus avant, le thème de la sécurité s’imposant de plus en plus à mesure que les vieilles lunes de l’État social se dégonflaient… Mais avec les attentats de janvier (et l’émergence sporadique de cohortes de Charlie), et plus encore, donc, avec la tuerie de masse du 13 novembre, on a pu assister à la recomposition accélérée et terrorisée de la Nation Française. La Nation en larmes, la Nation en armes, une sorte de société blindée qui suppose la chasse aux ennemis intérieurs : tout ce qui n’est pas assimilable par l’État, la République, la société des intégrés. Donc pas de manifestations de soutien aux réfugiés, pas d’événements mettant en cause les grandes messes pour le climat à la COP 21, pas de black block ni d’occupations d’école. Par contre il s’agit de garantir la sécurité dans les transports ; les marchés de noël seront maintenus, idem pour les matchs de foot mais sans supporters de l’équipe visiteuse. On en retrouverait presque les bonnes vieilles recettes de la république antique : du pain (d’épice) et des jeux (mais sans troubles à l’ordre public).

Proclamer l’état d’urgence a permis au gouvernement de déclarer la guerre à Daesh. Ce n’est pas tant que nous étions en paix jusque-là ; déclarer la guerre, pour un État, permet surtout d’écraser, de rendre méconnaissables ou inaudibles toutes les petites guerres qui se livrent déjà en son sein, face à la gouvernementalité et aux dominations imbriquées qui charpentent l’ordre social. Dérisoires, les arrachages de chemise à Air France. Suspendus, les accrochages sporadiques entre flics et migrants aux abords de la jungle de Calais. Et les mille et une manières de ne pas jouer le jeu semblent d’un coup moins praticables. Sans oxygène, plus de conspiration, et difficile d’attiser les flammes. Quoique. Au premier jour de la COP 21, le Thalys s’est trouvé bloqué par des sabotages incendiaires visant les câbles de signalisation, en plein état d’urgence franco-belge, et alors que cette infrastructure devait être spécifiquement protégée du fait de son caractère sensible. C’est dire qu’on espérait, en haut lieu, qu’avec l’état d’urgence, les trains arriveraient enfin à l’heure.

Symétriques / asymétriques / d’un autre monde

C’est la guerre. Avec un peu d’attention on pouvait s’en douter. En Métropole les quartiers populaires se retrouvent quadrillés par les check-points ou les patrouilles de flics, fusil d’assaut en bandoulière, à chaque poussée de fièvre. Régulièrement les hélicos de la police ou de la gendarmerie volent en rase motte pour effrayer les sauvageons. Parfois les flics tirent à balles réelles sur les véhicules suspects. Et il y a des morts, comme à la guerre. Comme à Sivens, où un manifestant est tué par une grenade offensive, lancé par la gendarmerie mobile. Des militaires. Le maintien de l’ordre se militarise comme on dit : des gens perdent un œil, se font larder la peau par les éclats des grenades assourdissantes, des grenades de désencerclement, on crache ses poumons dans les lacrymogènes (dont l’usage est interdit en temps de guerre, par la convention de Genève). Conflits de basse intensité.

L’armée française s’est trouvée engagée ces dernières années en Afghanistan, au Kosovo, en Libye, en Syrie, au Mali, en Centre Afrique, en Côte d’Ivoire… Jusque-là on parlait plutôt d’opérations de police internationale. Seulement depuis la mi-novembre les morts sont apparus au cœur de la capitale. On ne parle pas d’un soldat professionnel qui, au fond, faisait son boulot, ni d’un paysan malien ou d’un pirate somalien qui, au fond, ne comptent pas vraiment… Des morts issus des classes moyennes : la République française frappée au cœur. Alors cette fois la France est en guerre. Contre Daesh. Ou plutôt avec Daesh.

A quoi rêvent les maîtres de guerre

La confusion ici peut surgir de la fausse dissymétrie des parties en présence. La guerre avec Daesh est en effet militairement asymétrique, mais politiquement symétrique. Les gestes et les affects djihadistes empruntent au registre de la guerre irrégulière, tout en poursuivant des buts de guerre proprement impérialistes.

