En Mars : Lyon de nouveau la capitale de la répression

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Loi travail 5 compléments

Suivi du mouvement contre la Loi travail et son monde, pour retrouver les principales infos du mouvement dans la région lyonnaise, rendez-vous, infos urgentes, articles.

Vous pouvez enrichir ce suivi par différents moyens :
- en proposant un nouvel article ;
- en envoyant au collectif d’animation de Rebellyon : contact (arobase) rebellyon.info ;
- en postant un complément d’infos à la suite de cet article ;
- en nous signalant des infos via Twitter

Prochains rendez-vous

Samedi 9 avril
- 14 h : Manifestation contre la Loi El Khomri et son monde, Jean Macé
- 18h : Nuit Debout, occupation de la place Guichard (Lyon 3e)

Lundi 11 avril
- 11h : AG de l’Université Lyon 1 (Amphi 4, Déambu)

Suivi du mouvement et mises à jour

Vendredi 8 avril
- 18 h : La préfecture du Rhône voulait à nouveau interdire la Nuit debout à Lyon. Elle se tiendra bien samedi 9 dès 18 h place Guichard.
- 12 h : 200 à 300 lycéen·nes étaient présent·es dès 8 h ce matin devant le lycée Doisneau à Vaulx-en-Velin pour dénoncer les 25 interpellations depuis le début de la semaine dans le cadre de la mobilisation contre la Loi Travail. Une manif a ensuite parcouru Vaulx dans tous les sens, la police a interpellé 3 nouvelles personnes.

Jeudi 7 avril
- Les deux dernières émissions de Megacombi sont consacrées à la Loi Travail, la précarité, les manifs. Elles sont sur Rebellyon.
- Les lycéen·nes de Canut à Vaulx-en-Velin ont tenté de bloquer leur lycée ce matin avec le soutien du lycée Doisneau. 5 personnes ont été arrêtées.

Mardi 5 avril

- 19h30 : Assemblée générale en cours sous le pont de la Guillotière (certes c’est à l’abri de la pluie, mais on rappelle au passage la présence de dômes de vidéosurveillance au niveau du pont). Pendant ce temps la police garde toujours la place Mazagran...

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- 18h55 : Suite au blocage de la place Mazagran par les flics, les personnes présentes cherchent un nouveau lieu. Vous pouvez toujours vous rendre vers la place Mazagran pour les retrouver.
- 18h15 : la police a décidé d’interdire l’occupation de la place Mazagran pour la « Nuit debout ». Elle encercle la place pour en interdire l’accès. Appel à aller soutenir les personnes sur place.

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- 17h30 : Fin du rassemblement à la Doua. La Nuit Debout débute dans 30mn place Mazagran.
- 16h45 : grosse présence policière à la Doua et il flotte. Les 200 à 300 personnes présentes chantent et dansent.
- 16h20 : Les flics se casquent et la BAC se prépare. La fanfare passe en première ligne devant les CRS.

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- 15h55 : premières échauffourées avec la police, un manifestant blessé par un coup de matraque sur le crâne.
- 15h45 : la manif, au moins 2 000 personnes maintenant, est arrivée à 50 m du Double-Mixte où va venir Gattaz. Grosse ambiance mais blocage par la police avec deux lignes de CRS sur toute la largeur du boulevard.
- 15h30 : à la Doua, les CRS qui attendent les manifestant·es, ont prévu le ravitaillement.

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- 15h30 : le rassemblement contre la venue de Pierre Gattaz, le président du Medef, aura lieu à 17 h à la Doua, à l’arrêt de tram Gaston Berger. Plus d’infos.
- 15h25 : arrivée à Charpennes, toujours en direction de la Doua et du meeting PS-Medef, sous bonne garde.

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- 15h05 : la manif d’un millier de personnes arrive à la Part-Dieu.

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- 15 h : petit micmac entre lycéen·nes et la CGT pour la tête de cortège. Les lycéen·nes tentent de passer devant. Quand ils y arrivent, la police intervient pour remettre la CGT devant.
- 14h30 : grosse pression policière sur le cortège. La police demande toujours que les gens masqués montrent leur visage. Les flics ont arrêté le cortège un moment sur les quais du Rhône, au niveau de Cordeliers.
- 14h15 : un bon millier de personnes dans la manif qui devrait aller jusqu’à la Doua pour accueillir Pierre Gattaz, le président du Médef accueilli par Collomb.
- 14h05 : surréaliste. Les syndicats prennent la tête de la manif mais scandent « Etat d’urgence, état policier, on ne nous enlèvera pas le droit de manifester », la police applaudit et laisse passer.
- 14 h : les flics refusent le départ parce qu’il y aurait eu des slogans hostiles aux policiers et des personnes avec capuches (sous la pluie). Ils sont en position pour disperser la manif. Ils exigent que des orgas ou syndicats prennent la tête du cortège et non les lycéen·nes.

