Lacrymo dans un appartement lyonnais : faudra-t-il plus de morts avant l’interdiction

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Le 8 janvier 2022, un cortège déambulait aux abords de la place des terreaux. La police envoie plusieurs grenades lacrymos vers la foule, l’une d’elles casse la fenêtre d’une chambre d’enfant. Si pour la police il ne s’agit que d’un banal accident qui rentre dans le cadre de leur fonction, pour la famille c’est un drame qui a failli se jouer.

Le 8 janvier 2022, un petit cortège déambulait (contrairement à ce qu’affirme la préfecture, le cortège était à ce moment-là plutôt tranquille comme le confirme même lyoncapitale, mis à part 2 pauvres poubelles en feu) aux abords de la place des terreaux.

La police semble un peu sur les nerfs et envoie plusieurs grenades lacrymos vers la foule, même si la Direction départementale de la sécurité publique (DDSP) expliquera faire face à des jets de projectiles (qui sont probablement des palets de lacrymos que les flics viennent d’envoyer sur la foule et qui sont renvoyés), puis les flics décident de traverser la place, en direction du cortège qui se trouve aux pieds des pentes rue romarin. Lors de ce « bond offensif », une grenade est tirée avec un lanceur cougar. Cette grenade finit sa course dans un appartement, et plus précisément dans une chambre d’enfant.

Cet évènement a heureusement fait la une des médias locaux. Cette affaire de par la similitude des faits (lanceur cougar et grenade MP7), le discours de flics, mais aussi le fait que le CRS responsable lors du décès de Zineb Redouane soit aujourd’hui en poste à Lyon, nous font tout de suite penser à l’assassinat de Zineb Redouane, morte dans des circonstances similaires alors qu’une manif passait aux abords de chez elle.

On peut fort heureusement se réjouir que cette histoire ne se termine pas de manière aussi dramatique que l’équivalent marseillais, pourtant les acteurs sont toujours les mêmes et leurs défenses similaires.

En effet comme à chaque fois que la police est impliquée dans des décès, une ligne de défense similaire est systématiquement appliquée : il s’agissait d’un accident, la grenade aurait « ricoché et est arrivée par accident dans l’appartement en brisant la vitre » nous expliqueront ensuite les flics...

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Pourtant au vu des images, le ricochet semble assez peu probable, il s’agit d’une ligne droite parfaitement dégagée entre le point du tireur et la fenêtre.

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Il semble plus probable que le flic en question ait voulu tenter un « tir de façade », c’est-à-dire se servir de la façade de l’immeuble pour y faire rebondir la grenade, et qu’elle se disperse plus en amont dans la rue.

Et comme à leurs habitudes, les flics ne s’embarrassent pas de détruire les preuves de leurs dangerosités. Ainsi quelques minutes après cette action, on peut constater sur les vidéos qu’un flic se permet tranquillement de jeter les restes de grenade dans la rue !

Aujourd’hui le 11 janvier on apprend qu’une enquête interne a été ouverte.

On ne sait pas encore qu’elle sera l’organe qui sera en charge du dossier, mais comme le rappelait il y a quelque temps le Comité de liaison contre les violences policières [1] au travers d’une série d’articles, on peut facilement imaginer le résultat de cette enquête : un non-lieu pour les policiers.

On pourra se permettre de soumettre une façon efficace d’éviter ce genre d’accident à la DDSP : ce serait non pas une meilleure formation, mais au minimum la suppression complète des lanceurs (qu’il soit cougar ou pennarm, de lacrymos ou de balle de défenses)

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Pour éviter que les grenades rebondissent dans les appartements, le plus simple c’est de ne pas les tirer !

Notes

[1notamment dans sa série d’article les 7 péchés capitaux de la police lyonnaise

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  • Le 17 janvier à 15:52, par nguyen

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