Une guerre militairement asymétrique : ça se voit facilement. Des daeschiens rigolaient récemment dans un de leur sketch sur Youtube en expliquant que toute l’aviation française ne pouvait pas faire grand-chose contre quelques moudjahidines armés de kalash en plein Paris… et inversement les pilotes français lâchant un missile en haute altitude doivent bien se moquer de l’armement djihadiste quelques secondes avant l’impact. Pour ce qui est des moyens armés, les deux camps ne jouent pas dans la même catégorie.

Par contre Daesh et la France partagent le même plan d’opération politique : la population. Viser la population, produire de la population, la diviser, la galvaniser… Ce qui a été visé le 13 novembre : un certain style de vie, des existences un peu flottantes dont l’insouciance et le mode de vie se nourrissent d’interventions géopolitiques vis-à-vis desquelles on reste globalement impassible. Frapper des gens tranquillement assis en terrasse ou dans une salle de concert, c’est ramener la guerre à la maison, celle qui se livre d’habitude loin des yeux loin du cœur, au nom de la France (pays du bon goût et du savoir-vivre), mais sans se tâcher.

Au-delà de cette sorte de punition morale, il y a aussi une composante stratégique dans l’assaut djihadiste de novembre : provoquer un sursaut islamophobe et sécuritaire au sein des populations occidentales et notamment européennes (en la matière l’Europe est perçue comme le ventre mou de l’occident) pour placer les populations musulmanes de facto sous la protection des factions djihadistes. Une stratégie à l’israélienne en somme : « notre position est compliquée sur le terrain, cernés que nous sommes par nos ennemis, donc il faut s’assurer un soutien au moins idéologique maximum pour qu’au plus vite musulman rime avec État Islamique ».

La France et Daesh se disputent donc l’influence décisive sur cette sorte de masse passive et apeurée : la population. Un complexe d’affects, de réactions psychiques, de processus biologiques : une multiplicité vivante qui doit nécessairement s’en remettre aux instruments d’une puissance souveraine. En temps de paix les Français vivent selon des dispositions économiques et sanitaires, dans toute une économie des loisirs, en temps de guerre s’ajoutent les régimes d’exception et la protection des forces de sécurité.

Là on a l’impression de suffoquer, d’être nécessairement saisi comme cette substance passive à protéger d’un côté, à menacer de l’autre ; de la viande à état islamique d’un côté et de la viande à état républicain de l’autre. Les volontés de s’engager, dans la police, dans l’armée, procèdent de réflexes patriotiques inavouables, mais sans doute largement nourris par cette impossibilité à rester passifs, à rester la population.

En assassinant plein de gens venus traîner à Paris, les djihadistes ont cherché à composer un visage à la France, avant de l’éclater au fusil d’assaut. Et François Hollande s’est dépêché de ramasser les morceaux : le visage de la France dorénavant c’est cette jeunesse qui ira se faire chier au Bataclan ou en terrasse, traînant son inconsistance politique sous la protection de la police ; pendant ce temps à Raqqa, les vrais musulmans iront se faire chier dans les prières collectives, sous la protection de la police islamique. Affreuse symétrie de la guerre avec Daesh [2].

… traiter leur police comme une bande rivale ...

La république française et l’EI partagent les étranges rêves des gouvernants : celui d’une population pacifiée et docile, où chacun reste terré, isolé chez soi, en famille, mais en tout cas pas dans la rue, état d’urgence oblige, sans effusion et sans grands émois collectifs, sans risque que la population mute en autre chose : populace, plèbe, peuple insurgé…