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- 13h50 : la manif est bloquée par les flics à la sortie de la place Bellecour.

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- 13h30 : début de la manif sous une pluie battante. 500 personnes présentes, vite rejointes par d’autres.

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Lundi 4 avril

- 16 h : on apprend la venue de Manuel Valls à Vaulx-en-Velin le 13 avril. Espérons que ça lui porte malchance.
- 15h30 : un appel relayé sur le site Lundi matin propose de venir avec un balai aux prochaines manifs
- 15 h : quatre arrestations ce matin au lycée Doisneau après un blocage de l’établissement par les élèves. Appel à soutien demain matin pour un nouveau blocage.
- 14 h : le lieu de l’occupation de place se diffuse. Ce sera demain à partir de 18 h place Mazagran.
- Tractage toute la journée sur les deux campus de l’Université Lyon 2
- 10 h : récit et photos de la manif sauvage de jeudi pendant la Nuit debout à Lyon.

Dimanche 3 avril

17 h : assemblée générale au Plongeoir, 2 rue Gaston Brissac, de l’assemblée de Lyon
- 11 h : vidéo de la manifestation de jeudi.

Samedi 2 avril

- 16h15 : retour en photos sur la manif sauvage).
- 16 h : prochains rendez-vous. A noter le prochain rendez-vous pour la Nuit Debout demain à 17 h.
- 11 h : des nouvelles d’autres villes. La Rotative propose un tour de France de la contestation. A Toulouse, un compte-rendu du 31 mars : Toulouse s’est réveillée.

Vendredi 1er avril

- 19h00 : Aucun des interpellés n’est passé en comparution immédiate aujourd’hui.Par contre on ne sait pas pour les mineurs.
- 16h00 : rendez-vous dans la cour centrale des quais de Lyon 2 pour la réunion du comité de lutte.
- 14h30 : contrôle d’identité des premières personnes présentes.
- 14h15 : une cinquantaine de CRS sont déjà en poste devant le bâtiment où la ministre est attendue.
- 13h30 : on apprend la visite d’El Khomri aujourd’hui à Lyon.
- 13h15 : des comparutions immédiates auront lieu dès cet après-midi au TGI. Il y aurait eu 23 interpellations hier.

Jeudi 31 mars

30 000 personnes ont manifesté dans les rues de Lyon lors d’une journée de mobilisation sans précédent depuis le début du mouvement contre la Loi Travail et son monde. Après un défilé emmené par les lycéen·nes, la police a mis la pression place Bellecour, ne tardant pas à sortir lacrymos et canons à eau et à lâcher les Baqueux. A 18 h, 500 personnes se sont retrouvées pour une Nuit Debout place Colbert, qui s’est déplacée ensuite esplanade de la Grande-Côte. Une manif sauvage de plus de 200 personnes s’est baladée sur les Pentes avant d’être coupé en deux par la police. La tête du cortège c’est dispersée après avoir légèrement ravalé la façade du commissariat de police municipale. Dans le même temps la queu du cortège est remonter par petit groupe rejoindre l’esplanade ou se tenais une assemblée. Après l’Assemblée , les personnes se sont disperser au fil de la nuit.
- des portraits et paroles de manifestant·es ;
- le déroulé de la journée ;
- le résumé de la manif en photos.

À Tours, environ 10 000 personnes ont manifesté, sous la pluie. Les lycéen-nes et étudiant-es ont pris la tête d’un important cortège qui a défilé de la place de la Liberté à la place Anatole France. Déroulés et résumés de la journée à Paris, Marseille, Toulouse, Caen.

