Le maintien du bac en mars serait une véritable folie ! Communiqué de presse des enseignants du lycée Robert Doisneau

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Vaulx-en-Velin Système Scolaire

Les personnels du lycée Doisneau de Vaulx-en-Velin.présentent la situation spécifique du lycée avec les épreuves de baccalauréat prévues en mars et exigent le report de ces épreuves de baccalauréat au mois de juin.

La plupart des secteurs du pays subissent actuellement d’importantes contraintes liées à la vague épidémique. Nous avons donc bien conscience que l’école n’est pas la seule à subir ces dysfonctionnements.
Cependant, les difficultés liées à l’application de la réforme du lycée et du baccalauréat sont aujourd’hui telles dans les lycées que nous nous devons de dénoncer pour nos élèves une situation déplorable.

Avec, la réforme du lycée, les élèves ont choisi deux spécialités, suivies en terminale à raison de 6h hebdomadaires chacune. Chaque spécialité, dans le cadre du baccalauréat, est évaluée au mois de mars par une épreuve affectée d’un coefficient 16. Un tiers de leur baccalauréat se jouera donc dès le mois de mars, c’est-à-dire dans seulement 7 semaines.

Les enseignants du lycée Doisneau réunis en heure d’information syndicale ce mardi 11 janvier tiennent à dénoncer l’absurdité pédagogique et le désastre qui s’annonce en cas de maintien des épreuves de spécialité du baccalauréat au mois de mars.

En effet, les enseignants de spécialité partagent le constat dans leurs disciplines respectives de programmes trop chargés pour être traités sereinement avant le mois de mars ; par exemple en sciences économiques et sociales, 3 chapitres ont été traités depuis la rentrée de septembre, il en reste 4 à traiter d’ici mars ! En physique-chimie, 11 chapitres ont été traités, et il en reste 7 ! Nos collègues des spécialités « mathématiques » et « Humanités, littérature et philosophie » font exactement le même constat.
Ils soulignent également le manque de temps pour préparer les élèves aux méthodes du baccalauréat ; une épreuve comme la dissertation nécessite un temps d’appropriation que les épreuves en juin permettaient et que la nouvelle organisation du baccalauréat ne permet plus. Les nouveaux concepts découverts en sciences (physique-chimie, mathématiques, SVT) nécessitent eux aussi d’être répétés pour être pratiqués de façon satisfaisante, ce que le nouveau calendrier n’autorise plus.
Enfin, la nouvelle organisation du lycée voulue par Jean -Michel Blanquer supprime les groupes -classes et rend quasiment impossible l’organisation d’épreuves d’entraînement en 4h puisque certains enseignants ont des élèves qui proviennent de 4 classes différentes !

Les élèves ont également rédigé une liste de griefs qu’ils ont fait remonter à l’administration du lycée. On y trouve entre autres les passages suivants : « Les « 2004 » ont l’impression d’être des boucs émissaires qui n’ont aucun aménagement », « Nous sommes stressés car on a pas assez de temps pour réviser et étudier tous les chapitres requis pour passer les épreuves de spécialités en mars 2022 », « Impression de subir la réforme de M. Blanquer qui veut l’appliquer sans aménagements avant les élections présidentielles 2022 alors qu’il a en quelque sorte donné le bac aux 2002 et 2003 », « Les 3 ans de pandémie nous pèsent et personne n’a l’air de le comprendre alors qu’on a raté beaucoup de cours à cause des demi-jauges l’année scolaire précédente et les professeurs savent qu’ils nous manquent beaucoup de connaissances », « les professeurs sont stressés, veulent absolument faire passer tous les cours obligatoires avant les épreuves sans nous donner le temps d’apprendre et comprendre. »

Cette organisation des épreuves en mars est déjà un non -sens pédagogique en temps norma
l car enseigner requiert du temps, de la sérénité pour les enseignants et les élèves, ce qui est impossible avec des épreuves qui interviennent si tôt dans l’année. Mais est-il besoin de rappeler que les cours ont été fortement perturbés lors des deux années scolaires précédentes et qu’en pleine vague omicron, le nombre d’élèves absents a atteint plus du tiers des effectifs en cette rentrée de janvier. Il n’est ainsi pas rare de faire cours seulement à 10 élèves dans certains groupes de spécialité. Comment alors envisager faire passer aux élèves un examen digne de ce nom au mois de mars ? Quelle égalité pour ceux qui ont été renvoyés chez eux malades, ou cas contact, et ceux qui ont réussi à passer entre les gouttes et à suivre l’intégralité des cours ?

Le seul argument avancé par le ministère pour le maintien de ces épreuves en mars concerne l’intégration de ces deux notes dans la procédure Parcoursup. Cet argument nous semble de faible poids. D’abord, parce qu’avant la réforme Parcoursup, les établissements de l’enseignement supérieur se basaient sur les notes obtenues au cours des deux premiers trimestres sans que cela ne pose de problème majeur. Ensuite, parce que sélectionner les élèves sur des épreuves qu’ils n’ont pas pu sérieusement préparer est un non-sens et est profondément injuste. Enfin, si le ministère devait exiger des correcteurs la plus grande bienveillance en raison des difficultés liées à la situation sanitaire ou de l’impossibilité avérée de terminer les programmes, quel crédit accorder aux notes obtenues une fois intégrées dans la procédure Parcoursup ?

Ajoutons à cela, qu’après les épreuves de mars, les élèves risquent fort d’être totalement démobilisés dans les disciplines de spécialité puisque leur examen final sera déjà passé. Cela ne peut que fragiliser leur préparation aux études supérieures, puisque ce seront trois mois de cours qui se dérouleront sans enjeu tangible pour les élèves.

Pour toutes ces raisons, nous exigeons le report des épreuves de spécialité en juin sur la base du programme initial prévu pour mars. C’est ainsi que nous pourrons préparer sereinement nos élèves à leur examen final et à l’enseignement supérieur. A moyen terme, c’est sur la réforme du lycée elle-même et la réforme du baccalauréat qu’il faut impérativement revenir. Nous exigeons le retour à un examen national avec des épreuves terminales en fin d’année scolaire.

Nous serons donc massivement en grève ce jeudi 13/01.

Les personnels du lycée Doisneau, réunis en heures d’information syndicale, soutenus par les organisations syndicales FO, SNES, SUD.

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