Entre sentiment d’être « bâillonné » et peur de la prison, les interdictions de manifester étouffent le mouvement social

973 visites

Depuis le mouvement des Gilets jaunes, les peines d’interdiction de manifester se sont multipliées. Le dispositif s’ajoute à un arsenal de plus en plus fourni pour empêcher les rassemblements et la contestation sociale. Témoignages.

« Je vis à la campagne, où on est isolé les uns des autres ici. Quand on est en manif, on voit qu’on est là ensemble. Étant privée de manifestation, je suis aussi privée de cette euphorie. » Maria, boulangère, habitante de la région de Die (Drôme) est interdite de manifestation depuis le 26 décembre 2018, pour trois ans. Elle aurait pourtant aimé participer aux rassemblements pour la sauvegarde de la ligne ferroviaire de la vallée de la Drôme et contre la fermeture de la maternité de Die. « Cela me révolte, je ne peux pas rester inactive face à cette injustice. Mais je ne peux plus m’exprimer dans la rue aux côtés des autres habitants. »

Le 8 décembre 2018, Maria s’était rendue à un rassemblement des Gilets jaunes, devant un centre commercial de la périphérie de Valence, pour participer dans la foulée à la marche pour le climat. Mais une bagarre éclate entre deux personnes au début de l’événement. Maria s’interpose dans ce qu’elle pense être une rixe. Sauf que l’une des deux personnes n’est autre que le directeur départemental de la sécurité publique de la Drôme. Maria est interpellée, placée en garde à vue puis mise en examen pour violence en réunion sur personne dépositaire de l’autorité publique. Refusant la comparution immédiate, elle est placée, comme ses trois coprévenus, en détention préventive, malgré son casier judiciaire vierge.

JPEG - 380.1 ko

C’est l’affaire dite des « quatre de Valence ». Tous sont condamnés à de la prison ferme et à une interdiction de manifester. Maria écope de neuf mois de prison dont trois ferme et de 1000 euros de dommages et intérêt. La peine d’interdiction de manifester entre en vigueur le jour même de l’audience, mais Maria ne sait pas encore comment seront appliqués les trois mois de prison ferme. Elle regrette aujourd’hui de ne pas avoir fait appel : « Il devient dangereux de manifester et, en plus, on se prend des peines complémentaires hallucinantes. On m’a bâillonnée, ce n’est pas juste. »

La suite à lire sur : https://www.bastamag.net/Gilets-jaunes-les-interdictions-de-manifester-etouffent-le-mouve

Proposer un complément d'info

Les compléments d'infos ont été désactivés temporairement.

Le collectif d'annimation tourne en effectif minimum jusqu'au moins septembre et se concentrera autant que possible sur vos propositions d'articles.

Publiez !

Comment publier sur Rebellyon.info?

Rebellyon.info n’est pas un collectif de rédaction, c’est un outil qui permet la publication d’articles que vous proposez. La proposition d’article se fait à travers l’interface privée du site. Quelques infos rapides pour comprendre comment être publié !
Si vous rencontrez le moindre problème, n’hésitez pas à nous le faire savoir
via le mail contact [at] rebellyon.info

Derniers articles de la thématique « Répression policière » :

› Tous les articles "Répression policière"

Derniers articles de la thématique « Justice / Enfermements » :

>Présentation de Crime et peine de Gwenola Ricordeau

L’émission anticarcérale la petite cuillère diffusait le 17 septembre le son enregistré à l’ECG à Lyon pendant la présentation du livre de Gwenola Ricordeau « Crime et peine » suivit d’un moment de questions réponses. Ce recueil de texte parle d’abolitionnisme...

› Tous les articles "Justice / Enfermements"