Une page permet de suivre toutes les infos sur la loi travail sur les sites locaux et participatifs du réseau « Mutu » (Brest, Paris, Tours, Marseille, Toulouse, Montpellier…). Enfin le site Mediaslibres.org permet de voir d’un coup d’œil l’ensemble des infos des sites alternatifs francophones et la recension de Rezo.net.

mardi 5 avril 2016
samedi 9 avril 2016
mardi 5 avril 2016
samedi 9 avril 2016

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  • Le 6 avril 2016 à 20:46, par

    Comme personne s’est motivé à faire de récit pour les absent-e-s voilà l’article de médiapart sur la nuit debout de mardi :

    Lyon, de notre envoyée spéciale.- Ce mardi 5 avril avait l’allure, à Lyon, d’un curieux jeu du chat et de la souris, confrontation sourde entre les manifestants et les forces policières, entamée place Bellecour en début d’après-midi lors de la mobilisation contre la loi sur le travail, achevée tard dans la soirée sous le pont de la Guillotière, pour une « Nuit debout ».

    La partie commence vers 14 heures, en plein centre-ville, en raison d’un nouvel appel à mobilisation contre la loi sur le travail, le cinquième depuis l’arrivée du projet de loi El Khomri. Peu de monde sur cette immense place, un camion CGT, quelques militants syndicaux, des cortèges lycéens en grande majorité. À l’AG du matin dans les facs, il y avait à peine assez de monde pour voter… Au total, 1 400 personnes selon la police. Mais à peine démarré, l’événement tourne court. Le brigadier en chef, muni d’un mégaphone, informe la petite foule que la manifestation pourrait être annulée, pour cause de « jet de projectiles », de « jeunes cagoulés et masqués » et de propos « agressifs » contre les forces de l’ordre.

    Négociation entre la CGT et la police pour que le cortège lyonnais démarre © Mathilde Goanec Négociation entre la CGT et la police pour que le cortège lyonnais démarre © Mathilde Goanec

    Aussitôt, c’est la bronca. Les jeunes hurlent leur dépit, alors que les représentants des organisations syndicales tentent de raisonner les forces policières : « Vous voulez que ça pète ou quoi ? C’est de la provocation », s’insurge une militante, un K-way CGT sur le dos. « On joue les pacificateurs, et du coup les jeunes nous accusent de casser le mouvement social et de faire les flics, se désole Corinne Duviquet, membre de l’union départementale CGT. Mais les CRS sont trop nombreux, ça énerve tout le monde ! » Au bout d’un quart d’heure, la police accepte que le cortège reparte, à condition que les syndicats en prennent la tête. La police restera présente, devant eux, tout le long du parcours, dont s’échappent régulièrement des jeunes plus énervés que les autres.

    « C’est désolant, se plaint Justine, trois mecs caillassent les flics et plutôt que de les sortir du défilé, on renvoie la faute sur tout le monde et on nous assimile tous aux plus violents. Le 31 mars, déjà, les flics ont encerclé la place Bellecour, on était pris au piège. » Comme à Paris, il y a désormais autant de slogans anti-loi El Khomri que de mots rageurs jetés à la tête de la police. « On n’est pas en démocratie ici ! », crie un homme à la rangée de CRS. Certains participants prennent quand même le parti d’en rire. « Attention, voici mon cocktail Molotov ! », ironise un jeune homme, sortant le journal Révolution de son sac à dos.

    Sous la pluie battante, qui détrempe les capuches et les banderoles, la manifestation avance néanmoins, peuplée de vieux routards, ou de novices. Khendi, Orphée et Françoise sont là pour la première fois, venues du lycée de Vaulx-en-Velin dans la banlieue lyonnaise, bloqué depuis le 4 avril. « On voulait montrer que nous étions là aussi, que notre quartier était représenté, parce que cette loi concerne tout le monde », déclare Orphée. Plus loin, issues du lycée Récamier de Perrache, Kara et Lison, au profil de militantes plus aguerries. « Nous avons fait toutes les manifestations, même si c’est notre premier grand mouvement social, avant on était trop jeunes. Faut manifester, mais aussi comprendre de quoi il s’agit », assure Kara.

    Le cortège lycéen à Lyon © Mathilde Goanec Le cortège lycéen à Lyon © Mathilde Goanec

    À l’appel du syndicat Solidaires, qui a déposé une demande d’autorisation en préfecture, le cortège poursuit sa route au-delà de la place des Brotteaux. L’objectif : le « Double Mix », sorte de palais des congrès où a lieu le printemps des entrepreneurs, qui accueille un invité de marque, Pierre Gattaz. Les manifestants ont deux ou trois choses à dire au président du Medef, qu’ils accusent d’être l’un des instigateurs de la loi sur le travail. Mais là encore, le cortège se heurte, plus tôt que prévu, à un rang de policier casqués. Le ton monte à nouveau, quelques coups de matraque sont envoyés ici ou là, un homme est blessé à la tête, sans que l’on sache si c’est à cause des coups des policiers ou des cailloux lancés depuis l’arrière par les manifestants.