Si nous sommes en guerre il va falloir la choisir et la mener avec soin. Faire la guerre à Daesh [3] et à la France en assumant une réelle asymétrie. Pas une guerre de plus qui prenne la population pour objet mais des manières de lutter et de vivre grâce auxquelles nous ne serons jamais leur population. S’organiser pour devenir autre chose qu’une masse gouvernable et gérable à merci, par la démocratie marchande ou le moralisme islamique. Nous ne sommes pas la population, nous sommes des manières de peupler les mondes, inconciliables, et c’est depuis ces mondes de bric et de broc qu’on pourra mener nos petites guerres tordues, asymétriques, pour rompre la grande asymétrie des gouvernants et de la masse gouvernable. Au plus vite se débarrasser de l’angoisse de l’état d’exception pour affronter les dispositifs ennemis horizontalement, en leur opposant d’autres manières de vivre. Face à la sécurité ? L’aventure. Contre l’économie ? S’organiser pour ne plus payer, se réapproprier ensemble l’expérience et les moyens magiques d’une existence. Dans leurs métropoles sous surveillance ? Des cabanes, des sentiers, des occupations massives. Face à l’état d’urgence ? L’urgence d’une sécession, déserter à plein leur démocratie déjà blindée.

Des amis

P.-S.

À propos des pleins pouvoirs policiers et du risque du ridicule

Donc dans les temps actuels la police peut taper et intervenir à sa guise. Le risque d’une intervention policière, par contre, c’est que quand ça ne marche pas, au-delà de son échec factuel, c’est son aura d’autorité qui en prend un coup et hors de ce champs de contrôle les choses ont tendance à se transformer, à se rebeller fissa.
Automne 2015. Sur le plateau de Millevaches, des gendarmes et des flics allemands venus procéder à une perquisition sont mis en fuite par une quarantaine de capuches. Dans leur fuite les flics abandonnent scellés et éléments de dossier. Ce n’est pas très sérieux. Les gens rigolent bien et continuent de s’organiser en syndicat informel du plateau, un peu plus libérés de la police et de ce qu’elle veut garantir. Sur la ZAD un juge venu sous bonne escorte procéder à des expulsions d’habitants doit s’enfuir sans même atteindre les barricades tenues par plusieurs centaines d’habitants, de paysans, et autres lutins du bocage. L’autonomie définitive s’approfondit un peu plus, tout comme les amitiés et les possibilités matérielles d’une paysannerie communiste et offensive. A Paris, le 29 novembre, c’est l’état d’urgence et les manifestations qui sont interdites. Les manifestations ont lieu, elles s’ensauvagent, trouent la nasse policière et nous emmènent plus loin, ailleurs.

Notes

[1Dans l’agglomération lyonnaise, plusieurs écoles étaient en passe de se mobiliser pour arracher des logements décents pour des familles à la rue… et là tout le monde s’y est mis : la mairie de Vaulx-en-Velin, les flics municipaux dans le premier et le septième arrondissement, des professeurs des écoles collabos ou des parents d’élèves fascisants : « occuper des écoles ? Mais vous n’y pensez pas, dans le contexte actuel ! »

[2Cet accord sur le fond entre les deux puissances étatiques, qui veut faire de la politique une affaire de gestion des populations, explique notamment pourquoi l’État islamique est avant tout une puissance stabilisatrice, une puissance de l’ordre. Bachar el Assad a soutenu sa création à cette fin : choisir et fabriquer un ennemi infréquentable pour remettre le pouvoir Syrien au plus vite dans le jeu international, et lui permettre de se maintenir tout en étant responsable de l’assassinat de vingt fois plus de victimes que Daesh. Ici le djihadisme permet de remobiliser quelque chose de l’ordre de la citoyenneté, et de relancer l’industrie du petit drapeau français accroché aux fenêtres ; ça permet au FN de monter dans les sondages, ça donne des ailes aux tenants du retour à l’ordre. Et bien sûr sur le territoire contrôlé par l’État Islamique, la guerre contre les mécréants justifie tous les massacres et tous les flicages, en attendant la fin du monde.

[3Faire la guerre à l’État Islamique réclame tout de même quelques surfaces de contact minimales : elle se mène sans doute davantage au Rojava (Kurdistan syrien libre) qu’au Bataclan, dans l’affirmation de possibilités insurrectionnelles réelles plutôt qu’au sein des centres de désendoctrinement...

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