    Seuls autorisés à passer, les hommes en costume cravate, alors que de simples passants à vélo sont refoulés. L’effet est terrible : « C’est tout pour les patrons, c’est ça ? », rage une petite dame, dont le chien est recouvert de pancartes anti-Gattaz. Coups de pression, cajoleries, fleurs dans les boucliers, chants révolutionnaires ou négociation des organisations syndicales, la promesse du printemps des entrepreneurs s’éloigne définitivement, et vers 17 h 30, les manifestants de plus en plus clairsemés et détrempés plient les gaules.

    Une partie d’entre eux rejoint alors l’autre mouvement de la journée, une Nuit debout, petite sœur de la mobilisation place de la République, à Paris. Le rendez-vous est donné, via les réseaux sociaux et militants, sur la place Mazagran à 18 heures, dans le quartier encore populaire de la Guillotière. Mais là encore, c’est la police qui vole le show. Elle boucle la place, pourtant bien inoffensive avec son grand potager partagé. Les organisateurs n’ont pas déposé à temps leur demande de rassemblement à la préfecture.

    « En général, on est moins tatillon mais vu le contexte, l’état d’urgence et la lutte antiterroriste, on ne peut pas se permettre de laisser passer des vices de forme », justifie le responsable des forces policières sur place. La dizaine de jeunes à l’initiative confirme qu’ils n’ont pas fait la demande à temps, sans pour autant comprendre l’intransigeance de la préfecture. « On voulait simplement s’installer pour la nuit, manger une soupe, projeter Merci Patron ! et discuter avec des inconnus, c’est fou cette attitude de défiance », commente Sylvain, grand brun sous un manteau bleu pétant.

    Assemblée générale sous le pont de la Guillotière à Lyon © Mathilde Goanec Assemblée générale sous le pont de la Guillotière à Lyon © Mathilde Goanec

    Rapidement, la décision est prise de migrer sous le pont de la Guillotière, qui enjambe le Rhône dans l’alignement de l’église de Fourvière. « Dispersion par petits groupes, on se fait passer le mot », chuchotent les « Nuit debout », sans tout à fait tromper leur monde. « Ils partent au pont, souffle un agent de police sur le trottoir d’en face, on va quand même pas leur courir après toute la nuit ! » À l’arrivée près du fleuve, ils sont presque 200. « Pas si mal pour Lyon la bourgeoise ! », s’amuse un participant. La première décision en AG est de trouver une solution de repli si la police revient. C’est la place Jean-Macé qui est choisie en plan B. Mais le reste de la nuit, finalement, se passera là, sous un pont qui protège opportunément de la pluie.

    Il y a déjà eu, à l’issue de la manifestation du 31 mars, un embryon de Nuit debout à Lyon. « Mais on était super mal organisés, admet Cyril. Nous avons fait une AG à 100, sur les pentes de la Croix-Rousse, sans mégaphone. On faisait passer les messages en les recriant, à l’ancienne… l’idée aujourd’hui est de se structurer. » Avec, en premier lieu, des « trucs de base », piqués à la République parisienne, qui les a elle-même empruntés aux indignés espagnols. La mise en place de commissions (logistique, communication, service de sécurité et de sérénité, théorie politique), les mains en l’air en guise d’applaudissements, le respect de la prise de parole pour tous.

    Discussion en Discussion en "commission" © Mathilde Goanec
    Dans chacun des groupes, le débat s’engage, tous azimuts : « Tous à Calais », lance un jeune homme, qui veut une convergence avec les réfugiés. Une autre, de la commission communication, demande si « quelqu’un connaîtrait des intellectuels lyonnais, qui pourraient participer et donner du poids et de la légitimité au mouvement », dans le genre d’un Lordon. « Oui mais c’est se plier au système », déplore un dernier, qui finit par acquiescer à l’argument de son voisin : « Faut être vu, faut pouvoir exister quelque part. »

    Dans la commission logistique, la collecte des invendus sur les marchés s’organise pour cuisiner soupes et plats revigorants, avec en ligne de mire le 9 avril, prochaine date de la Nuit debout. Une partie des troupes veut une action immédiate, excitée par le face-à-face des dernières heures avec la police : « On a la rage, on est nombreux, on va pas rester là à discuter avec nos potes ! », clame un manifestant de l’après-midi dans le mégaphone. L’occupation d’un lieu culturel plus tard dans la soirée est également évoquée. L’AG vote, c’est retoqué.

    Cette Nuit debout rassemble surtout de jeunes adultes, peu ou pas de lycéens et aucune organisation « traditionnelle », syndicale, partisane ou associative n’est formellement présente. Les militants CGT, interrogés plus tôt dans l’après-midi, sont soit ignorants de la chose, soit frileux. « On n’est pas opposés, c’est plutôt bien, mais occuper des places n’est pas vraiment notre méthode, avoue Corinne Duviquet. Et puis ça passe par les réseaux sociaux, où nous ne sommes pas forcément, il va d’ailleurs falloir se poser cette question lors du congrès, pour ne pas être dépassé. » Romain, syndiqué chez Solidaires, « suit, comme individu », mais espère qu’on « n’opposera pas les types de lutte et les mouvements les uns aux autres », son copain Denis à la CGT chimie avouant que la mobilisation au long cours sur la loi El Khomri s’apparente déjà à un petit bras de fer avec la centrale à Montreuil : « Ils freinent, et nous on pousse dans l’autre sens… Martinez voudrait sans doute aller négocier avec Hollande ? »

    Nuit debout, à Lyon le 5 avril © Mathilde Goanec Nuit debout, à Lyon le 5 avril © Mathilde Goanec

    Sous le pont de la Guillotière, on se défend d’une quelconque méfiance « de principe », mais l’envie de voir plus large est unanimement partagée. « C’est pas que nous sommes contre les organisations déjà établies, mais nous voulons parler au plus grand nombre », souligne Marie. « Il y a tellement de sujets qui peuvent mobiliser, on est allé tellement loin qu’on ne peut plus se contenter d’y aller chacun dans notre coin. La loi El Khomri, c’est la grosse goutte d’eau qui fait déborder le tout. » Carole, un bandeau coloré sur ses cheveux noirs, écoute tout ce petit monde, en curieuse. « Je ne sais pas encore ce que ça va donner, mais je voulais être là pour voir ça, cette chose-là… J’en ai marre aussi. L’an dernier, je me suis posé pour la première fois la question d’aller voter, pas parce que je ne pouvais pas, mais parce que j’ai plus envie. »

    La Nuit debout lyonnaise s’est achevée vers 2 h 30 du matin, par le visionnage du film Merci Patron !, projeté sur un drap tendu. Un peu avant, à l’issue de la seconde AG et avant le troisième round de groupes de parole, un homme demande le mégaphone. Plus âgé que la moyenne des gens présents, il raconte avoir fait partie des indignés de Lyon, il y a cinq ans, mouvement « qui au final n’a rien donné, où l’on a gaspillé beaucoup d’énergie ». Il met en garde : « Il faut que vous alliez au bout, que vous teniez bon, ce que l’on n’a pas réussi à faire parce que c’était peut-être pas le bon moment. Si vous ne le faites pas aujourd’hui, on aura peut-être tout perdu, pour toujours. » C’est l’ovation, à pleines mains sonores cette fois-ci.

  • Le 5 avril 2016 à 23:45, par

    « la police applaudit et laisse passer. » Franchement c’est quoi cette présentation pourrie des choses ? Les flics ils ont simplement renoncé à interdire la manif parce que c’est un peu plus chaud de matraquer des syndicalistes que des lycéens, c’est tout. L’objectif de leur manoeuvre de grosse provoc c’était justement de péter la manif dès le départ, ils ont du renoncer quand la ligne s’est formé c’est tout. Prétendre que les flics ont « applaudit » ce qui mettait en échec leur provoc, c’est juste abusé... et faux.

  • Le 4 avril 2016 à 15:22, par

    blocage du lycée doisneau à Vaulx ce matin, au moins une gav, infos à venir

  • Le 4 avril 2016 à 15:19, par

    mardi, rdv à 13h entre les deux bouches de métro Bellecour pour un cortège unitaire (assemblée de ville, étudiant.e.s, lycéen.e.s, précaires, salarié.e.s etc.)

  • Le 4 avril 2016 à 14:54, par Combi

    Et aussi Nuit Debout à 18h Place Mazagran...
    https://www.facebook.com/events/996845167071529/

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